La stratégie de communication du groupe État Islamique, sociologie d'un discours violent de propagande et de sa réception par le droit pénal français".

par Tiffen Le Gall

Projet de thèse en Sciences politiques - Cergy

Sous la direction de Xavier Crettiez.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec CESDIP - Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (laboratoire) depuis le 02-10-2017 .


  • Résumé

    Comment expliquer le succès de la diffusion et la réception d'un discours de propagande créé par une organisation terroriste moderne afin de terroriser et recruter, et tenter de l'endiguer grâce à l'apparition d'un droit pénal dérogatoire érigeant la propagande en infraction?  La problématique centrale de la recherche, qui sera consacrée à l'étude de la propagande djihadiste et à la lutte contre ce phénomène, se déclinera en deux volets complémentaires, la sociologie d'un discours de propagande et la sociologie de la réponse pénale. On va se demander comment se créé et se diffuse un discours de propagande violent et quelle est la réponse du droit pénal, c'est à dire comment celui-ci va s'adapter à l'apparition de ce phénomène nouveau posant un enjeu pour la sécurité nationale. La problématique centrale tournera donc autour de la compréhension du terme propagande et de sa réappropriation par l'organisation terroriste État Islamique, et plus largement par le terrorisme djihadiste moderne. Elle tournera autour de la compréhension de ce discours, de ses acteurs et de son succès pour terroriser et recruter, afin de comprendre comment s'est construite la réponse pénale en opposition à ce phénomène nouveau. On cherchera à comprendre comment le droit tente d'endiguer ce phénomène par la prévention et la sanction en créant et durcissant les infractions relatives à la consultation et à la diffusion de la propagande djihadiste, et comment la justice l'utilise pour condamner les aspirants djihadistes, pour finalement participer à ce que certains chercheurs appellent un droit pénal de l'ennemi. L'axe principal de la recherche tournera donc autour de la compréhension et l'analyse de ce discours, qui terroriste et recrute, et sa réception du point de vue de la société pénale. Nous analyserons dans un premier temps le discours proposé par l'État Islamique et ses acteurs, afin de comprendre comment celui-ci a émergé, quels sont les moyens mis en place pour le diffuser mais surtout pour comprendre comment celui-ci parvient à terroriser et recruter. Dans un second temps, nous étudierons les politiques pénales mises en place pour lutter et endiguer ce phénomène, les sanction qui s'appliquent aux personnes qui consultent et relaient ces fichiers. Nous nous intéresserons ici particulièrement à la manière dont l'émergence d'un discours violent peut contraindre le droit pénal à se saisir dans l'urgence d'un phénomène nouveau en s'appuyant sur un versant avant tout sécuritaire et punitif, préférant placer la sanction en amont de l'infraction. Si l'étude est principalement centrée sur le cas français, nous intégrerons une dimension comparative avec d'autres modèles juridiques, ou administratifs et sociétaux, notamment ceux en vigueur dans certains États membres de l'Union européenne, avec pour objectif d'analyser les dispositifs de lutte contre la radicalisation, et l'endiguement de l'accès à la propagande, mis en place dans ces pays et de les comparer au cas français. Enfin, si l'étude est limitée essentiellement à l'étude du groupe État Islamique, nous établirons quelques comparaisons avec d'autres groupes terroristes, notamment Al-Qaïda. L'étude impliquera un travail préliminaire de définition du terme « propagande » dont la définition péjorative est le fruit d'une construction progressive depuis le XIX ème siècle. On va retracer l'histoire du terme propagande, ses origines, son cheminement, et chercher à montrer comment celle-ci est devenue aujourd'hui une arme de guerre employée par les terroristes djihadistes, c'est à dire comment nous sommes passé d'une propagande d'État à une propagande de terreur, et pourquoi une organisation terroriste a repris les ressorts de la propagande de guerre et de la propagande de masse pour créer une arme de terreur et de recrutement visant à semer le chaos. On tendra donc à montrer les parallèles pouvant être fait avec la propagande d'État et également les singularités de cette propagande djihadiste. On cherche à montrer comment cette mutation de la propagande a ensuite été reçue par la société civile, pourquoi et comment elle a intégré le champ pénal, de quelle manière la lutte contre la propagande terroriste a contribué à ce que certains chercheurs appellent le droit pénal de l'ennemi, c'est à dire un régime dérogatoire répressif, suscitant des incompréhensions chez certaines personnes poursuivies pour des faits de terrorisme ou simplement pour des infractions en lien avec la consultation et le relais de la propagande. On veut montrer ce qu'est un discours de propagande terroriste moderne et d'où il tire ses racines. Il s'agira finalement d'analyser comment réagi notre système pénal, dans l'urgence et face à ce phénomène nouveau. On intégrera à ces questions celle de la sociologie des émotions, c'est à dire du rôle joué par les émotions pour expliquer le succès du discours de propagande proposé par le groupe terroriste, et exacerbé par les moyens de communication de masse. Dans une première partie on va s'attacher à définir ce que recouvre le terme propagande, ses origines, son histoire et les réalités diverses qu'elle recouvre et désigne, et notamment comment celle-ci est devenue un terme péjoratif assimilé au mensonge, à la tromperie, mais surtout à la manipulation. On s'intéressera notamment à la propagande d'État, totalitaire et à la manipulation des masses même en démocratie, aux différentes théories qui ont vu le jour sur le sujet, pour ensuite y intégrer la question des violences politiques et terroriste, et faire intervenir la question des émotions, on va expliquer pourquoi et comment la propagande peut être intrinsèquement liée à la question des émotions ; surtout en matière de terrorisme, en effet, elle cherche à faire naître des émotions pour faire naître des réactions, des mobilisations, et parfois de la violence. On pourra alors proposer une définition du terrorisme et son évolution à travers l'histoire et à travers plusieurs vagues jusqu'à la vague actuelle qui est le terrorisme religieux et notamment islamique. On va expliquer que la propagande est un phénomène qui évolue avec une société en mutation et notamment avec l'évolution des moyens de communication de masse, de la naissance d'une société 2.0 avec internet. On terminera en expliquant que des groupes extrémistes et terroristes ont su exploiter le potentiel de la propagande, des techniques modernes et de la communication de masse pour en faire une arme de guerre, visant à recruter (en s'inspirant par exemple des techniques de l'armée) et à terroriser pour semer le chaos, diviser la société. On peut citer Al-Qaïda comme précurseur, mais le modèle le plus aboutie est sans conteste celui de l'État Islamique qui a su créer une véritable stratégie de communication grâce à une propagande multiple, moderne, et largement diffusée pour atteindre le plus grand nombre. La question de la propagande est alors devenue centrale à toutes les affaires ayant trait au terrorisme islamiste, obligeant le droit à réagir de manière toujours plus sécuritaire, élargissant le champ des infractions, participants à la création d'un droit spécial, dérogatoire, basé sur l'émotion, et la terreur, en réponse à une demande sécuritaire. Comprendre ce discours et ses acteurs c'est adapter les moyens de lutte, c'est comprendre comment notre droit cherche à lutter contre ce phénomène. Dans une seconde partie, on proposera une analyse de ce discours et de ses acteurs, c'est à dire du contenu, des objectifs et ressorts émotionnels mobilisés et mis en avant par les différents supports utilisés par le groupe. On va chercher à comprendre ce qui fait l'efficacité de ce discours grâce à son contenu, ses moyens modernes de diffusion et ses acteurs. On va donc proposer une typologie des registres de cette propagande, au nombre de trois, le recrutement (ou séduction), l'enracinement dans la cause et la terreur, ainsi qu'une analyse de leur mise en scène en s'appuyant sur l'étude d'un corpus composé des différents supports de propagande utilisés par le groupe, c'est à dire l'image, l'écrit et le son (la vidéo, la photo, les revues et les chants). On va proposer une étude de la construction des images qui naissent dans un contexte, des conditions de production, de diffusion, et proposer une sociologie des registres des émotions à partir de ces documents, c'est à dire montrer comment fait-on pour analyser les émotions véhiculées par les images, que ces émotions suscitent de l'action. On va s'interroger sur la manière dont est pensé, créé, diffusé, ce discours et dans quels buts, quels sont les objectifs derrière ce travail colossal de communication, derrière tous les moyens développés et mis en place pour cela et comment ceux ci sont atteints. On s'interrogera pour cela sur la capacité du groupe à s'adapter à sa cible , à recruter et à faire peur. On va également montrer à quoi sert la terreur, comment la propagande aide à la réalisation d'un projet politique tel que le rétablissement du califat. En s'appuyant sur un corpus suffisamment large on va proposer de décrypter ce discours, les supports, les typologies, les méthodes, et les registres notamment émotionnels, le rôle des émotions, qui le composent et les méthodes permettant d'y parvenir. Ce corpus se compose essentiellement de la documentation traduite en français et en anglais, et qui s'adresse donc à l'occident. On va également souligner l'importance du perfectionnement des moyens de diffusion, et explorer les failles du droit et de nos États démocratiques, particulièrement en France, pour lutter contre ce phénomène, contre l'invasion sur internet de ces discours radicaux et ces images de violence. Cette partie nous permettra de nous interroger sur l'émergence d'un discours violent, sur la propagande comme arme de guerre et de recrutement, et sur les acteurs de ce discours, ceux qui créé, ceux qui reçoivent, ceux qui rejettent et ceux qui adhèrent. Dans une troisième partie on s'interrogera sur la manière dont la réappropriation de la propagande par le terrorisme moderne est venue bouleverser le droit et la justice en France. Le droit s'est saisie de cette question avec une volonté de lutte, dans une démarche sécuritaire, en opposition à ce phénomène qu'il cherche à la fois à endiguer et instrumentaliser. Il s'agit de lutter mais aussi d'utiliser, on va lutter en créant de nouvelles infractions en lien avec la propagande et sa consultation, sa diffusion, on va durcir l'infraction touchant à l'apologie du terrorisme, et également l'utiliser à des fins de condamnation durant les procès ; consulter, relayer de la propagande devient un élément à charge mais également une infraction à part entière. Il s'agira ici de s'interroger sur la réponse du droit et de la justice qui s'est faite dans l'urgence face à la menace que représente la propagande djihadiste. On remarquera que la question de la propagande est partout, dans les procès comme dans la presse, elle fait partie de tous les dossiers et est citée de manière systématique dans les processus de radicalisation. On s'intéressera à la manière dont celle-ci s'intègre dans ce que certains chercheurs ont appelé « le droit pénal de l'ennemi » et qui désigne l'idée qu'aurait été créé dans l'urgence un système juridique dérogatoire réservé aux questions liées au terrorisme permettant notamment d'intervenir avant l'acte constitutif de l'infraction qui touche à l'entreprise terroriste, un système à la fois préventif, sécuritaire et strict. La consultation de propagande, en tant qu'élément à charge et circonstance aggravante, va permettre la condamnation en amont de tout acte terroriste et donc d'écarter des individus potentiellement, et non nécessairement, dangereux. Nous verrons également comment la propagande de terreur peut manipuler une société, et l'opinion publique, en citant notamment la question de la déchéance de nationalité, la question des enfants de djihadiste et de la peine de mort avec le cas des français poursuivis, jugés et condamnés, parfois à mort, en Irak et au Kurdistan. A ce titre faire un travail d'entretiens avec des magistrats, des avocats, mais également des associations ou des instituteurs pourraient s'avérer très intéressant, nous pourrons ainsi bénéficier des premiers entretiens et contacts que nous avons établi avec différentes personnalités évoluant dans ces milieux. En conclusion, le travail critique que nous proposons a pour objectif de mettre en évidence les lacunes et les limites d'un appareil répressif qui s'est construit dans l'urgence, en réponse à un phénomène nouveau, d'abord sous estimé et sous étudié, qui a déstabilisé les populations comme les institutions. L'objectif de cette étude analytique et critique sera de proposer une analyse d'un discours violent qui recrute, et des solutions destinées à améliorer la prévention contre la propagande djihadiste, et le travail de contre propagande.

  • Titre traduit

    "The communication strategy of the Islamic State group, sociology of a violent propaganda speech and its reception by French criminal law".


  • Résumé

    How to explain the success of the broadcast and the reception of a propaganda speech created by a modern terrorist organization in order to terrorize and recruit, and to try to stem it thanks to the creation of a derogatory criminal law transforming the propaganda as an offense ? The central issue of the research, which will be devoted to the study of jihadist propaganda and the fight against this phenomenon, will be divided into two complementary parts, the sociology of a propaganda discourse and the sociology of criminal law response. We will ask ourselves how is created and diffused a violent propaganda speech and what is the response of the criminal law, how it will adapt to the appearance of this new phenomenon posing a challenge for the national security. The central issue will therefore be about the understanding of the term propaganda and its reappropriation by the terrorist organization Islamic State, and more broadly by modern jihadist terrorism. It will be about the understanding of this speech, its actors and its success in terrorizing and recruiting, in order to understand how was constructed the criminal law response in opposition to this new phenomenon. We will seek to understand how the law attempts to stem this phenomenon through prevention and punishment by creating and hardening offenses relating to the consultation and dissemination of jihadist propaganda, and how justice uses it to condemn jihadist aspirants , to finally participate in what some researchers call a criminal law of the enemy. The main focus of the research will therefore be about the understanding and analysis of this speech, which is terrorising and recruiting, and its reception from the point of view of criminal society. We will first analyze the discourse proposed by the Islamic State and its actors, in order to understand how it emerged, what means are put in place to disseminate it but especially to understand how it manages to terrorize and recruit. In a second step, we will study the penal policies put in place to fight and stop this phenomenon, the penalties that apply to the people who consult and relay these files. We will focus here on how the emergence of violent discourse can force the criminal law to seize the urgency of a new phenomenon by relying on a primarily safe and punitive side, preferring to place sanction prior to the offense. If the study is mainly focused on the French case, we will integrate a comparative dimension with other legal, administrative or societal models, notably those in force in some EU Member States, with the aim of analyzing anti-radicalization measures, and the containment of access to propaganda, set up in these countries and to compare them with the French case. Finally, if the study is limited mainly to the study of the Islamic State group, we will establish some comparisons with other terrorist groups, including al-Qaeda. The study will involve preliminary work defining the term "propaganda", the pejorative definition of which is the result of a progressive construction since the nineteenth century. We will trace the history of the term propaganda, its origins, its path, and seek to show how it has become today a weapon of war used by jihadist terrorists, ie how we went from from state propaganda to propaganda of terror, and why a terrorist organization has taken over the springs of war propaganda and mass propaganda to create a weapon of terror and recruitment aimed at sowing chaos. We will therefore tend to show the parallels that can be made with state propaganda and also the peculiarities of this jihadist propaganda. We seek to show how this mutation of propaganda was subsequently received by civil society, why and how it integrated the criminal field, how the fight against terrorist propaganda contributed to what some researchers call the criminal law of the enemy, ie a derogatory regime repressive, causing misunderstanding in some people prosecuted for acts of terrorism or simply for offenses in connection with the consultation and relay propaganda. We want to show what a modern terrorist propaganda speech is and where it has its roots. Finally, it will be a question of analyzing how our penal system reacts, urgently and in the face of this new phenomenon. These questions will be integrated into the sociology of emotions, that is to say the role played by emotions in explaining the success of the propaganda discourse proposed by the terrorist group, and exacerbated by the mass media. In the first part we will try to define what the term propaganda covers, its origins, its history and the various realities that it covers and designates, and in particular how this has become a negative term assimilated to lies, to deception, but especially to manipulation. We will focus in particular on the state propaganda, totalitarian and the manipulation of the masses even in a democracy, the different theories that have emerged on the subject, then integrate the issue of political violence and terrorism, and involve the question of emotions, we will explain why and how propaganda can be intrinsically linked to the question of emotions; especially when it comes to terrorism, in fact, it seeks to create emotions to generate reactions, mobilizations, and sometimes violence. We will then be able to propose a definition of terrorism and its evolution through history and through several waves up to the current wave which is religious and especially Islamic terrorism. We will explain that propaganda is a phenomenon that evolves with a changing society and especially with the evolution of mass media, the birth of a society 2.0 with the Internet. We will conclude by explaining that extremist and terrorist groups have been able to exploit the potential of propaganda, modern techniques and mass communication to make it a weapon of war, aiming at recruiting (for example by drawing on the techniques of the army) and to terrorize to sow chaos, divide society. Al-Qaeda can be mentioned as a precursor, but the most successful model is undoubtedly that of the Islamic State which has created a real communication strategy thanks to a multiple propaganda, modern, and widely disseminated to reach the greatest number . The question of propaganda then became central to all cases relating to Islamist terrorism, forcing the right to react in an ever more secure manner, widening the scope of the offenses, participants in the creation of a special, derogatory right, based on emotion, and terror, in response to a security demand. To understand this discourse and its actors is to adapt the means of struggle, it is to understand how our law seeks to fight against this phenomenon. In a second part, we will propose an analysis of this discourse and its actors, of the contents, the objectives and the emotional springs mobilized and put forward by the different media used by the group. We will try to understand what makes the effectiveness of this discourse thanks to its content, its modern means of dissemination and its actors. We will therefore propose a typology of the registers of this propaganda, there are three of them, the recruitment (or seduction), the rooting in the cause and the terror, as well as an analysis of their staging by relying on the study of a corpus composed of the different propaganda media used by the group, ie the image, the writing and the sound (video, photo, reviews and songs). We will propose a study of the construction of images that arise in a context, the conditions of production, diffusion, and propose a sociology of the registers of emotions from these documents, ie to show how one does to analyze the emotions conveyed by the images, that these emotions provoke action. We are going to wonder about the way in which this speech is conceived, created, diffused, and for what purposes, what are the objectives behind this colossal work of communication, behind all the means developed and put in place for that and how they are achieved. This will be questioned about the group's ability to adapt to its target, recruit and scare. We will also show what is the purpose of terror, how propaganda helps to achieve a political project such as the restoration of the caliphate. Based on a sufficiently broad corpus we will propose to decipher this discourse, supports, typologies, methods, and registers including emotional, the role of emotions, which compose it and the methods to achieve it. This corpus consists mainly of documentation translated into French and English, and is therefore addressed to the West. We will also highlight the importance of improving the means of dissemination, and explore the flaws of the law and our democratic states, particularly in France, to fight against this phenomenon, against the invasion on the Internet of these radical speeches and these images. violence. This part will allow us to question the emergence of a violent discourse, on propaganda as a weapon of war and recruitment, and on the actors of this discourse, those who create, those who receive, those who reject and those who join. In a third part, we will examine how the reappropriation of propaganda by modern terrorism has turned up to be an issue for the law and justice in France. The law has seized this question with a will to struggle, in a security approach, in opposition to this phenomenon that it seeks both to stem and instrumentalize. It's about fighting but also about using, we will fight by creating new offenses in connection with propaganda and its consultation, its dissemination, we will harden the offense of apologizing for terrorism, and also the use for sentencing purposes during trials; to consult, to relay propaganda becomes a dependent element but also an offense in its own right. The question here will be to question the response of law and justice that has been made urgently in the face of the threat posed by jihadist propaganda. It should be noted that the question of propaganda is everywhere, in the trials as in the press, it is part of all the files and is quoted in a systematic way in the processes of radicalization. We will focus on how it fits into what some researchers have called "the criminal law of the enemy" and which designates the idea that would have been created urgently a derogatory legal system reserved Terrorism-related issues that include intervening before the act constituting the terrorist offense, a system that is both preventive, secure and strict. Propaganda consultation, as a prosecution and aggravating circumstance, will allow the conviction upstream of any terrorist act and thus to exclude potentially, and not necessarily, dangerous individuals. We will also see how propaganda of terror can manipulate a society, and public opinion, citing in particular the question of the deprivation of nationality, the question of jihadist children and the death penalty with the case of the French prosecuted, judged and condemned, sometimes to death, in Iraq and Kurdistan. In this respect, to do interviews with magistrates, lawyers, but also associations or teachers could be very interesting, so we can benefit from the first interviews and contacts we have established with different personalities evolving in these environments. In conclusion, the critical work that we propose aims to highlight the shortcomings and limits of a repressive apparatus that was built in an emergency, in response to a new phenomenon, first underestimated and under studied, which has destabilized populations and institutions. The objective of this analytical and critical study will be to propose an analysis of a violent discourse that recruits, and solutions to improve prevention against jihadist propaganda, and counter-propaganda work