Réflexion sur la communication représentative : Une analyse comparative franco-québécoise des discours et stratégies organisationnelles au sujet de problèmes publics environnementaux.

par Sofia Achour

Projet de thèse en Sciences de l'information, de la communication et de la documentation

Sous la direction de Catherine Ghosn.

Thèses en préparation à Montpellier 3 en cotutelle avec l'Université Mohammed V , dans le cadre de Territoires, Temps, Sociétés et Développement , en partenariat avec CORHIS - Communication, Ressources Humaines & Intervention Sociale (laboratoire) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Notre société étant le théâtre de perpétuelles interactions entre d'innombrables acteurs (individus, groupes, associations, organismes, etc.) – et non seulement entre organisations et parties prenantes, nous a amené à comprendre qu'il est impossible de réaliser un projet d'envergure sans tenir compte des opinions et des attentes des communautés internes et externes de la société. Soit parce que les opérations de l'entreprise porteuse de projet ont ou peuvent avoir une influence sur la société, soit parce que la voix ou les actions de ces parties prenantes peuvent avoir une influence sur les opérations de l'entreprise. L'organisation ne peut plus se contenter de travailler dans un environnement, mais elle doit plutôt travailler avec cet environnement. Nous croyons qu'il est pertinent de participer à la réflexion visant l'élaboration d'un modèle de pratique des relations publiques social et qui prenne acte de cette réalité, qui repose sur des fondements ontologiques et axiologiques autres que ceux qui sous-tendent le modèle managérial et dont la mise en œuvre serait susceptible d'être bénéfique à un plus grand nombre d'acteurs. D'ailleurs, l'actualité de ces dernières années et l'étude de Marianne Kugler (2004) qui expose 43 campagnes de communication, nous offre de nombreux exemples qui démontrent que la présentation d'un projet et de ses retombées économiques « positives » pour la communauté ne garantit pas pour autant son succès. Mais ce qui pourrait le garantir, c'est surtout la prise en considération de l'opinion publique des parties prenantes lors de la conception du projet. En revanche, l'établissement d'une pratique s'inscrivant dans une logique de dialogue, de partage et de réconciliation dans les nouvelles dynamiques d'échange d'information et d'organisation sociale qu'ont amené la démocratisation des médias et des outils de communication, de même que l'émergence des médias et des réseaux sociaux permettrait l'instauration et le succès du projet. Au milieu du XXème siècle, une panoplie d'ouvrages traitant des relations publiques ont été publiées. La consultation d'un nombre important de ces ouvrages a été pour nous une grande source de questionnements et ce non seulement sur l'aspect théorique mais également sur l'aspect pratique. L'évolution de leur pratique dans cette société jusqu'au 21ème siècle suscite davantage de question. Est-ce en raison de la forte implication et influence des différentes parties prenantes notamment en ayant recours aux outils de communication ? Afin de bien saisir l'essence de ce changement de paradigme communicationnel dans les logiques d'usages et avec tout notre égard envers les chercheurs et professionnels qui ont réfléchi sur cette question au cours des dernières années, nous avons d'abord dresser l'évolution des modèles théoriques issus de la discipline de la communication organisationnelle à laquelle les relations publiques empruntent des concepts riches en enseignements, puis nous avons décidé de faire notre propre recension critique sur les relations publiques pour alimenter notre réflexion sur le statut et le rôle des relations publiques. Notre objectif est double : d'abord d'apporter une contribution à la réflexion sur le rôle et le statut des relations publiques dans les organisations, notamment en démontrant que le modèle managérial dominant dans les pratiques des organisations ne doit plus se contenter de voir uniquement le point de vue de l'organisme comme seule assise et surtout lorsque le projet touche plusieurs parties prenantes. Nous pensons que dans cette ère du web interactif, où l'information circule rapidement et à large échelle et où les citoyens participent et interagissent fortement aux conversations établies sur les plateformes numériques, le changement de paradigme communicationnel est nécessaire. Les pratiques des relationnistes doivent tendre plutôt vers un modèle social, axée sur la création de relation, de transparence, de vérité et d'échange qui s'établissent en ligne. Puis dans un second temps, notre deuxième objectif est de proposer une démarche théorique qui aiderait à déterminer le modèle de relations publiques utilisé par les acteurs lors d'un conflit touchant un problème public environnemental.

  • Titre traduit

    Assessment on Representative Communication: French-Canadian Comparative Analysis Regarding Organizational Strategies that are Related to Environmental Public Concerns


  • Résumé

    Our society is shaped by different actors. Perpetual interactions between different players, including groups and associations are fostering these bonds. These interactions have led us to understand that it is impossible to realize a major project without considering opinions and expectations of the internal and external communities of the society. Both external and internal communities of the society play a major role in the mingling of these interactions via the intertwining of opinions and expectations. It is important to bear in mind that the actions of the stakeholders can influence the operations of companies because they have key insights gained from their societal influence. Organizations shouldn't focus on the concept of work environment, but most importantly on the « environment ». It is important to take part in the reflection on the development of a practice model of social public relations. The latter is based on ontological and axiological foundations other than those underlying the managerial model. The implementation of this model would be beneficial to a greater number of actors. Indeed, the recent news headlines and the 43 case studies of Marianne Kugler (2004) present many interesting findings such as projects and their 'positive' economic spin-offs do not guarantee success in the society. In this paper, we do highly believe that it is possible to guarantee this by taking into account the opinion of stakeholders if the project is still a draft. Meanwhile, the practices based on a logical dialogue, sharing and reconciliation in the new dynamics of information exchange and social organization would make the project possible and successful. In the mid-twentieth century, a wide range of books on public relations were published. The analysis of these works provided us interesting questions, not only on the theoretical aspect but also on the practical aspect. Is it because of the strong involvement and influence of the different stakeholders, notably by using social media. In order to better grasp the essence of this change of communication paradigm in the logics of usage and with all our respect for the researchers and professionals who have reflected on this question this recent years, first we have established the evolution of the theoretical models stemming from the discipline of organizational communication to which public relations borrow rich concepts in teaching. Then we decided to make our own critical review of public relations to inform our reflection on the status and role of public relations. Our goal is twofold: First we have to think about the reflection of the role and status of public relations in organizations, notably by demonstrating that the dominant managerial model in the practices of organizations should not focus only on the economic goal of the organization as the sole basis and especially when the project involves several stakeholders. We believe that in this era of the interactive web, where the information flows quickly and on a large scale and where citizens participate and interact strongly with conversations established on digital platforms, the change of communication paradigm is necessary. The practices of the communication officers must tend rather towards a social model, centered on the creation of relationship, of transparency, of truth and exchange that take place on line. Secondly, our second goal is to propose a theoretical approach that would help to determine the public relations model used by the actors in a conflict concerning a public environmental problem.