DESTIM - La DEpersonnalisation comme Stratégie de Détachement Immédiat à la Menace : mesure des cibles de détachement et mise en évidence des facteurs la favorisant

par Tiphanie Weber

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Sophie Berjot.

Thèses en préparation à Reims , dans le cadre de Ecole Doctorale Sciences Humaines et Sociales , en partenariat avec (C2S) - Laboratoire de psychologie Cognition Santé Socialisation (laboratoire) depuis le 02-11-2017 .


  • Résumé

    Le burnout est un syndrome multidimensionnel composé de trois dimensions que sont l'épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le manque d'accomplissement personnel (Maslach, 1982b). Initialement décrit chez les professionnels de santé, il a peu à peu été étendu à toutes les professions (Maslach & Jackson, 1984; Maslach, Schaufeli, & Leiter, 2001), et, plus récemment à d'autres contextes connexes au travail, tel le contexte des études et de la scolarité (Schaufeli, Martínez, Marques Pinto, Salanova, & Bakker, 2002). A chacun de ces contextes sont associées des mesures (pour la conceptualisation de Maslach et collaborateurs, le Maslach Burnout Inventory dans ses différentes versions évalue le burnout) reprenant chacune de ces trois dimensions. Si les qualités psychométriques de ces outils ne sont pas à remettre en question, la définition et l'opérationnalisation de la dimension de ‘dépersonnalisation' pose toutefois problème. En effet, alors que dans le contexte de la relation d'aide, cette dimension est définie et opérationnalisée comme une "attitude détachée envers les patients" (ou bénéficiaires de l'aide plus généralement), elle est, dans le contexte plus général du travail, opérationnalisée comme une "attitude détachée et un cynisme envers le travail et sa nature". Les mesures du burnout auprès des étudiants reflètent également ces différences définitoires puisque selon les auteurs, la dépersonnalisation est considérée soit comme un détachement des études (Schaufeli et al., 2002), soit comme un détachement et un manque d'intérêt envers le travail universitaire ou scolaire (Salmela-Aro, Kiuru, Leskinen, & Nurmi, 2009), soit comme un détachement et un désintérêt des camarades et des enseignants (Genoud & Reicherts, 2008). Si cette dimension de dépersonnalisation/cynisme est conceptualisée et mesurée de façon distincte selon les contextes et les auteurs, le point commun de toutes ces définitions et opérationnalisations est l'attitude de l'individu envers son contexte (e.g., envers le travail, les patients, les études) qui s'en détache progressivement et devient cynique. Cette façon de concevoir la dépersonnalisation rejoint d'ailleurs un commentaire de Demerouti, Mostert, and Bakker (2010), qui décrivent ce symptôme comme une forme de désengagement, qui dans le contexte de la relation d'aide, est dirigée spécifiquement envers les bénéficiaires (Demerouti et al., 2010, p. 211). Elle est également cohérente avec la conceptualisation de la dépersonnalisation comme une stratégie de faire face aux conditions délétères de travail et à l'épuisement émotionnel qui en résulte (Cherniss, 1980; Maslach, 1993; Maslach et al., 2001). Les objectifs de cette recherche sont de montrer que la dépersonnalisation devrait plutôt être conçu comme 1) un détachement global envers des différentes sortes de cibles (e.g., travail, collègues) et 2) comme une stratégie de faire face utilisée en réaction à des conditions de travail délétères. Pour explorer le premier point, de nouveaux instruments seront créés et confrontés à ceux déjà existants. Une fois ces instruments validés, l'objectif est de les utiliser pour mettre en évidence les facteurs spécifiques qui peuvent prédire le type de détachement qu'un individu peut choisir. Pour explorer le second point, nous conduirons plusieurs expérimentations de façon à faire apparaitre ces stratégies.

  • Titre traduit

    DESTIM - Depersonalization as an immediate strategy of detachment to the threat: measure of detachment targets and demonstration of the factors which promote it


  • Résumé

    Burnout is a multidimensional syndrome composed of three dimensions which are emotional exhaustion, depersonalization and reduced personal accomplishment (Maslach, 1982b). Initially described among health professionals, the concept has been extended over all professions (Maslach & Jackson, 1984; Maslach, Schaufeli, & Leiter, 2001) and, more recently to other contexts such as academics and educational (Schaufeli, Martinez, Marques Pinto, Salanova, & Bakker, 2002). Burnout in each of these contexts is assessed by the way of distinct scales (according to the conceptualisation of Maslach and collaborators, the Maslach Burnout Inventory in these different versions, evaluates burnout). If the psychometric qualities of these instruments should not be questioned, the definition and the operationalisation of the depersonalization dimension needs work. In the context of care professions, this dimension is defined and operationalised as a "detached attitude toward the patients" (or recipients more generally). In a more general context at work, the depersonalization dimension is operationalised as a "detached attitude and a cynicism toward the work and the nature of work". The burnout measures in the academic context highlight these ambiguities as the depersonalization is considered differently according to authors: in one case as a detachment toward studies (Schaufeli and al., 2002), in another case as a detachment and a lack of interest toward the university or educational work (Salmela-Aro, Kiuru, Lesiknen, & Nurmi, 2009), or still in another case as a detachment and a disinterest toward comrades and teachers (Genoud & Reicherts, 2008). If this dimension of depersonalization/cynicism is conceptualized and measured with different ways according to the context and the authors, they all consider this dimension as a detachment toward one or several targets (e.g. studies, colleagues, teachers). The person becomes detached progressively from elements of the context and becomes cynic. This conception of depersonalization is coherent with that of Demerouti, Mostert, and Bakker (2010) who consider this symptom as a form of disengagement which is guided toward the recipients in the help relationship context (Demerouti and al., 2010, p. 211). It is also coherent with the conception of depersonalization as a strategy aimed at coping with the deleterious working conditions and the emotional exhaustion that accompanies it (Cherniss, 1980; Maslach, 1993; Maslach and al., 2001). The aims of this research are to highlight that depersonalization would be better conceived as 1) a global detachment toward targets of different kind (e.g., work, colleagues) and 2) as a coping strategy used in reaction to deleterious working condition. To explore the first point, new instruments will be created and confronted with existing ones. Once these instruments have been validated, the aim is to use them to highlight specific factors that might predict the type of detachment an individual will chose. To explore the second point, we will run several expriments so as to make these strategies appear.