Modèle 3D personnalisable et imprimable pour la simulation et la planification de chirurgies de la base du crâne par voie endonasale.
| Auteur / Autrice : | Valentin Favier |
| Direction : | Guillaume Captier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biostatistique |
| Date : | Soutenance le 03/12/2021 |
| Etablissement(s) : | Montpellier |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Information, Structures, Systèmes (Montpellier ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire d'informatique, de robotique et de micro-électronique (Montpellier ; 1992-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Louis Crampette |
| Examinateurs / Examinatrices : Guillaume Captier, Louis Crampette, Guillaume De Bonnecaze, Jean-Marie Moureaux, Manuela Perez, Florence Zara, Patrice Gallet, Gérard Subsol | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Guillaume De Bonnecaze, Jean-Marie Moureaux |
Mots clés
Résumé
La base du crâne est une région anatomique difficile d’accès. Elle constitue la partie inférieure de la boite crânienne sur laquelle repose l’encéphale et présente de nombreux foramens, qui permettent le passage des nerfs crâniens et des vaisseaux vers la face ou le cou. Sa portion antérieure et médiane, la base du crâne paranasale (BCPN), peut être abordée de façon endoscopique à travers les fosses nasales et les sinus paranasaux. Malgré le caractère exigu de cette voie d’abord, il est possible de traiter des processus tumoraux ou infectieux par voie endoscopique endonasale. Ce type de chirurgie permet une approche moins invasive, sans rançon cicatricielle et avec des suites opératoires plus simples. L’apprentissage chirurgical des procédures endoscopiques de la BCPN est toutefois un challenge, puisqu’il faut apprendre l’anatomie complexe et la manipulation des instruments dans cet espace restreint. La simulation de ces procédures chirurgicales a un rôle important pour la formation des chirurgiens, mais aussi pour la planification d’interventions plus complexes. Plusieurs simulateurs virtuels comme synthétiques ont déjà été créés pour répondre à cette nécessité de formation. Cependant, aucun n’a démontré sa fiabilité sur le plan du comportement mécanique en comparaison à l’os humain. Or, un simulateur mal conçu pourrait conduire l’apprenant à appliquer des forces aberrantes au bloc opératoire (du fait de l’apprentissage de gestes inadaptés), ce qui risquerait d’endommager des structures anatomiques nobles (nerfs optiques, artères carotides internes…). Cette thèse propose de traiter les étapes préliminaires à la création de modèles 3D personnalisables et imprimables pour la simulation et la planification de chirurgies de la BCPN par voie endonasale.L’anatomie de la BCPN est complexe et variable entre les individus, ce qui rend difficile la description d’une anatomie modale. Nous proposons en premier lieu dans ce travail une description des constantes anatomiques de cette région et une modélisation simple à visée pédagogique.Pour créer des modèles d’entraînement personnalisés, il est nécessaire d’extraire l’anatomie à partir de scanners de patients. Cette étape est actuellement majoritairement réalisée par segmentation manuelle. En effet, certaines parois osseuses de la BCPN ont une très faible épaisseur (100 µm) et l’acquisition par scanner X médical n’a pas une résolution suffisante pour détailler précisément ces parois. Cela induit un effet de volume partiel qui met en défaut la plupart des algorithmes de segmentation automatique. Il est donc nécessaire de développer des méthodes plus complexes et dédiées à cette application.Pour créer des modèles d’entraînement représentant une anatomie modale, nous proposons d’étudier l’anatomie modale de cette région par le recalage et la fusion d’une base de données de 150 scanners X réalisés chez des patients ne présentant pas de pathologie de la BCPN. La simulation de procédures chirurgicales et notamment endoscopiques, doit procurer des retours de force réalistes. Pour cela, il est important de se baser sur des données biomécaniques des tissus simulés, afin de reproduire au mieux leur comportement, que ce soit sur simulateur physique (matériau adapté) ou virtuel (retour haptique). Et pourtant, il n’existe aucune donnée biomécanique dans la littérature scientifique concernant les os de la BCPN, du fait de leur forme très complexe qui rend difficile l’utilisation de tests mécaniques conventionnels sur éprouvettes standardisées. Nous proposons donc de mettre en place des tests mécaniques dédiés aux os de la base du crâne, par l’utilisation de techniques de nano-indentation et de tests de traction couplés à une analyse en microtomographie.Enfin, nous discuterons les perspectives de ce travail et notamment la possibilité de générer de façon procédurale l’anatomie, ainsi que l’utilisation de simulateurs chirurgicaux imprimés pour la comparaison objective de voies d’abord chirurgicales.