LE THEME DE L'ECOLE DANS LA LITTERATURE DE JEUNESSE CONTEMPORAINE- FORMES ROMANESQUES SPECIFIQUES

par Roxana Matei

Projet de thèse en Langue et Littérature Françaises

Sous la direction de Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval.

Thèses en préparation à Paris Est en cotutelle avec l'UNIVERSITE AL I CUZA IASI , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Lettres, Idées, Savoirs (Créteil) (laboratoire) depuis le 01-09-2015 .


  • Résumé

    En tant que professeur de FLE, je constate que j'enseigne à des enfants attirés de plus en plus par les sciences exactes, au détriment des sciences humaines. Mais cet engouement pour le concret ne les aide pas à devenir des personnes complexes car leurs intelligences sociale et émotionnelle ne peuvent pas se développer par une simple acquisition de notions arides de mathématiques ou de physique. Ce n'est pas seulement grâce à ces matières qu'ils vont trouver des réponses à leurs interrogations existentielles. Il faut leur fournir aussi des textes littéraires adaptés à leurs âges, pour qu'ils apprennent à y plonger, afin d'y trouver des réponses aux questions inévitables qui surgissent à chaque étape de leur vie. Dans ma thèse Le thème de l'école dans la littérature de jeunesse contemporaine-formes romanesques spécifiques, je me propose d'aborder deux approches différentes : une analyse littéraire de mon corpus et une approche didactique. Pour la partie d'analyse littéraire de ma thèse, j'envisage de voir quelles formes romanesques utilisent quelques écrivains de la littérature de jeunesse contemporaine, afin de susciter la curiosité des jeunes lecteurs, de s'approcher d'eux et de les faire chercher au fond d'eux-mêmes. Par quels moyens créent-ils l'intérêt romanesque et quels sont les différents styles qu'ils utilisent ? Les écrivains que j'ai choisis pour mon corpus sont : Daniel Pennac, Marie Desplechin, Susie Morgenstern et Erard Cédric. Tous peignent l'univers de l'école, un monde dans lequel chaque enfant ou adolescent passe une bonne partie de son existence. Leur écriture est très appréciée parce qu'elle obéit aux exigences de la littérature de jeunesse actuelle qui veut que les formes narratives soient conditionnées par l'âge et les besoins des enfants. La priorité est donnée aux phrases courtes et à l'humour, au détriment de longues descriptions, ces écrivains laissant intervenir les événements cruciaux pendant les échanges des personnages. Pour établir exactement quel cadre théorique se prête mieux à l'analyse de l'écriture de leurs œuvres, je suis maintenant au stade de l'appropriation de plusieurs axes théoriques. Je me familiarise avec les théories sur la narratologie, les théories de réception du texte littéraire pour la jeunesse dans ses formes variées (roman, autobiographie et roman-journal) et celles sur les relations entre le narrateur et le lecteur. Pour cela, je lis les théories de Gérard Genette (sur la perspective narratologique, l'espace, le temps dans le roman), celles de Vincent Jouve sur l'effet-personnage, de Gadamer (lecture de tâtonnements, l'importance des questions, etc) et je m'approprie des notions multiples telles : le caractère inépuisable du texte, le rôle du langage dans l'interprétation du texte, l'horizon d'attente, le lecteur implicite (Iser), le lecteur modèle (Eco). De plus, comme le corpus choisi est composé de quatre romans, deux romans-journaux et un roman- autobiographique, je dois savoir jongler avec les caractéristiques spécifiques de ces formes romanesques et analyser comment ces formes romanesques sont adaptées à la littérature de jeunesse. Les œuvres que je vais analyser sont : Comme un roman ; Kamo et moi ; Kamo, L'idée du siècle ; Chagrin d'école de Pennac. Le journal d'Aurore 1- Jamais contente ; Le journal d'Aurore 2- Toujours fâchée ; Le journal d'Aurore 3-Rien ne va plus de Marie Desplechin. La sixième et Margot Mégalo de Susie Morgenstern. Mémoire d'un sale gosse de Cédric Erard. Ces écrivains offrent aux lecteurs deux perspectives opposées sur le système scolaire: l'image de l'élève faible qui se considère la victime de tous (chez Daniel Pennac, Marie Desplechin et Cédric Erard) et l'image de l'élève brillant (chez Susie Morgenstern). Je me propose d'analyser et de comparer ces deux points de vue. On nous présente avec finesse les problèmes rencontrés par l'élève brillant (son incompréhension envers les élèves faibles, sa solitude parce qu'il est considéré trop studieux) ou au contraire le drame de l'élève avec de très mauvaises notes. Les thèmes qu'ils développent sont : l'inquiétude du cancre envers sa propre existence, l'impossibilité de se comprendre soi-même, la douleur partagée entre cet élève-problème, ses parents et ses professeurs, son désir d'être aimé, le rôle de l'école, la pression de la famille, l'envie de fuir, la honte, le désir de faire partir d'une bande, le besoin de vengeance, le désir d'amadouer les professeurs, etc… En tenant compte des caractéristiques essentielles du roman, de l'autobiographie et du roman-journal, je vais analyser l'écriture autobiographique de Chagrin d'école, celle du roman-journal des trois tomes du Journal d'Aurore et Mémoire d'un sale gosse et celle romanesque de Kamo et moi, Kamo, L'idée du siècle, La sixième et Margot Mégalo. En choisissant ces œuvres, je propose donc, dans ma future thèse, une analyse de tous les aspects de l'univers de l'école envisagés par ces écrivains, une comparaison des différents discours qu'ils adoptent pour présenter le monde de l'école et une analyse du rapport de connivence qui s'établit entre eux et leurs lecteurs adolescents. J'envisage aussi de réaliser, par l'intermédiaire de cette recherche, plusieurs séquences didactiques, basées sur des fragments de mon corpus, afin de vérifier comment le public jeune roumain arrive à s'approprier la lecture, à l'interpréter et à trouver des réponses à ses questionnements existentiels. Pour cela, je vais utiliser non seulement des questions ouvertes, simples, pour aider les élèves à construire le sens de ce qu'ils lisent, mais aussi des débats interprétatifs et des moments d'écriture, afin qu'ils comprennent mieux les états d'âme des personnages et leurs propres angoisses. Avant de passer à l'analyse complexe de tous les aspects de l'univers de l'école chez les écrivains mentionnés ci-dessus, j'ai l'intention de consacrer un chapitre introductif à la littérature de jeunesse, afin de présenter son évolution par siècles. Et comme ma thèse s'intéressera de près au monde de l'école, une présentation diachronique de l'univers de l'école en littérature s'impose. Ma recherche réservera donc une partie aux œuvres de fiction qui ont surpris avec finesse la variété de scènes scolaires telles la lecture, la relation professeur-élèves, élève-élève, le cancre versus l'élève brillant, les conflits variés, etc. Je présenterai donc les écrivains qui surprennent beaucoup de choses de l'âme de l'enfant car depuis le XIXème siècle, l'enfant devient un personnage central, en commençant par Louis Lambert de Balzac (1832), Le Petit Chose d'Alphonse Daudet (1868), Poil de Carotte (1898), ou les personnages de Jules Vallès et de Léon Frapié.

  • Titre traduit

    THE UNIVERS OF SCHOOL IN CHILDREN's LITERATURE- SPECIFIC NARRATIVE FORMS


  • Résumé

    In my thesis, I will discuss about different aspects of school in French literature. I will analyse different literary forms adopted by french writers and I will compare their various ways to make children curious and interested in literature. I will also select some paragraphs from the chosen writers and I will create activities for my classes.