Le "Monde" social du Graffiti. Comparaison internationale - Montréal et Rennes.

par Aude Le Saux

Projet de thèse en Sciences sociales

Sous la direction de Dominique Bodin.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Mon travail de recherche porte sur l’analyse du monde social du graffiti – voire des mondes sociaux - (Shibutani, 1955 ; Strauss, 1978 & Becker, 1982). Il s’agit, plus précisément, d’une étude de type socio-anthropologique qui vise à engager une réflexion sur les enjeux que le graffiti soulève en termes de « mieux vivre ensemble dans la ville ». La question de départ de cette recherche était de savoir : en quoi les différentes pratiques du graffiti peuvent-elles contribuer ou, au contraire, nuire au bien vivre ensemble dans la cité ? Cette pratique culturelle (ici entendue comme une pratique hétérogène) sera considérée toute à la fois comme un instrument de régulation (lieu de rencontres, de production des identités (individuelles et collectives), de « création/entretien » de lien social) et de dérégulation (choc culturel, violence réelle ou symbolique) interculturel mais aussi intergénérationnel. Une analyse comparative à « échelles multiples » (au sens de Bromberger, 1995) a été amorcée, intégrant : • Des observations (directes, participantes et participantes-observantes ), • Des entretiens (du récit de vie à l’entretien semi-directif) avec différents acteurs (principalement des graffeurs et des gestionnaires d’actions publiques (au sens large), afin de mettre en exergue : • Qu’est-ce que faire du graffiti pour les graffeurs ? • Quels sont les contrôles sociaux (Becker, 1963) qui se sont développés en réaction à cette pratique culturelle ? (Analyses des politiques publiques, des difficultés rencontrées et les avancées en matière de dialogue interculturel, les procédures et évaluations mises en œuvre, ou non, etc.) • De quelles manières les graffeurs ont interagi – et interagissent – avec ces divers contrôles sociaux ? Et, quelles incidences sur les façons de faire du Graff’ ? Cette comparaison, pour rester raisonnée et raisonnable, porte sur les villes de deux pays et, plus précisément : • Au Canada (Québec) sur le Ville de Montréal (à l’échelon de quatre arrondissements quant à l’étude des actions publiques : le Plateau Mont-Royal, Ville-Marie, Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce et Lachine) • Et en France, sur la ville de Rennes. Ce travail ambitionne donc de traiter la question de l’actualité de la diversité culturelle, sous l’angle d’une pratique culturelle, particulière (elle peut être qualifiée de marginale et déviante) et précise : le graffiti. Mais aussi, d’analyser les écarts « de management » des politiques publiques (différences/similitudes) à partir des enjeux d’une transcription politique de la gestion de la pratique du graffiti dans différentes villes/pays.

  • Titre traduit

    The social "world" of Graffiti. International comparison - Montreal and Rennes.


  • Résumé

    My research focuses on the analysis of the social world of Graffiti – or even social worlds- (Shibutani, 1955 ; Strauss, 1978 & Becker, 1982). It is more precisely a socio-anthropological study which aims at engaging a reflection on the stakes that Graffiti raises in terms of "better live together in the city". The starting point of my research was to know: how can the various Graffiti practices contribute to or, on the contrary, harm “well-being together in the city”? This cultural practice (understood as a heterogeneous practice) will be considered both as an instrument of regulation (place of encounters, production of identities (individual and collective), creation / maintain of social link) and deregulation (culture shock, real or symbolic violence) intercultural but also intergenerational. A multi-scale comparative analysis (as defined by Bromberger, 1995) was initiated: • Field Observations (direct and participant - participating-observing-) • Interviews (from life story to semi-directive interview) with different actors (mainly writers (graffiti-artists) and managers of public actions (in the broad sense), in order to highlight: • What is making (doing) graffiti for writers ? • What social controls (as defined by Becker, 1963) have been developed in response to this cultural practice? (analyzes of public policies, difficulties and advances in terms of intercultural dialogue, procedures and evaluations, etc.) • How the writers have interacted with these various social controls ? And, what are the impacts on their ways of making graffiti? This comparison, in order to remain “reasoned and reasonable”, concerns the cities of two countries and, more precisely: • In Canada (Quebec), the city of Montreal (at the level of four boroughs for the study of public actions: Plateau Mont-Royal, Ville-Marie, Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce and Lachine) • And France, the city of Rennes The aim of this work is to handle “the issue” of cultural diversity, under the angle of a “cultural, particular and precise practice” : Graffiti Writing. But also to analyze the "management" gaps (differences/similarities) in public policies from the stakes of a political transcription of the management of the practice of graffiti in different cities / countries.