La maison polychronique, pour une architecture dialectique

par Julien-pierre Normand

Projet de thèse en Aménagement, architecture

Sous la direction de Annalisa Viati navone et de Philippe Potie.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Cachan, Val-de-Marne) , en partenariat avec Laboratoire de recherche de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles (laboratoire) et de Ecole d'architecture de Versailles (établissement de préparation de la thèse) depuis le 21-10-2017 .


  • Résumé

    Au court du XXème siècle se sont concrétisés les notions de développement durable1 et d'anthropocène. Prenant conscience de l'influence de l'homme sur son milieu, ces concepts inscrivent les activités humaines dans le temps long. Ces notions devraient confirmer la nécessité de penser de nouveaux rapports au temps. Malgré tout cela, nous vivons à l'âge de l'instantané, du présentisme selon l'hypothèse de François Hartog, c'est à dire la neutralisation de la différence entre un avant et un après. Le présent est devenu l'horizon, sans futur ni passé. Il nous faudrait donc trouver des moyens adéquats de pratiquer et penser l'architecture dans ce nouvel environnement où le temps devient un objet d'étude peut-être aussi important que l'espace. Par quels moyens peut-on, nous architectes, penser et intégrer le temps dans la discipline architecturale Une relecture critique de la notion de modernité architecturale via la notion de temps semble nécessaire pour comprendre ce phénomène. Dans un premier temps il nous faudra consolider nos connaissances historiques et philosophiques sur cette notion. Une étude critique via diverses disciplines s'avère nécessaire. Notre disposition à relire la modernité de manière critique en se concentrant sur les temporalités architecturales, nous permettrait probablement de clarifier l'état actuel de l'architecture et offrirait des pistes d'évolutions potentielles. Prendre conscience du fait temporel dans la théorie et la pratique architecturale pourrait nous aider à nous orienter dans ce nouvel environnement instable et incertain. L'objet de ces développements aura pour finalité de clarifier une certaine approche du « couple temps- architecture ». Nous faisons l'hypothèse que la révélation du dépassement du dualisme moderne, qui fonde notre contemporanéité, permettrait de construire des modèles qui enrichiraient notre manière de penser et construire l'architecture dans notre environnement actuel et à venir. Comment rendre habitable une maison polychronique ? Nous souhaitons restreindre nos recherches à une typologie architecturale spécifique, la maison individuelle. L'architecture domestique constitue un archétype efficace dans le cadre de cette recherche. Les maisons ont souvent synthétisées un ensemble de pensées architecturales et révèlent des postures diverses quant à la notion « d'habiter ». Nous retiendrons pour cette recherche deux ensembles d'objets d'études, Les cases study houses de Los Angeles et les maisons de l'architecte Alberto Ponis en Sardaigne. Ces deux ensembles exemplifient deux postures qui semblent à première vue bien distinctes (temps long/temps court, moderne/traditionnel, espace ouvert/espace fermé…). Ces oppositions nous permettront d'échafauder une méthode comparative, aboutissant à une synthèse critique sur cette notion de dualité temporelle que nous tentons de dépasser. Nous nous préoccuperons dans un premier temps des différences entres ces architectures, pour mieux révéler dans un deuxième temps leurs ressemblances ou leurs échanges. L'exemple de ces maisons iconiques nous permettra de révéler les multiples temporalités de l'architecture, et la nécessité de penser de manière critique notre rapport au temps afin de rendre habitable notre environnement actuel et à venir. Nous reprendrons dans cette partie les concepts littéraires et anthropologiques développées dans les premiers chapitres. Cette mise en pratique des théories empruntés à d'autres disciplines intellectuelles (l'intertextualité de Bruno Reichlin, la narration et la mimesis de Paul Ricoeur, les nouveaux critères de Philipe Descola, la notion d'hybride de Bruno Latour) nous permettra d'ouvrir de nouveaux champs critiques sur ces objets architecturaux. De ce fait, nous tenterons de démontrer que ces objets, qui à première vue semblaient si éloignés dans leur posture temporelle et architecturale, traduisent dans les faits un dépassement de la dichotomie classique, entre tradition et modernité, culture et nature… Ces maisons s'avérant ainsi révélatrices d'une ambigüité architecturale et temporelle subtile. La dualité temporelle que nous observons à travers le couple nature/culture ou temps cyclique et temps linéaire peut-elle être présente dans des choix constructifs tels qu'une architecture transitoire ou pérenne ? Cette nouvelle relecture de la modernité que nous proposons peut enrichir les connaissances que nous avons sur ces concepts et ouvrir de nouvelles perspectives sur notre horizon architectural. Cette thèse permettra de porter un regard croisé sur nos pratiques actuelles et les évolutions techniques.

  • Titre traduit

    The polychronic house, for a dialectic architecture


  • Résumé

    Au court du XXème siècle se sont concrétisés les notions de développement durable1 et d'anthropocène. Prenant conscience de l'influence de l'homme sur son milieu, ces concepts inscrivent les activités humaines dans le temps long. Ces notions devraient confirmer la nécessité de penser de nouveaux rapports au temps. Malgré tout cela, nous vivons à l'âge de l'instantané, du présentisme selon l'hypothèse de François Hartog, c'est à dire la neutralisation de la différence entre un avant et un après. Le présent est devenu l'horizon, sans futur ni passé. Il nous faudrait donc trouver des moyens adéquats de pratiquer et penser l'architecture dans ce nouvel environnement où le temps devient un objet d'étude peut-être aussi important que l'espace. Par quels moyens peut-on, nous architectes, penser et intégrer le temps dans la discipline architecturale Une relecture critique de la notion de modernité architecturale via la notion de temps semble nécessaire pour comprendre ce phénomène. Dans un premier temps il nous faudra consolider nos connaissances historiques et philosophiques sur cette notion. Une étude critique via diverses disciplines s'avère nécessaire. Notre disposition à relire la modernité de manière critique en se concentrant sur les temporalités architecturales, nous permettrait probablement de clarifier l'état actuel de l'architecture et offrirait des pistes d'évolutions potentielles. Prendre conscience du fait temporel dans la théorie et la pratique architecturale pourrait nous aider à nous orienter dans ce nouvel environnement instable et incertain. L'objet de ces développements aura pour finalité de clarifier une certaine approche du « couple temps- architecture ». Nous faisons l'hypothèse que la révélation du dépassement du dualisme moderne, qui fonde notre contemporanéité, permettrait de construire des modèles qui enrichiraient notre manière de penser et construire l'architecture dans notre environnement actuel et à venir. Comment rendre habitable une maison polychronique ? Nous souhaitons restreindre nos recherches à une typologie architecturale spécifique, la maison individuelle. L'architecture domestique constitue un archétype efficace dans le cadre de cette recherche. Les maisons ont souvent synthétisées un ensemble de pensées architecturales et révèlent des postures diverses quant à la notion « d'habiter ». Nous retiendrons pour cette recherche deux ensembles d'objets d'études, Les cases study houses de Los Angeles et les maisons de l'architecte Alberto Ponis en Sardaigne. Ces deux ensembles exemplifient deux postures qui semblent à première vue bien distinctes (temps long/temps court, moderne/traditionnel, espace ouvert/espace fermé…). Ces oppositions nous permettront d'échafauder une méthode comparative, aboutissant à une synthèse critique sur cette notion de dualité temporelle que nous tentons de dépasser. Nous nous préoccuperons dans un premier temps des différences entres ces architectures, pour mieux révéler dans un deuxième temps leurs ressemblances ou leurs échanges. L'exemple de ces maisons iconiques nous permettra de révéler les multiples temporalités de l'architecture, et la nécessité de penser de manière critique notre rapport au temps afin de rendre habitable notre environnement actuel et à venir. Nous reprendrons dans cette partie les concepts littéraires et anthropologiques développées dans les premiers chapitres. Cette mise en pratique des théories empruntés à d'autres disciplines intellectuelles (l'intertextualité de Bruno Reichlin, la narration et la mimesis de Paul Ricoeur, les nouveaux critères de Philipe Descola, la notion d'hybride de Bruno Latour) nous permettra d'ouvrir de nouveaux champs critiques sur ces objets architecturaux. De ce fait, nous tenterons de démontrer que ces objets, qui à première vue semblaient si éloignés dans leur posture temporelle et architecturale, traduisent dans les faits un dépassement de la dichotomie classique, entre tradition et modernité, culture et nature… Ces maisons s'avérant ainsi révélatrices d'une ambigüité architecturale et temporelle subtile. La dualité temporelle que nous observons à travers le couple nature/culture ou temps cyclique et temps linéaire peut-elle être présente dans des choix constructifs tels qu'une architecture transitoire ou pérenne ? Cette nouvelle relecture de la modernité que nous proposons peut enrichir les connaissances que nous avons sur ces concepts et ouvrir de nouvelles perspectives sur notre horizon architectural. Cette thèse permettra de porter un regard croisé sur nos pratiques actuelles et les évolutions techniques.