Architectures françaises à Mexico (1909-1940) : l'agence Dubois et Marcon à l'épreuve de la modernité mexicaine

par Ana Porraz Castillo

Projet de thèse en Histoire, histoire de l'art et archéologie

Sous la direction de Annalisa Viati navone et de Sylvie Bouffartigue.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société , en partenariat avec Laboratoire de recherche de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles (laboratoire) et de Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    En 1904, deux étudiants en architecture à l'École des beaux-arts de Paris, Fernand Marcon (1877-1962) et Paul Dubois (1874- 1953), rejoignent à Mexico l'agence du Palais législatif fédéral, pour collaborer à ce grand chantier « français » que le Porfiriat a confié à Émile Bénard, Grand Prix de Rome et professeur d'architecture à l'ÉBA de Paris. Tout juste diplômés, les deux jeunes architectes entament une collaboration pérenne (1907-1929) qui aboutit à la réalisation de nombreux bâtiments, notamment à Mexico. Une grande partie de ces constructions subsistent aujourd'hui et sont devenues des références urbaines et patrimoniales reconnues (avec à la clef de grands projets de restauration). Ils ont été considérés à l'époque comme les architectes de la colonie française du Mexique, un groupe issu des migrations extensives du XIXème siècle dont l'un des noyaux provient des Basses-Alpes (région d'origine de F. Marcon), et qui occupe une position stratégique dans la société mexicaine de l'époque. Fortement soudés autour de cercles et de journaux, sous le Porfiriat les Français du Mexique ont acquis une position cruciale dans le commerce, la banque et l'industrie où, via un réseau très structuré, ils entrent en synergie avec des partenaires mexicains et français de France. L'« agence » Dubois et Marcon, constituée des deux côtés de l'Atlantique (au Mexique pour Dubois et en France pour Marcon), profitera de ce réseau pour engranger des commandes au Mexique, mais aussi en France, avec notamment des villas pour des émigrants français. Si « l'architecture française » au Mexique sous la période du Porfiriat (1877-1910) a retenu l'attention des historiens, elle reste encore méconnue pour les périodes révolutionnaire et post-révolutionnaire, dans lesquelles ces architectes ont exercé. Le versement récent d'un fonds d'archives au Musée de la vallée de l'Ubaye à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) ouvre une documentation encore inédite sur cette production. L'analyse du parcours et de l'œuvre construite au Mexique, dans ces périodes de défiance vis-à -vis de l'impérialisme français, des deux architectes, et de sa réception, devrait permettre de penser avec une nouvelle acuité la querelle sur la francité du Mexique et d'éclairer sur la position de la France dans les réseaux de la modernité architecturale et artistique mexicaine, au cours du premier XXème siècle. Le statut d'enseignant de Dubois au sein de l'Académie de San Carlos, et sa remise en cause, donnent également un point d'observation privilégié sur la teneur de ces débats au sein des cénacles architecturaux et artistiques.

  • Titre traduit

    French architectures in Mexico City (1909-1940): the Dubois and Marcon agency face to the Mexican modernity


  • Résumé

    In 1904 two architecture students at the School of fine Arts in Paris, Fernand Marcon (1877-1962) and Paul Dubois (1874-1953), joined the agency of the Federal Legislative Palace in Mexico to collaborate in a "French" project that Porfirio Diaz entrusted to Émile Bénard, Grand Prix of Rome and professor of architecture at the ÉBA in Paris. Just graduated, the two young architects began a long-term collaboration (1907-1929) which led to the construction of numerous buildings, notably in Mexico City. A large part of these buildings remain today and have become recognized urban and heritage references (with major restoration projects in perspective). They were considered at the time as architects of the French colony of Mexico, a group born from the extensive migrations of the 19th century, one of whose was from the Basses-Alpes (region of origin of F. Marcon), and which occupies a strategic position in the Mexican society of the time. Strongly united around circles and newspapers, under the Porfiriat the French of Mexico have acquired a crucial position in commerce, banking and industry, where, through a highly structured network, they enter into synergy with Mexican and French partners. The Dubois and Marcon "agency", formed on both sides of the Atlantic (in Mexico for Dubois and in France for Marcon), will benefit from this network to gain projects in Mexico, but also in France, including villas for of French emigrants. While "French architecture" in Mexico during the period of Porfiriat (1877-1910) attracted the attention of historians, it is still unknown for the revolutionary and post-revolutionary periods in which these architects exercised. The recent transfer of an archive collection to the Ubaye Valley Museum in Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) opens up an unpublished documentation on this production. The analysis of the itinerary and the work constructed in Mexico, during these periods of distrust of the French imperialism, of the two architects and its reception, should make it possible to think with a new precision the quarrel over The francity of Mexico, as well to clarify the position of France in the networks of Mexican architectural and artistic modernity during the first twentieth century. Dubois' teaching status in the Academy of San Carlos, and its questioning, also give a privileged point of observation on the content of these debates within the architectural and artistic circles.