La craie, la plume et la tribune : trajectoires d'intellectuelles engagées pour l'école laïque : france, années 1880-1914

par Melanie Fabre

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Vincent Duclert et de Rebecca Rogers.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Rebecca Rogers (codirectrice) depuis le 21-09-2017 .


  • Résumé

    Thèse dirigée par Vincent Duclert et Rebecca Rogers. Située au carrefour de l’histoire des intellectuels, de l’histoire de l’éducation et de l’histoire des femmes et du genre, cette thèse étudie la trajectoire d’une dizaine de femmes engagées dans la construction de l’école laïque sous la Troisième République, entre la période des lois scolaires et la Grande Guerre. Le but est d’analyser leur construction en tant qu’intellectuelles, tout d’abord en étudiant la manière dont elles accèdent à la culture savante, ensuite en analysant la façon dont elles mobilisent leur capital scolaire et leur expérience professionnelle dans l’instruction pour exprimer publiquement un point de vue critique. Il s’agit ainsi d’analyser leur contribution aux débats qui secouent la Troisième République, dans un contexte où l’instruction laïque cristallise les controverses. L’école laïque apparaît à leurs yeux comme la quintessence de la culture républicaine et la clé de voûte de la société démocratique à construire. La trajectoire personnelle et les engagements de ces femmes seront analysés à l’aune de la crise dreyfusarde, qui constitue une injonction à l’action et une période de refondation de la culture républicaine dans un contexte de « Guerre des deux France » marqué par la rivalité entre école laïque et école catholique. Leur parcours sera aussi étudié au prisme de la poussée féministe qui marque le passage du xixᵉ au xxᵉ siècle en questionnant l’institution scolaire. Ce travail s’intéresse à quelques personnalités, jusqu’alors méconnues de l’historiographie, qui évoluent dans le monde de l’instruction, qui s’engagent au quotidien dans leur profession, mais qui posent souvent la craie pour tremper leur plume dans l’encre de la polémique, sans hésiter parfois, n’en déplaisent aux détracteurs des « femmes savantes », à monter à la tribune.

  • Titre traduit

    Chalk, quill and platform : paths of female public intellectuals committed in the building of secular schooling : france (1880s-1914)


  • Résumé

    Work under the supervision of Vincent Duclert and Rebecca Rogers. This work is at the crossroads between intellectual history, history of education and women’s and gender history. Its goal is to analyse the course of life of around ten female public intellectuals as well as their commitment on behalf of secular [laïque] instruction. This work studies the period between the enactment of the school laws [lois scolaires] in the 1880s and the First World War, when the debates around secular school reach their peak in France. The goal is to analyse how several women become considered as public intellectuals. To do so, it is required to analyse how they get access to learned culture and to study the way they use their educational capital and their professional experience in the field of instruction to express a personal critical opinion in the public sphere. This study will analyse their contribution to the debates when secular instruction is a very controversial matter in a context of competition between secular school and Catholic school. The Dreyfus Affair plays a role in the commitments of these female public intellectuals because it questions the purposes of secular instruction and popular education and contributes to the rebuilding of the republican political culture. In the same way, the feminist thrust which appears at the end of the xixth and the beginning of the xxth century encourages these female intellectuals to question the scholastic institution. This work follows in the footsteps of several women, who were left in the shadow by historians, but who committed themselves in their job as teachers, as well as by taking up a pen to express their viewpoints on controversial matters and, sometimes, by coming to the tribune.