L’expérience quotidienne des demandeurs d’asile : une étude socio-phénoménologique à Lille et à Mannheim

par Audran Aulanier

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Johann Michel et de Dietmar Loch.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Centre d'étude des mouvements sociaux, Laboratoire (laboratoire) depuis le 28-09-2017 .


  • Résumé

    Mes recherches s’organisent autour de deux interrogations fondamentales : 1/ Quelles sont les caractéristiques principales de « l’expérience » des demandeurs d’asile ? 2/ En partant des concepts d’hospitalité et d’attention, comment caractériser les relations des demandeurs avec les acteurs du monde de l’asile ? 1/ J’ai mené une recherche comparative à Lille et à Mannheim. Je me concentre sur trois grands thèmes : le problème de l’espace, celui du temps, et celui de la subjectivation et de la mise en récit de soi. Sur le premier, je m’appuie notamment sur l’ethnographie de trois centres d’accueil et d’un squat pour montrer les difficultés de vivre sans lieu à soi pour résister aux contraintes de l’asile et de la migration. Sur le deuxième, je compare la perception du temps des demandeurs entre France et Allemagne sur le temps long de la procédure en montrant qu’en Allemagne il est plus imbriqué avec la temporalité de l’intégration ; je décris aussi les journées et activités des demandeurs pour comprendre de quoi est fait leur quotidien. Puis sur le troisième, je m’appuie en particulier sur l’observation de plus de 250 entretiens de demandeurs avec des travailleurs sociaux et mon expérience de bénévole à la CIMADE pour pointer les difficultés de s’informer sur la procédure administrative, le mécanisme de mise en récit de soi, et l’importance que cela prend au quotidien et dans les mécanismes de resubjectivation. Le terrain est principalement analysé à l’aide de la socio-phénoménologie héritée d’Alfred Schütz et de la phénoménologie responsive de Bernhard Waldenfels. 2/ En remontant en généralité à partir de l’enquête, je me penche plus particulièrement sur les relations qu’ont les demandeurs, en les interrogeant non plus depuis leur quotidien mais en questionnant le caractère hospitalier de ces relations. Ce faisant, je parcours le thème de l’hospitalité, entre philosophie et sociologie, en interrogeant tour à tour les concepts de nationalisme, de cosmopolitisme, de voisinage, d’attention et d’encaissement, à la lumière d’œuvres philosophiques, anthropologiques et de mes observations de terrain. J’essaie pour terminer de théoriser l’hospitalité comme création d’espaces communs, qui n’engagent rien de propre, mais qui s’ouvrent par l’attention réciproque.


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