Evolution de la stratégie institutionnelle adressée à la fragilité aux Comores : De la contestation des acteurs étatiques à la prise en main de leurs accès à la résilience

par Sity amina Alfeine

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Delphine Placidi frot.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Cachan, Val-de-Marne) , en partenariat avec Institut d'Etudes de Droit Public (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 02-10-2017 .


  • Résumé

    Depuis la décennie 2000, l'usage du concept de résilience est devenu récurrent, voir incontournable dans les domaines institutionnels de l'aide. Ce concept qui révèle un usage varié se veut être un compromis entre les agences de l'aide et les pays en situation de fragilité qui revendiquent de plus en plus leur place dans le processus de développement. Il s'agit de se focaliser sur la vision positive d'un Etat, par leur « augmentation potentielle » et non plus par des absences et des manques. Dans un contexte de crise qui a fragilisé la mise en œuvre des actions des agences de l'aide dans les situations de fragilité et qui a complexifié leurs relations avec les bénéficiaires de l'aide, ce concept s'établit comme une nouvelle reconfiguration de la stratégie adressée à la fragilité. Si les donateurs avaient fondés au départ leurs stratégies sur la dénonciation de l'absence de capacités dans les Etats fragiles, aujourd'hui ils misent sur l'appui au renforcement de leurs atouts. Cette approche tend à rendre ces pays acteurs de leur stratégie. L'évolution de cette stratégie nous a conduit à nous poser une question simple mais essentielle : comment est-on passé d'un rejet de la notion d'Etats fragiles de la part des pays « dits fragiles » à une réappropriation de ces stratégies par la voie de la résilience ? De cette question sont nées de nombreuses interrogations portant sur le développement normatif d'Etats fragiles à Etats résilients et de toutes les pratiques qui les entourent. Les Comores sont classées par les institutions internationales parmi les pays les plus fragiles au vu de leur situation économique et politique qui a continué de décroître au fil des années. Bien qu'ayant longtemps bénéficié de financements en raison de sa fragilité, le pays n'a jamais fait allusion à ces situations de fragilité et il a fallu attendre 2009 pour que ces questions apparaissent au centre de ses préoccupations. Ce changement de stratégie illustre notre réflexion, et cette étude de cas permet d'expliquer comment les Comores ont réagi face à l'évolution de la stratégie institutionnelle adressée aux pays fragiles. A travers l'approche de la sociologie internationale cette thèse vise à démontrer le comportement des acteurs comoriens face au passage d'une logique développementaliste à une logique portée par le principe d'ownership de la part des bénéficiaires de l'aide. Ce travail tend à souligner l'importance de la notion de résilience dans le passage à cette nouvelle logique. Cette recherche pourra permettre aux agences de développement d‘avoir une vision d'ensemble de la pénétration du concept de résilience dans un pays où la fragilité freine grandement son développement.

  • Titre traduit

    From the concept of fragility to resilience in Comoros development policy


  • Résumé

    Since the 1990s, the concept of resilience has become increasingly essential in the field of development assistance. The concept of resilience reveals various uses, and is meant to be a compromise between aid agencies and countries in a situation of fragility. Resilience focuses primarily on the positive vision of a state by their "potential increase" and not by absences and gaps. This concept is established as a new reconfiguration of the strategy addressed to fragility. If donors had initially based their strategies on denouncing the lack of capacity in fragiles states, today they are counting on support to strengthen their assets. The evolution of this strategy has led us to ask an essential question: how have we moved from a rejection of the notion of fragile states to the re-appropriation of these strategies by the path of resilience? Comoros are ranked as the most fragile countries by international institutions. Although the country has benefited for a long time from funding because of its fragility, it has never referred to these situations of fragility. It was just since 2009 that these questions were at the core of their preoccupations. The effects of this change in strategy illustrates our reflexion, and this case study should explain a concrete demonstration as the respnse of Comoros. Through the international sociology appproach, this thesis aim to demonstrate the behavior of comorian actors to the transition from a developmentalist vision to an ownership approach.This research want to underline the importance of the resilience notion in this new thinking. It could let the development agencies to obtain an overall view of the penetration of the concept of resilience in a country where fragility greatly hampers its development.