Apport de la géographie de la santé et de la modélisation spatiale aux problématiques d'attribution des organes en transplantation

par Florian Bayer

Projet de thèse en Recherche clinique, innovation technologique, santé publique

Sous la direction de Christian Jacquelinet.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2015-...) , en partenariat avec Agence de la biomédecine (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-12-2017 .


  • Résumé

    L'attribution des greffons en transplantation est un processus complexe et sensible du fait du risque vital pour les patients. Les systèmes d'attribution existants réalisent toujours un compromis entre des critères contradictoires d'efficacité, d'équité et de faisabilité. Ces critères sont de nature variée: médicaux, sociétaux, logistiques, organisationnels et économiques. Ils peuvent être fondés sur des données scientifiques probantes ou simplement pragmatiques. Pour répondre de manière adaptée et aussi équitable que possible aux besoins de santé des malades concernés, les systèmes modernes privilégient une attribution au patient à une attribution à l'équipe. Ils combinent des priorités d'attribution pour certaines catégories de patients et des scores d'attribution pour les autres. L'attribution est dans tous les cas combinée avec un modèle géographique prenant en considération la localisation du centre de prélèvement par rapport au centre de greffe. Le modèle géographique le plus fréquent est historiquement pragmatique et trivial: attribution locale, puis, en l'absence de receveur local, régionale puis nationale. Son articulation empirique avec les besoins de santé des malades ne permet pas une utilisation optimale de la ressource rare que représentent les greffons. L'optimisation du processus d'attribution nécessite de formaliser l'interaction entre le degré d'urgence et de priorisation d'un patient avec les dimensions géographiques des contraintes logistiques (transports), organisationnelles, médico-économiques et physiologiques (durée d'ischémie froide) du prélèvement. Cela nécessite aussi de mieux prendre en compte les variations géographiques épidémiologiques des besoins de santé de population et des activité de prélèvements.

  • Titre traduit

    Contribution of health geography and spatial modeling to organ allocation problematics


  • Résumé

    Organ allocation in transplantation is complex and sensitive issue because of the life-thretening condition of patients. Existing allocation systems still achieve a compromise between conflicting criteria of efficiency, fairness and feasibility. These criteria can be either medical, societal, economic, organizational, or logistical. They may be evidence-based or simply pragmatic. As to offer the most relevant and fair supply to involved populations health needs, patient-based allocation is preferred to center-based allocation systems. Allocation systems usually combine allocation priorities for certain categories of patients and allocation scores for the others. Organ allocation is in always combined with a geographic model taking into account the travel from the procurement center to the transplant center. The most common geographic model is historically pragmatic and trivial: local allocation, then, in the absence of local recipient, regional then national. Its empirical articulation with the health needs of patients does not allow optimal use organs. The optimization of the organ allocation process requires to formalize interaction between the degree of urgency and prioritization of a patient with the geographical dimensions of logistical, organizational, economical and physiological constraints (cold ischemia time) of organ procurement. Furthermore, geographical variations in the epidemiology of population needs and organ supply are also to be integrated in allocation models.