Pour une esthétique du minéral. Sols et roches, montagnes et volcans, grottes et gouffres de France au cinéma (1971-2014)

par Dorian Falconnet

Projet de thèse en Arts (histoire, theorie et pratique des arts)

Sous la direction de Pierre Beylot.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 30-11-2017 .


  • Résumé

    Les arts visuels ont toujours porté un discours sur la nature et les éléments. Ce discours est défini par plusieurs pratiques, toutes très liées aux traditions artistiques occidentales: la représentation du paysage et des forces naturelles, le traitement esthétique et la constitution de motifs visuels récurrents qui se retrouvent dans diverses œuvres. Le cinéma, de par sa capacité intrinsèque de reproduction du mouvement à la fois dans l’espace et dans le temps, nous obligent à réévaluer ces représentations sur l’écran de par cette position unique dans les arts visuels. Notre recherche s’attarde ici sur une représentation précise : celle du milieu terrestre, et notamment du monde minéral, dans des films tournés en France entre 1970 et aujourd’hui. Ce monde, très présent chez Luc Moullet ou dans des films comme La Grotte des Rêves Perdus de Werner Herzog ou Magma de Pierre Vinour, devient un véhicule d’imaginaire géologique qui se module suivant les différents traitements de mise en scène (mouvements de caméras, échelles de plans, montage). On peut se demander alors comment les cinéastes abordent les structures géologiques présentes sur le territoire français et à travers quels effets dramatiques ils mettent « en relief » ces éléments du décor naturel ? En se penchant sur l’élément terrestre particulièrement, nous proposons d’en répertorier toutes les images (sols, rochers, montagnes, grottes, paysages dunaires) et tous les usages dramatiques à l’écran (fascination esthétique pour la roche, géologie symbolique, géo-psychologie), en délimitant un espace précis, le territoire français, ce qui permettra de mettre en lumière une cartographie filmique de ces représentations terrestres à l’échelle du pays. En questionnant les domaines de l’esthétique, de l’histoire de l’art mais aussi les sciences naturelles et de la géocritique, on tentera de se demander comment le cinéma s’empare des images de la nature et invente ou réinvente des imaginaires matériels liés à la dimension terrestre ? Nous mettrons en perspective les textes de Gaston Bachelard et les travaux d’esthétique du cinéma de Jacques Aumont, d’Eric Thouvenel ou encore de Rosine Bénard. On se demandera si l’Homme ne renvoie pas, à travers les images du monde terrestre, des images de lui-même?

  • Titre traduit

    FOR AN AESTHETIC OF MINERAL. French soils and rocks, mountains and volcanos, caves and chasms in Cinema (1971-2014).


  • Résumé

    Visual arts have always carried a speech of Nature and Elements. This speech is defined by several practices, all deeply bound to the western art traditions : the representation of landscapes and natural forces, the aesthetic treatment and the building of recurring visual patterns which are depicted in diverse works. Cinema binds us, from its internal capacity to reproduce movement in both space and time, to reconsider these representations on screen because of this unique position of visual arts. Here, our research is attached to a specific representation : a terrestrial environment representation, especially the mineral world, in movies shot in France from 1970 to nowadays. This world, strongly present in Luc Moullet’s work, or movies like Werner Herzog's Cave of Forgotten Dreams or, Pierre Vinour's Magma, become a vehicle of a geological fantasy which modulates itself following the various staging treatments (camera movements, scaling shots, photography, editing). We way then wonder how filmakers tackle the geological structures on the french territory and through wich dramatic effects do they put «into relief» these elements of natural settings ? If we look especially at the terrestrial Element, we suggest to classify all the images (soils, rocks, montains, grottes, dune landscapes) and all the dramatic usages on screen (aesthetic fascination for rocks, symbolical geology, geo-psychology), while defining a specific space, the french territory, which will allow to highlight a film map of these terrestrial representations on the scale of the country. By questionning the aesthetic fields, those of art history but also natural sciences and geocriticism, we will try to clarify how Cinema seizes the images of Nature and invent or re-invent material fantasies linked to a terrestrial dimension ? We will also put in perspective Gaston Bachelard's essays as well as Jacques Aumont's works on Cinema's aesthetics, Eric Thouvenel's or Rosine Bénard's. We will wonder as well if Men send back, through the images of the terrestrial world, images of himself ?