Apports des sciences agronomiques et des sciences participatives à la conception de systèmes agroforestiers complexes innovants

par Martin Notaro

Projet de thèse en Sciences agronomiques


Sous la direction de Christian Gary et de Olivier Deheuvels.

Thèses en préparation à Montpellier, SupAgro , dans le cadre de GAIA - Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau , en partenariat avec SYSTEM - Fonctionnement et conduite des systèmes de cultures tropicaux et méditerranéens (laboratoire) depuis le 17-10-2016 .


  • Résumé

    En 50 ans, la production de cacao n'a cessé de croître, passant de 1,3 MT dans les années 1960 à 4,2 Mt au cours de la dernière décennie (FAOSTAT 2013; ICCO, 2016). Dans le même temps le ratio consommations/stocks diminue annuellement, passant de 0,3 en 1990 à 0,64 aujourd'hui (ICCO, 2014). Les prévisionnistes annoncent qu'à l'horizon 2030, 1 Mt supplémentaire sera nécessaire pour satisfaire la demande (Jagoret et al., 2014). Dans ce contexte, l'intensification de la production de cacao est devenue un enjeu majeur pour la filière, du producteur au consommateur. La grande majorité du cacao produit dans le monde est issu de l'agriculture familiale (95%) et on estime que 4,5 à 5 millions de producteurs et leurs familles dépendent de la culture du cacaoyer (Carr, 2012). Sous cette forme d'agriculture, la culture du cacao est réalisée sur des surfaces réduites, comprises entre 0,5 et 3 hectares en général. Jusqu'à récemment, l'augmentation de la production a surtout été le fait de l'accroissement des surfaces cultivées qui avoisinent aujourd'hui les 9 millions d'hectares. Or l'accroissement des surfances cultivées en cacaoyer est traditionnellement faite sur des précédents forestiers (Ruf, 1995), et la réserve forestière des pays producteurs s'épuisent progressivement ou fait l'objet de mesures de protection plus drastiques que par le passé. A présent, l'accroissement de la production passe par l'accroissement des rendements à travers la diffusion de paquets technologiques intensifs en main d'œuvre et en intrants, associés à une réduction de la biodiversité cultivée. Ces stratégies, peu ou pas adoptées par les producteurs familiaux dont les ressources et les connaissances ne permettent pas de soutenir un tel modèle (Hanak Freud et al., 2000), ont aujourd'hui montré leurs limites (Jagoret et al., 2014). Dans ce contexte de demande mondiale croissant plus vite que l'offre, de limitation des possibilités d'extension des surfaces cultivées par épuisement des ressources forestières, et enfin d'inadéquation entre les paquets techniques intensifs proposés et les ressources de l'agriculture familiale, il est nécessaire : a. de générer des alternatives à la création de cacaoyères sur précédents forestiers, qui garantissent aux producteurs une certaine indépendance aux intrants, en particulier vis-à-vis de la gestion de la fertilité des sols ainsi que des bio-agresseurs ; b. d'intensifier les rendements des cacaoyères existantes en concevant des systèmes de culture innovants qui valorisent les processus biologiques et écologiques. L'intensification écologique de la production est ainsi une alternative en phase avec les contraintes environnementales et socioéconomiques de la production cacaoyère actuelle (Deheuvels, 2011). L'agriculture écologiquement intensive a pour objet de concevoir des systèmes de production durables valorisant les processus biologiques et écologiques. Il s'agit d'évaluer le rôle de la biodiversité génétique et fonctionnelle et de la diversité des activités sur l'adaptabilité et la performance des écosystèmes cultivés, afin de mieux les valoriser et les gérer dans le temps et dans l'espace. Pour cela, il est proposé d'identifier les processus écologiques qui permettent de réduire le recours aux intrants (pesticides, eau, engrais chimiques, énergie) et de co-concevoir les innovations avec les acteurs qui pilotent les systèmes de production et avec ceux qui en attendent des produits et services.

  • Titre traduit

    Contribution of agronomic and participatory sciences for designing innovative complex agroforestry systems


  • Résumé

    In 50 years, cocoa production has always increased, from 1.3 MT in the sixties to 4.2 MT during the last decade (FAOSTAT 2013; ICCO 2016). But since 1990 the consumption/stocks ratio is constantly decreasing, from 0.3 to 0.64 today (ICCO, 2014). Forecasters announced that 1MT additional will be necessary to satisfy the demand in the horizon 2030 (Jagoret et al., 2014). In this context, the intensification of cocoa production has become a major issue for the sector. This augmentation has been achieved through the extension of cocoa cropping systems on forestry areas (Ruf, 1995), mostly in Africa where 70% of the cocoa is produced (ICCO, 2015), and also through the diffusion of intensive technological packages in inputs and labor, associated with a reduction of cultivated biodiversity. Those strategies, little or not adopted by the majority of cocoa farmers who belong to family farming, whose resources and knowledge are not enough to sustain such model(Hanak Freud et al., 2000), have shown its limits today (Jagoret et al., 2014). In this context, of global demand raising faster than the offer, of difficulty to extend cocoa cultivated areas on forest areas, and finally of inadequacy between technological packages proposed and the family farming means, it seems necessary to: a. Generate alternatives that guarantee an independence of inputs to cocoa farmers, particularly in regards to the management of soil fertility, pest and disease. b. Enhance cocoa cropping systems yields by designing innovative systems that promote ecological and biological process. Effectively, ecological intensification could be an appropriate solution to the socioeconomic and environmental constraints of the current cocoa cropping systems by enhancing ecological and biological process (Deheuvels, 2011). It means to assess the role, on the one hand of genetic and functional biodiversity, and on the other of the activities diversity on adaptability and performance of cultivated ecosystems, in order to better manage and promote those in time and space. For this, we propose a participatory approach to design innovations with stakeholders of the sector, taking account of ecological process preliminary identified to reduce input use.