Conséquences obstétricales et gynécologiques des mutilations génitales féminines dans le contexte européen. Le cas de la France.

par Fatoumata Sylla

Projet de thèse en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Armelle Andro et de Caroline Moreau.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique (2015-.... ; Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne) , en partenariat avec UR14. Santé sexuelle et reproductive (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    L'existence de conséquences systématiques et durables des mutilations génitales féminines (MFG) a fait l'objet de nombreux débats dans les dernières décennies Si les premières études sur les conséquences médicales des MGF ont été menées dans le cadre d'études cliniques dans les années 1980, c'est seulement au début des années 2000 que le corpus de travaux est devenu suffisamment important pour permettre d'étudier plus précisément les risques de santé liés aux MGF. Ces études se sont intéressées aux conséquences à la fois physiques et psychologiques de ces pratiques. Elles ont été menées essentiellement dans les pays d'Afrique où la pratique est répandue et où les systèmes de soins sont par ailleurs souvent défaillants. Il reste difficile de faire la part entre les risques de santé directement imputables aux MGF et ceux consécutifs aux carences des systèmes de soins. Les complications obstétricales liées aux MGF (césariennes, hémorragies post-partum, déchirures, voire des fistules obstétricales) sont les plus étudiées, notamment en Afrique où une enquête menée dans 6 pays africains, auprès de 28 393 femmes ayant accouché, a produit des résultats solides montrant que les femmes ayant subi des MGF connaissent des risques obstétricaux plus importants que les femmes n'ayant pas subi de MGF en termes de césarienne, d'hémorragies post-partum, de détresse respiratoire des nourrissons, de mortalité néo-natale, de faible poids de naissance et d'allongement du séjour à l'hôpital. Dans une étude menée en Suisse auprès de femmes excisées ayant accouché dans un environnement sanitaire de qualité, certains risques pour la santé perdurent dans des contextes de haut niveau de médicalisation de l'accouchement, notamment des césariennes en urgence et des déchirures profondes. Sur les 140 études quantitatives recensées, plus de la moitié de ces enquêtes produisent des résultats fiables ou relativement fiables. La plupart de ces études ont été menées dans les pays d'origine et depuis la fin des années 2000, quelques enquêtes ont été menées dans les pays européens. Dans le contexte français, l'enquête Excision et handicap menée en 2007-2009 auprès de 2880 femmes a permis de montrer en première analyse que certains risques de santé sont effectivement plus importants chez les femmes excisées mais l'analyse des risques obstétricaux à partir des données de cette enquête, inédite en Europe, reste à mener. Seule une enquête menée en Italie permet d'envisager une étude comparative.

  • Titre traduit

    Obstetric and gynecological consequences of female genital mutilation in the European context. The case of France.


  • Résumé

    The existence of systematic consequences of female genital mutilation (FGM) created much debate in recent decades. Although first studies on the medical consequences of FGM have been carried out in clinical studies over the years 1980, it was only in the early 2000s that the corpus of researches became sufficiently large to allow more precise analyses of health risks associated with FGM. These studies have addressed the physical and psychological consequences of these practices. They have been carried out mainly in African countries where practice is widespread and care systems are often failing. It remains difficult to distinguish between health risks directly linked to FGM and those resulting from deficiencies in health care systems. Obstetric complications related to FGM (caesarean sections, postpartum haemorrhages, tears, and even obstetric fistulae) are the most studied, particularly in Africa, where a survey of 28,393 women who gave birth in 6 African countries yielded results Women who have undergone FGM are at greater risk of obstetric outcomes than women without FGM in terms of caesarean section, postpartum haemorrhage, infant respiratory distress, neonatal mortality, low birth weight and longer hospital stay. In a Swiss study of women who gave birth in a high-quality health environment, certain health risks persist in high-level medicalization of childbirth, including emergency caesarean sections and deep tears. Of the 140 quantitative studies identified, more than half of these surveys produced reliable or relatively reliable results. Most of these studies have been carried out in the countries of origin and since the end of the 2000s some surveys have been carried out in European countries. In the French context, the Excision and Disability Survey (ExH) carried out in 2007-2009 among 2880 women made it possible to show in the first analysis that certain health risks are actually more important in women who have been circumcised but the analysis of obstetric risks from this innovative survey in Europe, remains to be carried out. Only a survey conducted in Italy makes it possible to envisage a comparative study.