Exposition aux particules ultrafines et au carbone suie des chauffeurs de taxi : déterminants de l'exposition et impact sur la santé respiratoire

par Melissa Hachem

Projet de thèse en Epidemiologie

Sous la direction de Isabelle Momas.

Thèses en préparation à l'Université de Paris (2019-....) en cotutelle avec l'Université Libanaise- Laboratoire CERIPH : Centre de Recherche in Public Health , dans le cadre de 393 Pierre LOUIS de Santé Publique à Paris : épidémiologie et sciences de l'information biomédicale , en partenariat avec Épidémiologie environnementale : Impact sanitaire des pollutions atmosphériques (equipe de recherche) depuis le 28-11-2017 .


  • Résumé

    Ce projet s’inscrit dans le champ de la recherche sur le rôle, non encore complètement élucidé, des pollutions atmosphériques, notamment d’origine automobile sur la santé respiratoire et les allergies, en particulier sur le développement/déclenchement de symptômes et de perturbations fonctionnelles. La fraction ultrafine des particules (PUF – particules de diamètre inférieur à 100 nm) fait l’objet d’un intérêt récent car ces PUF auraient des effets dans les voies aériennes en raison de leur aptitude à induire des effets inflammatoires, un stress oxydatif et à contribuer au remodelage des voies aériennes de patients asthmatiques. Les PUF, avec leur grande concentration en termes de nombre par cm3, leur petit diamètre et leur surface cumulative très grande, sont capables, non seulement de véhiculer d’autres contaminants, mais aussi de contribuer à leur déposition, avec une assez grande efficacité, dans les alvéoles pulmonaires. Récemment aussi, il est apparu pertinent de s’intéresser au carbone suie (black carbon, BC), constituant des particules fines PM2,5 (particulate matter particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 2,5 μm) suspecté d’être responsable de leur toxicité. Les connaissances épidémiologiques actuelles sur les effets des PUF et du BC sont peu nombreuses, comparativement à celles concernant les particules fines. Certains professionnels, comme les policiers, les chauffeurs (transport en commun, taxis, camionneurs…), les livreurs, les postiers, les travailleurs sur les routes et autoroutes, etc. sont fortement exposés, pendant leurs heures de travail, à la pollution de l’air due au trafic routier. Ces groupes professionnels sont plus à risque de développer des affections respiratoires, cardiovasculaires et neurologiques que la population générale. L’exposition professionnelle au gaz d’échappement Diesel a d’ailleurs été associée à une augmentation du risque de mortalité par cancer du poumon et maladies pulmonaires chroniques obstructives. L’exposition professionnelle aux PUF et au BC des professionnels de la conduite automobile a jusqu’alors rarement était mesurée, faute de dispositifs adaptés. L’originalité de notre projet tient donc dans l’utilisation d’instruments de mesures portatifs développés ces dernières années et permettant de quantifier l’exposition à ces polluants. Le recours à ces appareils, le couplage de leurs enregistrements avec des mesures des performances ventilatoires et la répétition de ces mesures offre l’opportunité rare d’étudier l’impact sanitaire à court terme de cette exposition professionnelle au trafic routier, sur la fonction ventilatoire, ce qui n’a jamais encore été décrit dans la littérature qui a surtout documenté des effets à long terme, sur la santé cardiovasculaire et les cancers. Cette recherche devrait apporter des éléments nouveaux sur : l’exposition d’un groupe professionnel a priori très exposé aux PUF et au BC ; l’impact sanitaire à court terme de cette exposition sur la morbidité ressentie et objectivée par la mesure des performances ventilatoires. Notre recherche a pour objectifs : 1/ quantifier l’exposition des professionnels de la conduite automobile (des chauffeurs de taxis) aux PUF, au BC et aux oxydes de carbone (CO, CO2) et au dioxyde d’azote (NO2), mesurée de façon répétée à deux reprises et d’identifier les variations spatio-temporelles et les déterminants de cette exposition liés aux modalités d’exercice ; 2/ étudier l’impact de ces expositions sur les performances ventilatoires et la symptomatologie respiratoire des chauffeurs de taxi. Ce projet comporte donc, deux volets, l’un relevant de l’expologie, l’autre de l’épidémiologie. Le projet s’appuie sur un échantillon d’une centaine de chauffeurs de taxi volontaires, exerçant à temps plein, de jour, en région parisienne, parmi les membres de la Chambre syndicale des cochers chauffeurs de voitures de place de la région parisienne (C.G.T.- Taxis), du Syndicat de défense des conducteurs du taxi parisien (S.D.C.T.P.) et de la Chambre syndicale des sociétés coopératives des chauffeurs de taxi de la région parisienne et qui ont accepté de participer. La recherche se déroulera sur 3 ans et comportera deux étapes. La première étape se déroulera la première année (2018). Le projet débutera par un examen clinique d’inclusion, en pathologie professionnelle, dans un hôpital parisien, de tous les participants, avec l’administration d’un questionnaire médical standardisé, des épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR), la mesure de la fraction expirée de monoxyde d’azote (FeNO) et des tests cutanés allergologiques (prick-test). L’évaluation de l’exposition concernera les PUF, le BC, le monoxyde de carbone (CO) et le NO2 mesurés en continu, par des capteurs portatifs, pendant une journée de travail (± 11 heures). La même journée, deux mesures spiromètriques et deux mesures de CO dans l’air expiré (COexp) seront effectuées en début et en fin de poste, à l’aide des appareils portatifs. La deuxième étape se déroulera pendant la deuxième année et il s’agira d’un suivi longitudinal de la cohorte de chauffeurs de taxis constituée la première année. Chaque sujet sera son propre témoin. Ce volet comportera un 2ème mesurage des expositions à une saison distincte du premier (printemps-été / automne-hiver) et les deux mesures spiromètriques et du COexp (en début et en fin de poste), à l’aide des appareils portatifs. La saisie et la validation des données ainsi que les analyses statistiques seront effectuées par l’équipe de recherche EA 4064. L’analyse statistique fournira les distributions des niveaux personnels d’expositions (PUF, BC, CO, NO2) ainsi que leur variabilité spatiotemporelle. Les données d’expositions seront synchronisées avec celles de géo-localisation fournies par le GPS et complétées avec les informations du questionnaire «budget espacetemps- activités». La recherche des déterminants des expositions se fera par analyse multivariée. Des modèles multivariés (GEE - Generalized Estimating Equations) seront utilisés pour étudier l’association entre (1) les indicateurs d’expositions (PUF, BC CO, NO2) et (2) les symptômes et les performances ventilatoires, en tenant compte des facteurs de confusion/d’interaction potentiels, notamment avec le statut atopique et le curriculum laboris. Concernant l’organisation de la recherche, le Pr I. Momas (EA 4064, Université Paris Descartes) assurera la coordination scientifique du projet (sa mise en oeuvre, notamment la logistique des deux parties de l’étude de terrain et du suivi de la cohorte de chauffeurs de taxis), en collaboration avec le Dr Lynda Bensefa-Colas (Service des pathologies professionnelles et environnementales – Hôpital Hôtel-Dieu), responsable de la visite médicale des tous les participants à l’étude. L’étude est planifiée à Paris et parallèlement une étude pilote sera menée auprès d’un échantillon de chauffeurs de taxi à Beyrouth, pour tester la faisabilité du protocole et l’adapter, si nécessaire, en vue d’une étude ultérieure réalisée à plus large échelle, au Liban.

  • Titre traduit

    Exposure of taxi drivers to automobile air pollutants within their vehicles


  • Pas de résumé disponible.