Frontières adaptatives des burkholderias en interaction avec le riz: approches génétiques et fonctionnelles

par Adrian Wallner

Thèse de doctorat en Mécanismes des Interactions parasitaires pathogènes et symbiotiques

Sous la direction de Gilles Bena et de Lionel Moulin.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau , en partenariat avec PHIM - Plant Health Institute Montpellier (laboratoire) .


  • Résumé

    Les burkholderias appartiennent à plusieurs genres bactériens (dont Burkholderia et Paraburkholderia). Certaines espèces interagissent avec de multiple hôtes eucaryotes avec lesquels elles développent une gamme d'interaction allant de la symbiose à la pathogénie. Une grande diversité d'espèces de burkholderias interagisse avec le riz, faisant de cette plante un modèle idéal pour l'étude des interactions burkholderias/plantes. Une frontière taxonomique semble se dessiner entre le genre Burkholderia, qui regroupe la majorité des espèces pathogènes, et le genre Paraburkholderia qui concentre des espèces phytobénéfiques et environnementales. Ce travail de thèse a porté sur l'étude des frontières génétiques chez des espèces de ces deux genres interagissant avec le riz. Nous avons d'abord exploré la diversité taxonomique de 124 souches isolées du riz par l'étude de marqueurs taxonomiques (16S et recA) et, pour un sous ensemble de 12 espèces potentiellement différentes, d'analyse de leurs génomes (ANI). Nous avons progressé dans la description de la diversité intraspécifique chez l'espèce Burkholderia cenocepacia dont nous possédions des isolats de racines de riz, fait étonnant pour ce pathogène humain, et qui nous a conduit à décrire une nouvelle espèce mieux adaptée à l'environnement végétale (que nous proposons de nommer B. servocepacia). Nous avons ensuite exploré les bases génétiques de l'adaptation à l'environnement plantes chez Burkholderia et Paraburkholderia par deux approches. La première portait sur les étapes précoces d'interaction avec la plante, en étudiant la réponse transcriptomique de six espèces, tirées des deux genres, stimulées aux exsudats racinaires de riz, qui nous a permis de montrer une réponse souche-spécifique indépendante de leur appartenance taxonomique, et de lister des catalogues de fonctions impliqués dans la perception des exsudats. La seconde approche a porté sur deux souches modèles endophytes du riz, Paraburkholderia kururiensis M130 (Pk) et Burkholderia vietnamiensis LMG10929 (Bv), pour lesquelles nous avons réalisé un crible génétique haut-débit de banques de mutants par Tn-Seq, visant à trouver les déterminants génétiques leur permettant de coloniser les racines des deux sous-espèces de riz, Oryza sativa ssp. japonica et Oryza sativa ssp. indica. Nous observons une forte disparité dans l'adaptation des deux souches à la colonisation racinaire puisque Bv et Pk requiert des gènes différents par leur nombre et leur nature. Par ailleurs, l'effet génotype de l'hôte induit une adaptation de la part des deux colonisateurs. En dernière partie, nous avons étudié la distribution des systèmes de sécrétion de type 3 (T3SS) chez les burkholderias. Nous décrivons deux nouveaux types de T3SS et démontrons que l'un d'eux est impliqué chez Bv dans la colonisation racinaire. Nous discutons finalement de l'ensemble des résultats de cette thèse dans le contexte de l'étude des frontières adaptives à l'environnement plante chez les Burkholderia et Paraburkholderia.

  • Titre traduit

    Frontiers in the adaptation of rice-interacting burkholderia species: genetic and functional approaches


  • Résumé

    The burkholderia group is composed of multiple bacterial genera (including Burkholderia and Paraburkholderia). Some species indulge in diverse interactions with eukaryotic hosts that range from pathogenicity to symbiosis. Many burkholderia species dwell in association with rice, making this host and ideal model for burkholderia/plant interactions. The taxonomy of burkholderia delineates a frontier between the Burkholderia genus, grouping the majority of pathogenic species, and the Paraburkholderia genus, mainly phytobeneficial and environmental species. This thesis project strived to characterize the genetic frontiers between species of both genera that share the capacity to interact with rice. First, we explored the taxonomic diversity for 124 rice-isolates using dedicated markers (16S and recA), and went into a more detailed analysis for a subset of 12 supposedly different species suing whole genome sequencing. We developed the intraspecific diversity of B. cenocepacia strains which we had found to be rice associated This was unexpected for this human pathogen and led us to describe a new species, with improved plant interaction abilities (which we propose to name B. servocepacia). We then explored the genetic bases regulating plant-adaptation of Burkholderia and Paraburkholderia species using two complementary approaches. We first undertook a transcriptomic profiling of the reaction to root exudates for six rice-isolates belonging to either genus. We thus demonstrated a strain specific response of the early plant-sensing, independent of the strain's taxonomic attribution. We also listed the principal functions involved in exudate sensing. Our second approach focused on the rice endophyte models B. vietnamiensis LMG10929 (Bv) and P. kururiensis M130 (Pk) for which we undertook a high-throughput genetic screening of insertion mutant libraries (Tn-seq), during the root surface colonization step of two rice cultivars belonging to Oryza sativa ssp. japonica and Oryza sativa ssp. indica. We noticed a strong disparity in the adaptation for rice colonization between Bv and Pk as the display genetic requisites that differ in nature and number. Furthermore, we demonstrated a host-dependent adaptation for root colonization from both strains. Finally, we investigated on the distribution of type III secretion systems (T3SS) within burkholderia. We describe two novel T3SS types and in one instance, demonstrate its role in plant colonization for Bv. The thesis is concluded by a general discussion, summarizing the results of this project and situating them in the context of adaptative frontiers for plant interactions between Burkholderia and Paraburkholderia.