Liberté, mise à mort et individus futurs. Trois questions fondamentales en éthique animale.

par Gabriele Tassinari

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Florence Burgat et de Filippo Magni.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres en cotutelle avec l'Université de Turin , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences , en partenariat avec Pays germaniques Transfert culturels et Archive Husserl (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement opérateur d'inscription) .


  • Résumé

    La thèse vise à explorer un ensemble de questions philosophiques fondamentales relatives à la nature des intérêts animaux, qui ont au même temps un impact transversal en éthique : la définition du concept d'autonomie et si des intérêts à l'autonomie et à la liberté peuvent être légitimement attribués aux non-humains, la définition d'une théorie du mal de la mort et la question si la mort soit ou moins un mal pour les autres espèces, l'intérêt des individus futurs et contingents à exister dans une vie digne d'être vécue. En premier lieu, on argumente que chaque théorie normative doit nécessairement adopter une position sur les trois questions pour déterminer les devoirs envers les animaux domestiques. Deuxièmement, on soutient qu'il suffit de répondre à ces questions pour développer un « argument minimal » sur les pratiques justifiables. L'argument est métathéorique en ce qui concerne les options normatives, par exemple déontologie ou conséquentialisme, et il dépend uniquement de la prémisse de la présence d'un devoir "pro tanto" à ne pas infliger de la souffrance à des êtres sensibles. Sur la première question, nous concluons que, dans l'ensemble, il n'y a aucune raison valable pour considérer l'intérêt non-humain à la liberté comme intrinsèquement incompatible avec toutes les formes de contrôle et utilisation humains. On soutient par la suite qu'une théorie du mal de la mort plausible et cohérente dans le cas humain ne peut nier au même temps la valeur prudentielle de la vie animale. Enfin, on établit des relations logiques entre l'éthique de la mort et l'éthique des générations futures qui nous incitent à adopter un principe personnel ("narrow persons-affecting principle") relativement aux individus futurs et contingents. Étant donné que cela exclut la pertinence morale du bénéfice de l'existence, les arguments natalistes qui peuvent légitimer l'abattage des animaux, par exemple l'« argument of the larder» ou l'argument de la substituabilité, doivent être rejetés.

  • Titre traduit

    Freedom, killing and future individuals. Three fundamental issues in animal ethics.


  • Résumé

    The thesis intends to examine a set of fundamental issues in animal ethics which have also a cross-cutting impact in ethics. Among these, the definition of autonomy and whether interests in autonomy and freedom can be legitimately attributed to other species, the nature of the harm of death, and whether it applies to animals, the interest of future contingent individuals in existing with a life worth living. It is argued, firstly, that adopting a stance on the three issues is necessary for each normative theory to determine the appropriate conduct towards animals involved in domestication. Secondly, that answering those questions suffices to develop a «minimal argument» about which practices are justifiable. The argument is metatheoric with respect to normative options, e.g. deontology or consequentialism, and it is sound provided that one accepts a pro tanto duty not to inflict pain on sentient beings. On the first issue, we conclude that, on the whole, no sound reason can be found to consider non-human interest in freedom as intrinsically incompatible with each form of human control and use. We subsequently argue that no account of death that is plausible and coherent in the human case can deny the prudential value of animal life. Finally, we outline some logical relations between the ethics of death and the ethics of future generations that prompt us to adopt a form of the person-affecting principle. Since this exclude the moral relevance of the benefit of existence, natalist arguments that can legitimize human killing of animals, e.g the « argument of the larder » or the argument of replaceability, are to be rejected.