La gouvernance de l'eau comme « bien commun privé » : proposition d'une heuristique et d'une méthode d'analyse de la valeur créée

par Sarah Pelleray

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Virgile Chassagnon.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Sciences Economiques , en partenariat avec Centre de Recherche en Economie de Grenoble (laboratoire) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    La conférence de Dublin sur l'eau et l'environnement en 1992 a reconnu la valeur économique de l'eau. La définition de cette dernière n'est pas évidente. L'eau n'a pas de prix sur un marché mais elle a tout de même une valeur économique (Hanemann, 2005). Un service d'eau potable est un service public gouverné par une logique privée. Il a pour but de servir l'intérêt général mais pour bénéficier de ce service le citoyen doit payer selon le principe « l'eau paie l'eau ». Le coût ne se rapporte pas à l'eau elle-même mais à sa qualité et ses multiples services associés (distribution, traitement, service client, innovations, ...). La qualité de service génère de la valeur sur un territoire qui est captée par ceux qui l'utilisent. L'hypothèse centrale de ce travail est que la valeur économique de l'eau potable se crée à l'articulation entre la valeur de service et la valeur publique. La première se rapporte aux bénéfices directs liés à l'utilisation du service, soit comment ce service va transformer son mode de vie ou son fonctionnement dans le cas d'une entreprise de manière consciente ou inconsciente (Zarifian, 2002) sous l'angle micro-économique. La deuxième détermine les bénéfices dans une dimension sociétale dont l'impact sera macroéconomique (Moore, 1995). Le lien entre la valeur de service et la valeur publique amène à considérer le service d'eau comme un « bien commun privé » (Chassagnon, 2015). Le « bien commun » représente le service d'eau dont la gouvernance doit être assurée par les parties prenantes concernées (Ostrom, 1990). Cependant le service d'eau doit proposer une certaine qualité de service qui représente la part « privé », induisant des externalités à l'origine de la création de la valeur économique. Cette dernière, créée par à la qualité de service est complexe à mesurer. Les méthodes présentes dans la littérature reposent principalement sur l'expression du consentement à payer, ce qui confère un caractère subjectif à la valeur économique. L'objectif de ce travail est de construire la fonction de création de valeur de l'eau potable lorsqu'elle est gouvernée comme un « bien commun privé ».

  • Titre traduit

    The governance of water as " private common good " : proposal for a heuristic approach and for a method of analysis of the created value


  • Résumé

    The Dublin Conference on Water and Environment in 1992 has recognized the economic value of water. Its definition, however, is not obvious. Water may not have a market price but holds an economic value (Hanemann, 2005). A drinking water service is a public service governed by a private logic. Its main goal is to serve the general interest. In order to profit from this piece of public infrastructure, citizens contribute on the basis of “water pays for water”. The cost does not refer to water itself but to its quality and its associated multi-services (water supply, treatment, customer value, innovations, …). The service quality generates value in a localization which is then captured by those using it. The primary hypothesis behind this work is that the economic value of drinking water is created from the articulation between the public service and the public value as captured by the user. The first pertains to the direct benefits emanating from the use of the service. It defines how – from a microeconomic perspective and at the level of the company – the service changes its operations in an intentional or unintentional way (Zarifian, 2002). The second, at a macro-economic scale, focuses on the benefits at a societal level (Moore, 1995). The link between the service value and the public value leads one to consider the drinking water service as a “private common good” (Chassagnon, 2015). The “common good” represents the drinking water service, which is governed by all stakeholders concerned (Ostrom, 1990). However, the drinking water service has to reach a quality threshold which represents the “private” part – this, in turn creates externalities which sit behind the creation of economic value. However, the economic value as generated by the service quality is complex to measure. Previous literature has focused on individuals' willingness to pay which confers a subjective nature to the economic value of drinking water. The primary aim of this work is to build a model which analyzes the value creation of drinking water and accounts for its governance typology as a “public common good”.