Guerre sans nom, guerre sans morts ? Les conséquences de la mort des soldats français pendant la guerre d'Algérie, de 1954 à aujourd'hui.

par Manon Walin

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Raphaelle Branche.

Thèses en préparation à Normandie , dans le cadre de Ecole Doctorale Histoire, Mémoire, Patrimoine, Langage , en partenariat avec GROUPE DE RECHERCHE D'HISTOIRE (equipe de recherche) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    Le 1er novembre 1954 marque le début officiel de ce qui constitue aujourd’hui la guerre d’Algérie. Mais la France, à ce moment-là, n’est pas en guerre. C’est alors seulement au nom du maintien de l’ordre et de l’unité de la France que sont envoyées des troupes et que meurent les soldats en territoire algérien. La question qui se pose alors est la suivante : comment gérer les morts d’une guerre qui pendant longtemps n’a pas été reconnue ? Il s’agit d’abord d’une gestion matérielle et symbolique des corps : qui se charge du rapatriement et de l’enterrement, qui organise la cérémonie, qui paye et pour quoi ? La question de la gestion institutionnelle et communicationnelle se pose ensuite d’une part par le statut accordé aux morts, qui a un impact sur le traitement réservé au corps et à la tombe : sont-ils « morts de guerre », voire « Morts pour la France », ou « morts en service militaire » ? Elle se pose d’autre part par le discours institutionnel produit autour de ces morts : comment informer la population de ces morts au statut a priori problématique ? La mort des militaires en Algérie est-elle considérée comme une information sensible, et dans ce cas, quels sont les mots et les modes de communication choisis ? Les vivants sont ensuite confrontés à une gestion sociale, psychologique et affective des morts qui leurs sont proches. Comment les familles, et à l’intérieur des familles, les épouses ou les concubines, les mères, les pères, les frères et les sœurs, parfois les enfants, réagissent-ils ? Comment fonctionnent les « communautés de deuil », selon l’expression de Jay Winter, les solidarités, ou au contraire les phénomènes d’isolement liés à la perte et au deuil agissant comme un stigmate ? Dans cette perte, qu’est-ce qui est tolérable ou ne l’est pas, quelles sont les souffrances qui restent, et celles qui peuvent être soignées ? La gestion des morts du conflit franco-algérien passe enfin par une gestion mémorielle : comment se construit la mémoire institutionnelle, officielle, des morts de cette guerre ? Mais surtout, comment se construisent mémoire et récit familial de la guerre en l’absence de son – parfois – seul témoin ? Qui devient alors entrepreneur de mémoire, gardien du récit familial ? Peut-on dégager une structure récurrente dans ces récits, sur quelles sources se fondent-ils ? Ce sujet a pour point de départ la mort des soldats français en Algérie pendant la guerre d'Algérie, et se propose d'étudier ses conséquences sur les multiples acteurs impliqués, du début de la guerre à aujourd'hui.


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