Être Ukrainien en France dans l'entre-deux-guerres : la constitution d'une communauté nationale en exil

par Alisa Menshykova

Projet de thèse en Histoire et civilisations


Sous la direction de Alain Blum.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 11-09-2017 .


  • Résumé

    La recherche s'articule autour de la (re)construction de la communauté ukrainienne en France dans l'entre-deux-guerres. La question de l'identité nationale en tant que définition de soi et identification par autrui - États ou groupes nationaux - se trouve au cœur de cette étude. L'objet de la thèse se construit au fur et à mesure avec l'avancée de la recherche et présente une analyse des caractéristiques qui pourraient définir les Ukrainiens en tant que catégorie particulière. L’objet est hétérogène et composite puisque l’immigration ukrainienne en France est composée de groupes divers que nous réunissons dans cette catégorie. L’approche utilisée est double, traitant le sujet du point de vue des acteurs officiels et internationaux et examinant la vision des membres de la communauté émigrée elle-même. La recherche observe sous quelles formes la cristallisation d’une altérité ukrainienne, commencée à la fin du XIXe siècle, se poursuit à l'émigration, les facteurs et les conditions qui l’influencent étant différents du pays d'origine. Le travail présente le tableau bigarré du groupe conventionnel « Ukrainiens » en France qui se compose au fil des années 1920-1930 des Ukrainiens orientaux – anciens citoyens russes et autrichiens – et des Ukrainiens occidentaux originaires de la Galicie, incluse dans la Pologne restaurée. Il étudie les moyens pour identifier les membres d’un groupe ethnique qui se présentent en France sous des papiers qui ne reflètent pas leur appartenance nationale dans des conditions où la nationalité ukrainienne, outre soviétique, n’est pas reconnue officiellement. L’auteur propose des critères qui permettent de les identifier dans les sources des pays d’origine et du pays d’accueil en composant un corpus d’écrits fortement éparpillés sur la diaspora ukrainienne en France. Elle analyse les caractéristiques qui réunissent ou qui distinguent les groupes des Ukrainiens et qui aboutissent à la formation d’une communauté singulière à l’émigration ou les rapprochent des Russes ou des Polonais. Les originaires des deux parties principales de l’Ukraine actuelle – orientale et occidentale – sont étudiés séparément, comme chacun des groupes possède des traits communs de départs et d’arrivée. Leur trajet et les conditions de leur séjour, leurs interactions avec le pays d’origine, le milieu d’accueil et les autres groupes nationaux en France sont analysés dans deux premières parties pour établir des profils-types. La troisième partie est consacrée à la convergence des deux groupes en France et l’établissement de la vie communautaire et associative. Ce travail présente ainsi une étude approfondie qui porte sur la constitution et la composition de la communauté où la (re)création d’une identité particulière ukrainienne à l’étranger occupe la place centrale.

  • Titre traduit

    To be Ukrainian in France in the Interwar period : the constitution of a national community in exile


  • Résumé

    The research focuses on the (re)construction of the Ukrainian community in France during the interwar period. The question of national identity as self-definition and identification as recognition by an other - States or national groups - is at the heart of this study. The object of the thesis is built up as the research progresses and presents an analysis of the characteristics that can define Ukrainians as a particular category. The object is heterogeneous and composite as Ukrainian immigration in France is presented by some groups that we gather in this category. The approach used is twofold, treating the subject from the point of view of official and international actors and examining the vision of members of the emigrant community itself. The research observes in what forms the crystallization of a Ukrainian otherness, which began in the late nineteenth century, continues in emigration, the factors and conditions that impact it, being different from the country of origin. The work presents the variegated picture of the conventional group "Ukrainians" in France, which during the 1920s-1930s consisted of eastern Ukrainians - former Russian and Austrian citizens – and western Ukrainians from Galicia, included in the restored Poland. He examines the means of identifying members of an ethnic group who present themselves in France under papers that do not reflect their nationality in conditions where Ukrainian nationality, besides Soviet, is not officially recognized. The author proposes criteria to identify them in the sources of the countries of origin and the host country by composing a corpus of widely scattered writings on the Ukrainian diaspora in France. She analyzes the characteristics that unite or distinguish the groups of Ukrainians and that lead to the formation of a singular community in emigration or bring them closer to Russians or Poles. The natives of the two main parts of today's Ukraine - eastern and western - are studied separately, as each group has common features of departure and arrival. Their journey and the conditions of their stay, their interactions in the country of origin, with the host environment and with other national groups in France are analyzed to establish typical profiles. The third part is devoted to the convergence of the two groups in France and the establishment of community and associative life. This work thus presents an in-depth study of the constitution and composition of the community where the (re)creation of a particular Ukrainian identity abroad occupies the central place.