La représentation des femmes dans le cinéma iranien post-révolutionnaire: analyse genrée

par Bita Ebrahimi

Projet de thèse en Histoire, histoire de l'art et archéologie

Sous la direction de Brigitte Rollet.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Cachan, Val-de-Marne) , en partenariat avec Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines (laboratoire) et de Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    Dans le domaine cinématographique iranien, les femmes sont nombreuses à être dépeintes dans un rôle qui leur est imposé et à se forcer à s'y épanouir comme-ci cela était une fatalité. Une chronologie de vie qui impose d'accepter la domination masculine et qui réduit la femme à des stéréotypes, comme l'éducation des enfants, se faire belle pour son mari et les tâches ménagères Il est important de chasser les idées préconçues qui voudraient qu'un destin unique soit applicable à toutes les femmes iraniennes. De surcroît il y a un autre problème dans les œuvres cinématographiques: les réalisateurs, souvent, au lieu d'aborder et de mettre en avant la femme et ses aptitudes, dénoncent leurs faiblesses et leurs contraintes au lieu d'élever la femme dans des rôles plus productifs. Ils ne leur donnent aucun élan d'espoir ou de motivation pour sortir de cette conception de vie qui leur est dictée comme une évidence dans la société et dans le cinéma iranien. Les questions qu'on se pose sont multiples: à travers ces mouvements sociaux de nouvelles images de femmes se profilent et se représentent. Que signifient ces nouvelles incarnations? Les combats féministes ont-ils réussi à briser le paradigme de la « femme »? En ont-ils fait naître un nouveau ou s'est-il démultiplié et fragmenté à l'infini brisant du coup l'idée même de paradigme? Comment ces mouvements influencent-ils sur le cinéma des pays musulmans comme Iran ? De surcroît, l'espace social de l'imaginaire agrandi, modifié par les mouvements féministes a-t-il permis aux femmes cinéastes de montrer leur point de vue, de conquérir leur individualité, leur liberté: une liberté dans laquelle elles peuvent se penser et se construire par et pour elles-mêmes dans leurs films? Ces mouvements changent-ils la représentation des femmes dans le cinéma des pays patriarcaux comme Iran ? Cette nouvelle image dans le cinéma iranien qui ne permet pas de voir un corps féminin même dans l'espace privée, est-elle un pas vers l'autonomie? Faut-il voir dans cette forme d'image du corps féminin dans le cinéma iranien une valorisation de la norme masculine ou une mise en exergue des qualités corporelles tout autant féminines que masculines, propulsant l'être humain dans la recherche de la performance? En plus, dans la représentation des femmes avec l'hijab mais plus actives, plus aventureuses, plus incisives; est-il possible d'y lire, d'y voir un nouveau paradigme féminin? Et si oui, dans quelle mesure cette représentation dans les films iraniens qui en découle s'impose-t-elle comme norme? Et enfin, cette représentation, si elle en est une, est-elle porteuse de l'autonomie des femmes iraniennes dans la société patriarcale? Cette recherche exploratoire soulève bien plus de questions qu'elle n'amènera de réponses, alors que celles obtenues dans ce cadre n'ont pas la prétention de fournir une définition universelle et immuable de la représentation des femmes en ce début de XXIième siècle en Iran. Les représentations déchiffrées dans cet exercice sont directement liées à leur contexte, leur moment et à la capacité de la chercheure de les percevoir. Toutes les explications sont ainsi très partielles et, à la limite, partiales. Il ne peut en être autrement. Cette étude comparative entre le regard des réalisateurs et des réalisatrices, consiste à la recherche des préoccupations et des concepts existants dans les films des réalisatrices et des réalisateurs iraniens dans la période post révolutionnaire. De plus, on veut faire le lien entre les préoccupations et les revendications des mouvements féministes dans leurs films. Mais l'objectif principal de cette recherche consiste à montrer selon le regard des réalisateurs et des réalisatrices de quelle façon la représentation des femmes est en conformité avec leurs principes et leurs valeurs.

  • Titre traduit

    The representation of women in post-revolutionary Iranian cinema: gender analysis


  • Résumé

    In the Iranian cinematographic field, women are numerous to be depicted in a role imposed on them and to force themselves to flourish there like this was a fatality. A chronology of life that imposes acceptance of male domination and reduces women to stereotypes, such as raising children, making themselves beautiful for their husbands and household chores. It is important to dispel preconceived notions that " a unique destiny is applicable to all Iranian women. In addition, there is another problem in cinematographic works: rather than approaching and highlighting the woman and her abilities, denounce their weaknesses and constraints instead of raising the woman in more productive roles. They do not give them any impulse of hope or motivation to come out of this conception of life which is dictated to them as evidence in society and Iranian cinema. The questions that arise are multiple: through these social movements new images of women emerge and represent themselves. What do these new incarnations mean? Have feminist struggles succeeded in breaking the paradigm of the "woman"? Have they given birth to a new one, or has it multiplied and fragmented to infinity, thereby breaking the very idea of ​​paradigm? How do these movements influence the cinema of Muslim countries like Iran? In addition, the social space of the enlarged imaginary, modified by the movements feminists allowed women filmmakers to show their point of view, to conquer their individuality, their freedom: a freedom in which they can think and for themselves in their films? Do these movements change the representation of women in the cinema of patriarchal countries like Iran? Is this new image in Iranian cinema that does not allow to see a female body even in private space, a step towards autonomy? Should we see in this form of image of the female body in Iranian cinema a valorization of the masculine norm or a highlighting of the bodily qualities as much feminine as masculine, propelling the human being in the search for the performance? In addition, in the representation of women with the hijab but more active, more adventurous, more incisive; is it possible to read, to see in it a new feminine paradigm? And if so, to what extent does this representation in the Iranian films that flows from it impose itself as a norm? And, finally, does this representation, if it is one, bear the autonomy of Iranian women in the patriarchal society? This exploratory research raises many more questions than answers, while those obtained in this context do not pretend to provide a universal and immutable definition of the representation of women at the beginning of the 21st century in Iran . The representations deciphered in this exercise are directly related to their context, their moment and the capacity of the researcher to perceive them. All the explanations are thus very partial and, to the limit, partial. It can not be otherwise. This comparative study of directors' perceptions is concerned with the search for the preoccupations and concepts existing in the films of Iranian directors in the post-revolutionary period. In addition, we want to link the concerns and demands of feminist movements in their films. But the main objective of this research is to show, according to the view of the directors, how the representation of women is in conformity with their principles and their values.