La couronne dans les sources textuelles et iconographiques juives et chrétiennes : significations d’un symbole tardo-antique

par Roxane Amsellem

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Hervé Inglebert.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 15-10-2008 .


  • Résumé

    Le motif de la couronne, fortement présent dans les corpus iconographiques juifs et chrétiens, a été majoritairement perçu comme une contamination païenne des dits répertoires. Par la même, son interprétation symbolique est jugée secondaire et son emploi serait essentiellement d’ordre décoratif. Par la constitution d’un double corpus sélectif, l’un iconographique et l’autre textuel, notre démontrons que ce motif connaît une signification symbolique profonde et propre aux deux religions. Mes travaux permettent, d’une part, une meilleure compréhension des évolutions iconographiques et religieuses si caractéristiques de l’Antiquité tardive, et, d’autre part, de cerner les interactions entre les groupes religieux juifs et chrétiens du monde gréco-romain. En effet, la prise en compte et la confrontation de l’ensemble des sources textuelles et iconographiques tardoantiques juives et chrétiennes ont tout d’abord montré que le thème de la couronne est omniprésent. Cette omniprésence s’explique dans la mesure où les significations symboliques qu’elle véhicule sont fondamentales et multiples. Attribut de pouvoir (celui du roi celui du prêtre), attribut et sceau divin, attribut christique, angélique et céleste, la couronne est au cœur de la pensée juive et chrétienne de la rétribution. Ce symbolisme puissant s’enracine dans la Bible. C’est à partir des passages bibliques, pourtant peu nombreux, mentionnant la couronne, que les exégèses ultérieures se sont constamment développées ; cela en insistant toujours plus sur la dimension céleste de la signification de ce motif, au détriment de ses connotations terrestres liées historiquement à la royauté davidique et à la prêtrise aaronienne. Le motif de la couronne et son interprétation de plus en plus eschatologique sont présents dans tous les corpus littéraires ou épigraphiques que nous avons étudiés. Les premiers témoins de cet accroissement de la valeur symbolique de la couronne sont les littératures intertestamentaire, pseudépigraphique et qumrânienne au tournant de notre ère, dans lesquelles l’attention se focalise sur le sort des justes.

  • Titre traduit

    The crown in Jewish and Christian textual and iconographic sources : meanings of a late-antique symbol


  • Résumé

    The motif of the crown, strongly present in the Jewish and Christian iconographic corpus, was mainly perceived as a pagan contamination of the said repertoires. By the same token, its symbolic interpretation is considered secondary and its use essentially decorative. By the constitution of a selective double corpus, one iconographic and the other textual, we demonstrate that this motif knows a deep symbolic meaning specific to both religions. My work makes it possible, on the one hand, to better understand the iconographic and religious evolutions so characteristic of late antiquity, and, on the other hand, to identify the interactions between the Jewish and Christian religious groups of the Greco-Roman world. Indeed, taking into account and confronting all Jewish and Christian late antique textual and iconographic sources initially showed that the theme of the crown is omnipresent. This omnipresence is explained insofar as the symbolic meanings which it conveys are fundamental and multiple. Attribute of power (that of the king that of the priest), attribute and divine seal, attribute Christic, angelic and celestial, the crown is at the heart of the Jewish and Christian thought of retribution. This powerful symbolism is rooted in the Bible. It is from the biblical passages, however few in number, mentioning the crown, that the subsequent exegeses have been constantly developed; With an increasing emphasis on the heavenly dimension of the meaning of this motif, to the detriment of its terrestrial connotations historically related to the Davidic kingdom and the Aaronic priesthood. The motif of the crown and its increasingly eschatological interpretation are present in all the literary or epigraphic corpuses that we have studied. The first witnesses to this increase in the symbolic value of the crown are the intertestamental, pseudepigraphic and qumranian literatures at the turn of our era, in which attention focuses on the fate of the righteous.