La ré-interrogation du concept de trames en architecture par le processus d'industrialisation du bâtiment en France des années 1950 à 1980.

par Manon Scotto

Projet de thèse en Urbanisme - Mention Architecture

Sous la direction de Catherine Maumi.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Sciences de l'homme, du Politique et du Territoire , en partenariat avec Métiers de l'Histoire de l'Architecture ; édifices, villes, territoires. (laboratoire) depuis le 01-01-2017 .


  • Résumé

    L'objectif de ce travail de recherche est double, soulevant d'une part une démarche propre à la discipline architecturale où il s'agit de questionner l'utilisation de la trame, du module, et de la combinatoire dans le processus de conception architecturale ; et de saisir d'autre part cet usage dans un réseau de facteurs multiples liés à la période des années 1950 à 1980 que sont l'incitation politique de l'Etat à l'industrialisation à partir de 1971 (Plan Construction, Modèles innovations, normalisation, etc.) ou encore l'apport de l'informatique (développement des logiciels de dessin et de modélisation). Nous proposons l'hypothèse selon laquelle l'innovation technique nourrit l'innovation de la conception en architecture, et où construire devient un processus à la fois technique et esthétique. Face à une sollicitation gouvernementale prônant une production architecturale préfabriquée, la trame constitue selon nous un outil de création essentiel de l'architecte pour penser l'architecture et ne pas se restreindre au rôle de l'ingénieur ou du constructeur. Dans un contexte actuel où la voix de l'architecte se voit parfois étouffée par celle des entrepreneurs ou des grands groupes de constructeurs, ce sujet réinterroge la portée créatrice de l'architecte face aux modes de production. Le projet de thèse déposé renvoie donc à des questions on ne peut plus présentes dans le débat contemporain, interrogeant la mission de l'architecte, l'évolution de sa pratique, dans un monde où les enjeux économiques, normatifs et industriels sont devenus omniprésents, tant dans la conception que la fabrication de l'architecture. En choisissant de questionner des pratiques et pensées architecturales qui se sont donné pour objectif d'explorer le potentiel offert par l'industrialisation et la préfabrication je me confronte à l'une des problématiques majeures à laquelle l'architecte doit faire face depuis l'entrée dans le XXe siècle. L'entrée par la trame est d'autant plus pertinente qu'elle permet de croiser les enjeux spécifiques à la conception architecturale avec les impératifs constructifs, pour interroger le processus de fabrication de l'architecture dans son entier. Cette recherche propose ainsi d'analyser les outils intellectuels de conception élaborés par l'architecte qui comprend les possibilités que représentent les procédés industriels de fabrication ou préfabrication du bâtiment, de manière à maîtriser l'ensemble de la chaîne et édifier une architecture qui ne soit pas le produit de l'industrie mais qui, au contraire, mette le potentiel industriel à son service.

  • Titre traduit

    Re-interrogation of the concept of wefts in architecture by the process of industrialization of the construction in France between 1950 and 1980.


  • Résumé

    The objective of this research is double, developping on one hand an approach of the architectural discipline where the main objective is to interrogate the use of the weft, the module, and the combinatorial in the process of architectural conception; and to seize on the other hand this use in a network of multiple factors linked to the period of the 1950s to 1980 with some political incentives of the State in the industrialization from 1971 (Plan Construction, normalization, etc.) or still the contribution of the computing (development of drawing and modeling softwares). We propose the hypothesis according to which the technical innovation feeds the innovation of the design in architecture, and where to build becomes a process at the same time technical and esthetic. In front of a governmental request advocating a prefabricated architectural production, the weft constitutes, according to us, an essential tool of creation of the architect to think the architecture and not content itself at the role of the engineer or builder. In a current context where the voice of the architect is sometimes suffocating by the one of the entrepreneurs or big groups of builders, this subject re-questions the creative impact of the architect in front of modes of production. This thesis project is perfectly integrated into a contemporary debate, questioning the mission of the architect, the evolution of its practice, in a world where the economic, normative and industrial stakes became omnipresent, both in the conception and the building of architecture. By choosing to question practices and architectural thoughts which gave for objective to explore the potential offered by the industrialization and the prefabrication, I'm confronted with one of the major problems which the architect has to face since the entrance in the XXth century. The approach of the subject by the weft is relevant as she allows to cross the stakes specific to the architectural conception with the constructive imperatives, to question in a complete way the manufacturing process of the architecture. This research suggests to analyse the intellectual tools of conception, developed by the architect who understands the possibilities that represent the industrial processes of manufacturing or prefabrication of the building, so as to control the whole chain and to build architecture which is not the product of the industry but which, on the contrary, puts the industrial potential to its service.