Vulgarisation scientifique et médias sociaux. Analyse communicationnelle d'un nouveau mode de transmission du savoir.

par Jordan Casaccio

Projet de thèse en Sciences de l'information et de la Communication

Sous la direction de Marie-Joseph Bertini.

Thèses en préparation à Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) depuis le 16-11-2017 .


  • Résumé

    Dans un contexte de « révolution culturelle » [Rieffel, 2014], l’on observe depuis plusieurs mois une profusion de chaines YouTube spécialisées dans la vulgarisation des sciences, qu’il s’agisse d’histoire, de physique, de mathématiques, de sociologie, ou encore de biologie. Ces vidéastes scientifiques rassemblent aujourd’hui des millions de spectateurs en France, pourtant cette vulgarisation se fait hors des circuits universitaires traditionnels : la majorité des vulgarisateurs concernés n’a pas de diplôme scientifique. C’est la passion qui fait office ici de principal moteur créatif, aussi la notion d’amatorat est-elle fondamentale dans l’analyse de cette « vulgarisation scientifique 2.0 ». Il faut cependant interroger les mécanismes sociaux qui régissent cette nouvelle forme de communication scientifique, tant les réseaux sociaux numériques y jouent un rôle important. Les créateurs interagissent de plus en plus entre eux, hors caméra ou face aux publics, et invitent leurs spectateurs au soutien via le partage sur les sites de réseaux sociaux. Cette dimension de partage est nécessaire dans un système qui fait de l’attention le nerf de la guerre : le créateur doit savoir innover et captiver pour se faire entendre. Le partage sur des réseaux sociaux numériques tels que Facebook et Twitter permettent de diffuser le contenu et de le faire connaitre ; les stories Instagram et Snapchat permettent au vidéaste de créer du lien avec sa base de fans à travers une mise en récit de soi, de ses expéditions scientifiques, de ses tournages ou simplement de sa vie privée. Pour autant, le rôle des publics ne se limite pas, ou plus, au visionnage : l’appel au crowdfunding devient également courant, par l’intermédiaire de plateformes numériques externes (notamment Tipeee ou uTip). Le partage, les commentaires, les fils de discussion, les réactions, le mécénat, le storytelling des vidéastes, autant de données qui semblent façonner ces contenus numériques de vulgarisation scientifique. Au cœur de ce nouveau paradigme horizontal, notre recherche analyse ces nouveaux contenus audiovisuels de diffusion d’un savoir vulgarisé afin d’en dégager des pratiques communicationnelles, épistémologiques, sociales nouvelles. Il s’agira in fine de voir si ces nouvelles pratiques influencent tant la production et la réception de ces contenus de « vulgarisation 2.0 » qu’elle en modifie l’essence même, en faisant de la vulgarisation scientifique non pas un moyen de découvrir la science mais une fin en soi. En somme, quelle place pour le divertissement dans la vulgarisation scientifique sur YouTube ?


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