Le pluriel dans les chaînes anaphoriques faisant référence à des particuliers

par Anne-marie Argenti

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Michel Charolles.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 27-11-2008 .


  • Résumé

    La cohésion d’un texte repose sur un ensemble de liens syntaxiques et pragmatico-sémantiques entre les unités de discours dont les reprises anaphoriques. Les reprises assurent la continuité référentielle et thématique de phrases successives mais ne suffisent pas à assurer la cohérence des enchaînements. Elles font l’objet d’inférences qui permettent au système cognitif de trouver la relation de cohérence exprimée par l’enchaînement. Dans les cas simples, le système cognitif résout une reprise pronominale en lui attribuant un antécédent contextuellement pertinent, sélectionné parmi les éléments saillants actifs en mémoire. Lorsque la reprise concerne des arguments pluriels, les opérations cognitives sont plus complexes. Rentrent alors en ligne de compte non seulement la saillance de ces référents mais aussi le mode de relation qu’ils entretiennent au sein du prédicat de leur phrase d’accueil. Un prédicat d’accueil collectif tendra à effacer les distinctions entre les référents et facilitera les reprises plurielles au contraire des prédicats distributifs qui faciliteront les reprises de singuliers. Les prédicats réciproques lexicaux, quant à eux, établissent des liens de symétrie entre les entités dont on fait l’hypothèse qu’ils nécessitent des traitements cognitifs spécifiques. Les liens établis entre les arguments de prédicats collectifs, distributifs et symétriques sont étudiés d’un point de vue théorique. L’influence de ces liens sur la résolution de reprises pronominales au pluriel d’arguments dispersés mais aussi au singulier d’un élément d’une pluralité, est examinée expérimentalement (tests psycholinguistiques en production et en compréhension). L’étude théorique permet de mettre en évidence des différences fondamentales entre prédicats réciproques et prédicats symétriques d’une part, et entre prédicats collectifs et prédicats symétriques d’autre part. Les résultats expérimentaux corroborent l’étude théorique et permettent de proposer un pattern argumental pour les verbes lexicalement réciproques.

  • Titre traduit

    The plural in anaphoric chains referring to individuals


  • Résumé

    The cohesion of a text is based on a set of syntactic and pragmatico-semantic links between discourse units, including anaphoric referring terms. These terms ensure referential and thematic continuity in successive sentences, but are not sufficient to ensure the coherence of the chains. They involve inferences that enable the cognitive system to find the relationship of coherence expressed by the chain. In simple cases, the cognitive system resolves a pronominal anaphor by allocating to it a contextually relevant antecedent, selected from the salient elements that are active in memory. When the co-reference concerns plural arguments, the cognitive operations are more complex. In this case, it is necessary to take into account include not only the salience of the referents but also the type of relationship they have within the predicate of their host sentence. A collective hosting predicate will tend to remove distinctions between referents and will facilitate plural co-reference, unlike distributive predicates that facilitate singular coreference. Lexically reciprocal predicates, meanwhile, establish links of symmetry between entities that, are predicted to require specific cognitive processing. The links established between collective, distributive and symmetrical predicates are studied from a theoretical viewpoint. The influence of these links on the resolution of pronominal anaphora whose antecedent forms part of a plurality, or whose antecedents are dispersed in a comitative construction, is examined experimentally (psycholinguistic tests of production and comprehension). The theoretical study points to fundamental differences between reciprocal predicates and symmetrical predicates on the one hand, and between collective predicates and symmetrical predicates on the other. The experimental results support the theoretical study and lead to the proposal of an argumental pattern for symmetrical verbs.