Prise de conscience de la compétence plurilingue et pluriculturelle des adolescents tibétains de Die Bu

par Lan Wang

Projet de thèse en Sciences du langage Spécialité Français langue étrangère

Sous la direction de Diana Lee Simon et de Stéphanie Galligani.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Langues, Littératures et Sciences Humaines , en partenariat avec Laboratoire de Linguistique et Didactique des Langues Etrangères et Maternelles (laboratoire) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    Cette recherche s'inscrit dans les domaines de la sociolinguistique et de la didactique des langues, et s'intéresse à l'apprentissage des langues des adolescents tibétains de Die Bu, une ville tibétaine située à l'est des montagnes de l'Himalaya. Malgré la forte proportion de Tibétains dans cette ville, le tibétain – demeure minoritaire face au chinois, qui est la langue nationale du territoire et la langue officielle autant sur le plan des politiques intérieures que sur celui de la diplomatie internationale (Dabène, 1994). Cette minoration s'observe dans l'espace public où le tibétain, lorsqu'il n'est pas invisibilisé, jouit d'une position secondaire dans le paysage linguistique urbain. Face à ce constat, nous nous intéressons aux places de différentes langues à l'école ainsi que le système d'éducation bilingue effectuée à Die Bu depuis un demi-siècle. Sous ce système, une compétence plurilingue et pluriculturelle se développe dans la génération Z née après 2 000. Cependant la majorité d'eux sont ignorantes de cette compétence, certaines se sentent parfois humiliés ou même subissent des moqueries du fait de leur compétence déséquilibre en tibétain. Nous retenons comme problématique : dans quelles mesures les activités, inspirées dans la démarche de la biographie langagière, pourront participer à la prise en conscience de leur compétence plurilingue et pluriculturelle, ceci est plutôt considérée comme une richesse au lieu d'un honte ? Cette recherche, qui s'inscrit dans une démarche ethnographique associant des activités d'observation et de participation (Amiotte-Suchet, 2018), a été menée du 16 janvier au 2 février 2019 auprès de 250 élèves (entre 13 et 18 ans) d'une association bénévole de soutien scolaire de Die Bu. Les élèves suivant des cours dans cette association sont scolarisés dans différentes écoles avec des modèles d'enseignement des langues bien différents. Afin de répondre à notre problématique de recherche, nous avons convoqué différentes méthodes de recueil de données, telles que des entretiens et des questionnaires auprès des élèves et leurs parents, des responsables de l'association, des enseignants ; l'observation de cours de chinois, de tibétain et d'anglais ; ainsi que l'analyse des textes des politiques linguistiques et éducatives de la préfecture autonome tibétaine de Gan Nan. La communication proposée mobilisant analyses quantitatives (via le questionnaire) et qualitatives, s'articulera autour de quatre axes : les politiques linguistiques et éducatives à Die Bu ; les pratiques langagières de la génération Z et leurs représentations sur les langues à Die Bu ; le choix d'école ainsi que les compétences plurilingues développées en fonction de l'école choisie ; la conception des activités de la biographie langagière et la mise en place.

  • Titre traduit

    Awareness of the plurilingual and pluricultural competence of Tibetan adolescents in Die Bu


  • Résumé

    This research is in the fields of sociolinguistics and language didactics, it focuses on languages learning of Tibetan adolescents in Die Bu - a Tibetan city located east of the Himalayan mountains. Despite the high proportion of Tibetans in this city, the tibetan language remains a minority in the face of chinese, which is the national language of the territory and the official language as much in terms of domestic policies as that of international diplomacy (Dabène, 1994). This reduction is observed in the public space where the tibetan, not invisible, enjoys a secondary position in the urban linguistic landscape. In light of this, we are interested in the places of different languages at school and the bilingual education system at Die Bu. Under this system, a plurilingual and pluricultural competence develops in the Z generation born after 2000. However, the majority of them are ignorant of this competence, some sometimes they feel humiliated or even mocked because of their imbalance competence in Tibetan. We consider as problematic: How can the activities, inspired by the approach of the language biography, participate in the awareness of their plurilingual and pluricultural competence that is rather considered a wealth instead of a shame? This research, which is part of an ethnographic approach combining observation and participation activities (Amiotte-Suchet, 2018), was conducted in a volunteer support organization of Die Bu among 250 students (between 13 and 18 years old) from January 16 to February 2 of 2019. Students taking courses in this association are educated in different schools with different language teaching models. In order to answer our research problematic, we have convened various methods of data collection, such as interviews and questionnaires with students and their parents, association officials, teachers; observation of Chinese, Tibetan and English classes; as well as the analysis of the texts of the linguistic and educational policies of the Gan Nan Tibetan Autonomous Prefecture. The proposed communication mobilizing quantitative (via the questionnaire) and qualitative analyzes, will revolve around four axes: linguistic and educational policies in Die Bu; the language practices of the Z generation and their representations of languages in Die Bu; the choice of school and the plurilingual skills developed according to the chosen school; the conception of the activities of the language biography and the setting up.