Les espaces de la mort à Beyrouth. Entre frontières, structuration et fragmentation de l'espace géopolitique

par Germaine Ghazi Ghorayeb (Abdel Hay)

Projet de thèse en Géographie politique et géopolitique


Sous la direction de Michael F. Davie.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de Ecole doctorale de Géographie de Paris. Espace, sociétés, aménagement (Paris) depuis le 24-11-2009 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l’étude des frontières et des limites qui marquent les rapports entre les morts et les vivants dans la ville en général, et plus particulièrement à Beyrouth, ville multiconfessionnelle. Elle pose la question de la nature des espaces, places et territoire de la mort, inscrite dans ses formes les plus concrètes : les cimetières, et les limites qu’ils entretiennent entre eux d’une part et avec la ville, d’autre part. Elle décrit leur impact sur l’organisation spatiale au sein de la ville tout en interrogeant les stratégies et les enjeux adoptés par chaque groupe pour affirmer sa présence face aux autres. Notre choix s'est porté sur la ville de Beyrouth parce que cette dernière présente une histoire sociale, culturelle, religieuse et urbaine riche et particulière, et a subi des changements démographiques, urbanistiques et paysagers radicaux au cours de l’Histoire et surtout durant les dernières années de guerre (1975-1990) et de l’après-guerre. Après les différents conflits, les espaces de la mort, par leur emplacement et les limites qu’ils entretiennent entre eux et avec la ville, constituent une véritable césure physique et symbolique, conditionnée par les appartenances politiques, sociales ou religieuses. Ces espaces semblent être instrumentés par les vivants pour justifier leurs positions spatiales ou s’arroger le droit d’occuper tel lieu. Dans ce cas, les cimetières constitueraient de véritables enjeux, aux implications diverses, qui peuvent aller jusqu'à fragmenter et restructurer le paysage urbain d’une ville. À Beyrouth, suite aux différentes guerres, le lien est manifeste entre la géographie de la mort et la géopolitique.


  • Résumé

    This thesis focuses on the study of borders and boundaries that mark the relations between the dead and the living in multiconfessional cities in general, and particularly Beirut. It raises the question of the nature of spaces, places and territories of death in its most concrete forms: the cemeteries, and the limits between them on one hand and with the city on the other. It describes their impact on the spatial organization of the city while questioning the strategies and challenges of each group to assert its presence against the other. Our choice focuses on the city of Beirut because of its social, cultural, religious and urban structure. It has undergone demographic changes through history, especially during the last years of the civil war (1975-1990) and the post-war period. After these conflicts, the spaces of death, their location and their boundaries, have created real physical and symbolic schisms, conditioned by political, social or religious affiliations. These spaces appear to be instrumented by the living to justify their positions in space or to assume the right to occupy such a place. In this case, the cemeteries constitute real challenges for research and entail consequences on space, which can be fragmented and restructured along with the urban landscape.