Gouvernance & Innovation : l'Impact d'une Mission sur la Théorie des Parties Prenantes

par Samantha Ragot

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Blanche Segrestin et de Kévin Levillain.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de EOS - Économie, Organisations, Société , en partenariat avec Centre de Gestion Scientifique (laboratoire) et de École nationale supérieure des mines (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    La thèse s'inscrit dans le cadre des recherches menées par le CGS sur les entreprises à mission. Les travaux récents du laboratoire ont montré que la définition d'une mission pour l'entreprise engageait non seulement la direction mais aussi les associés en charge du contrôle de la direction, sur des objectifs de développement pour l'entreprise (Levillain, K., 2017). L'hypothèse est en effet que la mission peut : 1) définir un intérêt commun à plusieurs parties, 2) donner une place pour les parties dans la gouvernance afin qu'elles contrôlent la stratégie à l'aune de la mission, et surtout : 3) engager une dynamique d'innovation si la mission définit un « inconnu désirable ». L'objectif de la thèse est donc d'étudier comment la mission modifie les relations entre les parties, mais aussi la manière dont les parties peuvent participer à la gouvernance de l'innovation. Plus précisément : 1) Il s'agit d'abord d'étudier empiriquement les effets d'une mission innovante sur la place des parties prenantes et leur rôle dans les trajectoires d'innovation. On cherchera aussi à caractériser comment les parties peuvent être associées à différents niveaux (définition de la mission, contrôle de la stratégie, définition des règles d'évaluation de la mission, éventuellement aussi participation à l'élaboration du programme d'action avec le management…) 2) Il s'agit ensuite de proposer un nouveau modèle du contrôle par les parties prenantes où la mission pourrait maintenir une « zone d'indécidabilité » pour l'action des dirigeants, si elle désigne un inconnu commun. Ainsi, le contrôle pourrait redevenir légitime, et autoriser in fine la prise en compte des parties, si les attentes des parties spécifient bien un inconnu pour la gestion. L'hypothèse que nous formulons serait que la mission ouvre la voie à une nouvelle théorie du contrôle en complétant le principe d'une simple représentation des parties prenantes. 3) Enfin, la mission pourrait avoir un autre effet sur le lien entre innovation, gouvernance et parties prenantes. Si on entend par gouvernance les dispositifs qui règlent les relations entre les parties prenantes et la direction d'une entreprise, alors l'engagement sur la mission établit une sorte de règle sur le métabolisme de l'entreprise. Dès lors que les parties peuvent s'engager sur une mission on doit pouvoir observer des formes de gouvernance orientées vers l'innovation, mais différentes des modes d'association classiques. La thèse devrait ainsi, à partir du cas des entreprises à mission, aider à poser la question de la gouvernance de l'innovation au-delà du cadre de l'entreprise classique.

  • Titre traduit

    Governance & Innovation : the Impact of a Purpose on the Stakeholder Theory


  • Résumé

    The dissertation expands on research led by the CGS (Centre de Gestion Scientifique) on purpose companies. Recent publication by the CGS indicates that a company's purpose commits executives as well as associates in charge of the executives' control, on the development objectives set for the company (Levillain, K., 2017). The dissertation's hypothesis is that the purpose can: 1) define a common interest for several stakeholders 2) allow stakeholders to take part in the governance so as to control the strategy with regard to the company's purpose, and and most of all : 3) initiate an innovation momentum, if the purpose defines a “desirable unknown”. The dissertation's aim is thus not only to study how the purpose modifies relations between stakeholders but also the way the latter can participate to innovation governance. 1) First, we will empirically study the effects of an innovative purpose on the role stakeholders play in innovation paths. We will also attempt to describe how stakeholders can be involved at different levels : definition of the purpose, control of the strategy, establishment of rules concerning the evaluation of the purpose, and also participation in the elaboration of an action plan with the management board. 2) We will then propose a new control model by stakeholders, in which the purpose could maintain an “undecidable zone” for the action of the executive, if it designates a common unknown. Therefore, control by stakeholders could be legitimate again and authorize in fine to take into account their interests, as long as the expectations from the stakeholders clearly specify an unknown for the management. The hypothesis that we formulate would be that the purpose paves the way for a new control theory, by completing the principle of a simple representation of stakeholders. 3) Lastly, the purpose could have another effect on the link between innovation, governance and stakeholders. If we define governance as a set of systems that rule relations between stakeholders and executives, then a commitment to a purpose establishes a sort of rule on the company's metabolism. Whilst stakeholders can commit to a purpose, we should observe forms of governance targeted towards innovation, that differ from classic modes of association. The dissertation should thus help question the innovation governance beyond the framework of the classic company.