Réseaux sociaux numériques et gestion territorialisée des crises: MSGU à Paris et à Bruxelles

par Victor Santoni

Projet de thèse en Géographie

Sous la direction de Samuel Rufat.

Thèses en préparation à CY Cergy Paris Université , dans le cadre de Arts, Humanité, Sciences Sociales , en partenariat avec MRTE -Mobilités, réseaux, territoires et environnements (laboratoire) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    Depuis Sandy en 2012, les réseaux sociaux sont perçus comme une source potentielle d'information en cas de crise majeure. Les citoyens de la ville de New York ont utilisé le réseau social Twitter pour rendre compte en temps réel de la situation. Le citoyen équipé de son smartphone devient un citoyen-capteur. Il fournit une information depuis le terrain qui peut être utilisée en gestion de crise avec une instantanéité qu'aucune équipe de primo intervenant ne pourrait couvrir. En France, les pouvoirs publics sont présents sur les réseaux sociaux et ont intégré un volet Médias Sociaux en Gestion d'Urgences (MSGU) pour communiquer avec les populations pendant la crise. Pourtant, la communication ne semble s'effectuer que dans un seul sens, au détriment de la remontée d'information. Lors des évènements du 13 novembre 2015, l'information sur les réseaux sociaux n'a pas été prise en compte. Aujourd'hui l'application SAIP, présentée comme la réponse numérique à la gestion de crise n'est téléchargée que par 5 % de la population française et est l'objet de ratés qui discréditent l'action des services publics. L'enjeu est d'interroger la mobilisation de l'information sur les réseaux sociaux déjà établis (Facebook, Twitter, etc.) par les gestionnaires de crise en Ile-de-France et l'implication des citoyens et des territoires dans ces outils. Que peuvent changer les réseaux sociaux à la gestion de crise en Ile-de-France ? À quelle échelle l'utilisation de ces outils est-elle pertinente ? Au cours de mon M2, j'ai effectué une alternance à la Préfecture de Police à la Zone de Défense de Paris et écrit un mémoire sur l'intérêt des pouvoirs publics français pour les MSGU. Je vais compléter cette approche en allant rencontrer les collectivités locales, associations de quartiers et mouvements citoyens. Comment les citoyens et les territoires perçoivent-ils leurs rôles dans la descente et la remontée d'information ? Quelle est la meilleure échelle d'action ? Effet de mode ou vecteur de transformation des pratiques de gestion de crise ? Les MSGU entrent en résonance avec le principe d'intégration du citoyen dans la gestion de crise introduit par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004. Il existe des outils de quantification et de cartographie qui permettent de territorialiser et d'analyser la mobilisation des MSGU pendant les crises passées/présentes/futures. Mon corpus de crise s'étendra de 2015 à 2020. J'envisage d'éclairer ces analyses par des entretiens avec les principaux gestionnaires de crise sur le territoire francilien (Préfecture de Police, Ministère de l'intérieur, Mairie de Paris, etc.) afin de qualifier et de quantifier les informations « utiles » mais aussi avec les citoyens, associations et les collectivités. Enfin, j'envisage de comparer la situation avec la métropole de Bruxelles parce que la Belgique est souvent citée en exemple depuis les attentats de 2016.

  • Titre traduit

    Digital social networks and localized emergency management: SMEM in Paris and Brussels


  • Résumé

    MSGU et gestion de crise en Ile-de-France Depuis Sandy en 2012, les réseaux sociaux sont perçus comme une source potentielle d'information en cas de crise majeure. Les citoyens de la ville de New York ont utilisé le réseau social Twitter pour rendre compte en temps réel de la situation. Le citoyen équipé de son smartphone devient un citoyen-capteur. Il fournit une information depuis le terrain qui peut être utilisée en gestion de crise avec une instantanéité qu'aucune équipe de primo intervenant ne pourrait couvrir. En France, les pouvoirs publics sont présents sur les réseaux sociaux et ont intégré un volet Médias Sociaux en Gestion d'Urgences (MSGU) pour communiquer avec les populations pendant la crise. Pourtant, la communication ne semble s'effectuer que dans un seul sens, au détriment de la remontée d'information. Lors des évènements du 13 novembre 2015, l'information sur les réseaux sociaux n'a pas été prise en compte. Aujourd'hui l'application SAIP, présentée comme la réponse numérique à la gestion de crise n'est téléchargée que par 5 % de la population française et est l'objet de ratés qui discréditent l'action des services publics. L'enjeu est d'interroger la mobilisation de l'information sur les réseaux sociaux déjà établis (Facebook, Twitter, etc.) par les gestionnaires de crise en Ile-de-France et l'implication des citoyens et des territoires dans ces outils. Que peuvent changer les réseaux sociaux à la gestion de crise en Ile-de-France ? À quelle échelle l'utilisation de ces outils est-elle pertinente ? Au cours de mon M2, j'ai effectué une alternance à la Préfecture de Police à la Zone de Défense de Paris et écrit un mémoire sur l'intérêt des pouvoirs publics français pour les MSGU. Je vais compléter cette approche en allant rencontrer les collectivités locales, associations de quartiers et mouvements citoyens. Comment les citoyens et les territoires perçoivent-ils leurs rôles dans la descente et la remontée d'information ? Quelle est la meilleure échelle d'action ? Effet de mode ou vecteur de transformation des pratiques de gestion de crise ? Les MSGU entrent en résonance avec le principe d'intégration du citoyen dans la gestion de crise introduit par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004. Il existe des outils de quantification et de cartographie qui permettent de territorialiser et d'analyser la mobilisation des MSGU pendant les crises passées/présentes/futures. Mon corpus de crise s'étendra de 2015 à 2020. J'envisage d'éclairer ces analyses par des entretiens avec les principaux gestionnaires de crise sur le territoire francilien (Préfecture de Police, Ministère de l'intérieur, Mairie de Paris, etc.) afin de qualifier et de quantifier les informations « utiles » mais aussi avec les citoyens, associations et les collectivités. Enfin, j'envisage de comparer la situation avec la métropole de Bruxelles parce que la Belgique est souvent citée en exemple depuis les attentats de 2016.