Les paysages de la migration colombienne a Paris. Espaces traversés, espaces d'attente, espaces habités

par Marcia Carolina Ardila Sierra

Projet de thèse en Etudes urbaines

Sous la direction de Jean-Pierre Hassoun.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 01-12-2009 .


  • Résumé

    Cette recherche s’intéresse plus particulièrement aux espaces traversés, aux espaces d’attente, et aux espaces habités par des hommes et des femmes colombiens au cours de leur voyage migratoire vers la France et une fois qu’ils sont à Paris. La thèse repose sur une enquête ethnographique réalisée entre 2009 et 2014 en France et en Colombie. Cette enquête multi située a mis en évidence que les circulations des migrants partis de Colombie peuvent être fragmentées et interrompues ; leurs trajectoires ne sont pas linéaires et fluides. Elles sont faites de ruptures, de bifurcations et d’attentes qui échappent au contrôle des acteurs. La recherche montre que face aux contraintes externes dont ils sont dépendants, les pratiques de « débrouille » individuelles et collectives elles-mêmes imbriquées à des réseaux sociaux transnationaux, facilitent la circulation d’un pays vers l’autre et la réorientation des projets migratoires. Ces réseaux sont surtout familiaux, mais pas exclusivement. Ils peuvent être constitués d’étudiants de troisième cycle comme de réfugiés, de passeurs (« tramitadores ») ou de voyageurs qui cherchent à traverser les frontières et se rapprochent de manière aléatoire et ponctuelle (dans une zone d’attente ; dans un foyer à Paris). Les enquêtes ont montré également que les représentations et les pratiques sociales des migrants entraînent des mutations éphémères ou durables des espaces parisiens où ils se retrouvent selon des modalités diverses. La culture culinaire, par exemple, qui est à la base d’une économie formelle et informelle, se matérialise dans des espaces urbains quotidiens (restaurants et épiceries du quartier Père Lachaise ou des Batignolles), ainsi que dans des lieux où se déroulent des événements sporadiques (célébrations politiques, rencontres sportives au bois de Vincennes). Les analyses confirment le rôle notable que jouent les migrants dans les transformations morphologiques d’un quartier, la tonalité d’une rue ou dans la finalité d’un lieu de loisir ; de ce point de vue l’anthropologue peut les considérer comme les architectes de leurs paysages migratoires.

  • Titre traduit

    Landscapes of Colombian migration in Paris. Crossed spaces, waiting spaces, inhabited spaces


  • Résumé

    This thesis studies the crossed spaces, the waiting spaces and the spaces inhabited by Colombian men and women throughout their migratory journey to France, and once they are in Paris. The thesis is supported by an ethnographic research between 2009 and 2014 in France and Colombia. This multi-sited ethnography showed that the circulation of migrants who have left Colombia can be fragmented and interrupted. The trajectories of migrants are far from being linear and fluid; they are crossed by ruptures, bifurcations and expectations that escape the control of the actors. The research shows that in face of external difficulties, the individual and collective practice of "rebusque" (resourcefulness) imbricated in transnational social networks, favor the reorientation of migratory projects and the circulation of actors from one side of the Atlantic to the other. These networks are usually made up of family members, but also of graduate students, refugees, passers-by (“tramitadores”), or travelers who try to cross borders and meet in a rapid and random manner. The research also showed that the representations and social practices of the migrants produce ephemeral or lasting mutations of the Parisian spaces. The culinary culture, for example, on which rests a formal and informal economy, is materialized in everyday urban spaces (restaurants and shops in the Père Lachaise or Batignolles neighborhoods), as well as sporadic events (political celebrations, sports tournaments in Vincennes forest). The analysis confirms the major role of migrants in the morphological transformations of a neighborhood, in the aspect of a street, or in the uses of a place of entertainment; from this point of view, the anthropologist can consider them as architects of their migratory landscapes.

  • Titre traduit

    Los paisajes de la migración colombiana en París. Espacios atravesados, espacios de espera, espacios habitados.


  • Résumé

    Este trabajo se interesa en los espacios recorridos, los espacios de espera y los espacios habitados por hombres y mujeres colombianos a lo largo de su viaje migratorio hacia Francia, y una vez están en París. La tesis se apoya en una investigación etnográfica realizada entre 2009 y 2014 en Francia y en Colombia. Esta etnografía multisituada puso en evidencia que las circulaciones de los y las migrantes que han dejado Colombia pueden ser fragmentadas e interrumpidas. Las trayectorias de los y las migrantes, lejos de ser lineales y fluidas, están atravesadas por rupturas, bifurcaciones y esperas que escapan al control de los actores. La investigación muestra que frente a dificultades externas, las prácticas de “rebusque” individuales y colectivas imbricadas en redes sociales transnacionales, favorecen la reorientación de los proyectos migratorios y la circulación de los actores de un lado al otro del Atlántico. Estas redes son principalmente familiares, pero también se constituyen alrededor de estudiantes de postgrado, de refugiados, de paseros, o de viajeros que intentan cruzar las fronteras y se encuentran de manera puntual y aleatoria. La investigación también mostró que las representaciones y las prácticas sociales de los y las migrantes producen mutaciones efímeras o durables de los espacios parisinos. La cultura culinaria, por ejemplo, sobre la cual reposa una economía formal e informal, se materializa en espacios urbanos cotidianos (restaurantes y tiendas de los barrios Père Lachaise o Batignolles), así como en aquellos donde se desarrollan eventos esporádicos (celebraciones políticas, torneos deportivos en el bosque de Vincennes). Los análisis confirman el rol mayor que juegan los y las migrantes en las transformaciones morfológicas de un barrio, en el aspecto de una calle, o en los usos de un lugar de esparcimiento; desde ese punto de visa la antropología puede considerarlos como arquitectos y arquitectas de sus paisajes migratorios.