La théorie de la connaissance historique chez Leibniz

par Babette Chabout combaz

Projet de thèse en Philosophie, epistemologie

Sous la direction de Justin Smith et de Christian Leduc.

Thèses en préparation à l'Université de Paris (2019-....) en cotutelle avec l'UNIVERSITE DE MONTREAL , dans le cadre de SAVOIRS SCIENTIFIQUES : ÉPISTÉMOLOGIE, HISTOIRE DES SCIENCES ET DIDACTIQUE DES DISCIPLINES , en partenariat avec SPHERE (equipe de recherche) depuis le 05-09-2017 .


  • Résumé

    L’objectif de cette thèse est d’établir la possibilité d’une influence de la pratique historiographique de Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) sur sa métaphysique, d’étudier comment ses tâtonnements empiriques et ses questionnements pratiques l’ont amené à faire évoluer les problèmes plus théoriques de sa métaphysique, en particulier le concept du temps. Cette étude se fera par le biais d’une méthodologie relevant à la fois d’une « histoire du concept d’histoire » (Reinhart Koselleck) et d’une « philosophie de l’historiographie » centrée sur une approche narrative de l’histoire (Paul Ricoeur). Pour aborder ce problème, il sera en premier lieu question de délimiter le champ sémantique de l’histoire, ce qui implique d’abord de définir la place sociale de l’historien au XVIIe siècle puis de déterminer les emplois de l’histoire dans l’espace public et privé à l’époque moderne. Ce que Leibniz considère lui-même comme étant « faire de l’histoire » sera étudié d’après sa correspondance avec ceux qu’il considère lui-même comme « historiens », c’est-à-dire les politiciens, naturalistes, amateurs d’histoires, antiquaires, médaillistes, journalistes, etc. Cette étude systématique permettra en outre d’étudier l’évolution de la méthode historique de Leibniz, c’est-à-dire, dans un deuxième temps, de mettre en évidence les différentes étapes de son travail, depuis la mise en place de différentes séries généalogiques jusqu’à la mise en récit, toute incomplète fut-elle, à travers ses différentes œuvres historiques (les « Accessiones historicæ » 1698-1700, les « Scriptores Rerum Brunsvicensium » 1707-1711, les « Annales Imperii Occidentis Brunsvicenses » 1843-1847 (posthume), sans oublier quelques passages du « Codex Juris Gentium Diplomatici » 1747) et, en particulier, à travers ses manuscrits inédits. A côté de problèmes épistémologiques plus classiques en histoire, comme l’usage et la portée de l’histoire universelle, le problème des témoignages et de la « fides historica », l’établissement d’une causalité historique, sera étudié plus particulièrement la manière dont la pratique généalogique a pu influencer le principe de continuité et la portée métaphysique de l'étude des relations humaines. Enfin, sera étudiée de manière diachronique la tension perpétuelle qui existe dans la pensée leibnizienne entre l’idée du temps comme succession, celle du temps comme causalité logique (par exemple dans l'étude généalogique), et celle du temps comme facteur de tranformation. A cette fin, une attention particulière sera accordée à la période 1680-1692, qui débute avec l’entrée en fonction de Leibniz en tant qu’historiographe princier et se termine avec les premières ébauches du projet de l’histoire du Brunswick, incluant la « Protogaea » (posthume, 1747), histoire de la terre précédant celle des hommes et racontée comme un récit (plutôt qu'un corps de doctrines énoncées de manière axiomatique par exemple). Cette période constitue un terrain d’expérimentation unique, mettant en scène plusieurs types d’enquêtes et de concepts d’histoire, le tout synthétisé dans un ensemble de récits configurés dans une histoire universelle projetée comme histoire « à-venir » et déjà présente dans l’histoire individuelle.

  • Titre traduit

    Leibniz's Theory of Historical Knowledge


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