L'imaginaire nobiliaire dans les œuvres fictionnelles de Barbey d'Aurevilly et de Villiers de l'Isle-Adam

par Jonathan Ruiz de Chastenet

Projet de thèse en Littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Pierre Glaudes.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre d'étude de la langue et de la littérature française des XVIe au XXIe s (equipe de recherche) depuis le 15-11-2017 .


  • Résumé

    De leur vivant, Jules Barbey d'Aurevilly et Auguste de Villiers de l'Isle-Adam ne se fréquentaient guère : l’article polémique de Barbey paru en 1870, éreintant La Révolte, l’une des pièces de Villiers, devait éloigner longtemps les deux écrivains, jusqu’à leur réconciliation tardive en 1886. Leur œuvre pourtant offre à un degré important des similitudes frappantes. Si l’influence du premier sur le second, de trente ans son cadet, fait toujours débat, il n’en demeure pas moins que les convergences sont objectivement nombreuses et tout à fait remarquables. Celles-ci affleurent très nettement s’agissant d’un sujet aussi fondamental en leur imaginaire que la noblesse, thématique qui imprègne tous leurs écrits, à de rares exceptions près. Une lecture croisée de leurs œuvres fictionnelles permet d’établir que Barbey et Villiers sont héritiers de la pensée sociale nobiliaire d’Ancien Régime, laquelle est fondée sur le mythe de la race et du sang. Ils la font leur, en y puisant leur inspiration, et l’élargissent à toutes les formes d’élite censées à leurs yeux renouveler la noblesse, à une époque où celle-ci est menacée dans son existence. Barbey et Villiers s’appuient en effet sur les valeurs aristocratiques pour comprendre et dénoncer le nouveau monde issu de la Révolution, en exprimant un désenchantement antimoderne face à la victoire des forces bourgeoises et égalitaires, signal selon eux d’un déclin de la civilisation. Pour autant, ils envisagent l’hypothèse d’une survie de l'ordre nobiliaire, non sans paradoxe : comment actualiser l’aristocratie en démocratie ? Semble l’emporter la conscience d’un échec dont la noblesse est d’ailleurs rendue responsable, en raison d’une dégénérescence fautive participant de son irrésistible disparition.


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