Ould Abderrahmane Abdelkader "Kaki" ou l'expérience d'un théâtre populaire en Algérie

par Laïd Bellatreche

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations

Sous la direction de Luc-Willy Deheuvels.

Thèses en préparation à Paris, INALCO , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) , en partenariat avec Institut national des langues et civilisations orientales (Paris) (établissement de préparation) depuis le 01-10-2008 .


  • Résumé

    Ould Abderrahmane Abdelkader dit Kaki (1934-1995), dramaturge algérien est l’auteur de plus de quarante œuvres théâtrales. Indifférent aux louanges faciles, chaque œuvre primée lui redonne matière à revenir sur lui-même et d’agir à rebours de son succès. Arpenteur de la culture populaire, il n’eut de cesse à scruter les différentes théories du théâtre universel. C’est dans le patrimoine populaire algérien et les courants du théâtre occidental, deux tendances apparemment opposables, que Kaki cultiva son théâtre. L’ancrage dans la tradition culturelle populaire et la pratique du meddah inspirent l’art de Kaki dans ce qui s’appellera désormais le théâtre de la halqa. Entre la véhémence du verbe d’un meddah dans son règne absolu et les contingences de la scène se cristallise la dramaturgie de cet auteur. Loin d’une simple configuration géométrique, ce théâtre se distingue par l’usage du dialecte comme médium de communication et le choix de thèmes abordés dans les contes populaires. L’impact de Brecht est déterminant, mais la distanciation est aussi le propre du meddah. C’est dans ce carrefour de théâtre que verra le jour une œuvre majeure : al Garrâb wa al Sâlhîn (Le Porteur d’eau et les trois Marabouts). Elle est l’image d’un théâtre authentique agrémenté par des techniques modernes. A travers son théâtre, l’auteur a réhabilité la halqa comme mode de communication. Plus qu’un espace de distraction, elle devient une tribune de contestation. Etudier l’œuvre de Kaki permet de cerner l’esthétique d’un art dramatique digne d’être une grande expérience d’un théâtre populaire en Algérie.


  • Résumé

    Ould Abderrahmane Abdelkader better known by his stage name Kaki (baptised 1934-1995), was an Algerian drama playwright, prolific author of over forty theatrical works. Uninterested to easy commendations, each prize was an opportunity for self-criticism, to re-think his success. Interested in popular culture, he explored several universal theatre theories. He was largely influenced by the Algerian popular heritage as well as the western theatre, two tendencies that could sound as opposite. Inking in popular cultural tradition and practice of the meddah inspire the art of Kaki in what will be the so-called theatre of the halqa. Kaki's dramaturgy stands between the verbal vehemence of a meddah in an absolute reign, and the constraint of the stage. Far from being a simple geometric shape, this theatre distinguishes itself by the usage of dialect as way of communication as well as the choice of topics approached in popular stories. Brecht’s influence is decisive, nevertheless the distance is also the particularity of the meddah. In this melting pot of theatre originates a major work: al Garrâb wa al Sâlhîn (Le Porteur d’eau et les trois Marabouts): It is the picture of a genuine theatre with modern techniques. Across his theatre, the author rehabilitated the halqa as way of communication. More than entertainment, it becomes a stand of protest. Studying Kaki’s work allows surrounding the aesthetics of a drama, worthy of being a massive experience of a popular theatre in Algeria.