L’Allemagne, pays de désir : attentes et expériences des migrants algériens, de la Révolution Arabe à la nuit du Nouvel An à Cologne en 2015

par Sina Khatal

Projet de thèse en Doctorat LV. Allemand

Sous la direction de Christine De Gemeaux et de Manuel Borutta.

Thèses en préparation à Tours en cotutelle avec Bochum Ruhr Universitat , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 28-03-2017 .


  • Résumé

    Le projet de thèse traite de la migration des Algériens vers l’Allemagne, de la Révolution arabe en 2011 à la nuit du Nouvel an 2015 à Cologne. Alors que l’Algérie passait pour être autrefois un pays de transit traditionnel pour les migrants venus du Sud du Sahara, de jeunes Algériens – poussés par le manque de perspective et le manque d’espoir - partent désormais également chercher leur avenir de l’autre côté de la Méditerranée. Leur patrie se trouve, selon eux, dans une impasse politique, économique et sociale. La plupart des jeunes souhaitent quitter le pays pour l’Europe. Dans le contexte du projet de recherche se posent des questions clés : 1. L’année dernière, les chiffres d’entrées des migrants maghrébins ont fortement augmenté en Allemagne. Mais en Algérie, il n’y a pas eu de « Printemps Arabe » qui pourrait expliquer un mouvement migratoire accru. Ce fait soulève donc des questions sur les raisons et le contexte d’un tel développement. Dans le sillage de la crise mondiale des réfugiés, il est notable que les jeunes Algériens découvrent l’Allemagne comme un possible pays de migration. Pour quelles raisons la choissent-ils? Du fait des événements politiques et du débat sur l’islam, les jeunes Algériens ne se sentent pas les bienvenus en France (M. Cohen, L'intégration de l'islam et des musulmans en France: Modèles du passé et pratiques actuelles; S. Sellam, La France et ses musulmans : un siècle de politique musulmane). L’Allemagne, en revanche, leur apparaît comme un modèle de style de vie libéré. Représente-t-elle, par rapport à la France, un „plus“ en matière de tolérance, de démocratie et de niveau de vie? 2. Quelle image de l’Allemagne et de la France règne en Algérie et quels sont les facteurs qui la construisent ? Du fait du passé colonial commun, les relations de la France et de l’Algérie sont particulières. La présente recherche permettra d’approfondir cette question (E. Ribert, Liberté, Egalité, Carte d’Identité; F. Abécassis, G. Meynier, Pour une histoire franco-algérienne; M. Harzoune, Algérie, France : une communauté de destin). Ce faisant, le point de vue allemand ne sera pas oublié (C. Leggewie, Kofferträger. Das Algerien-Projekt der Linken im Adenauer-Deutschland; J.-P. Cahn, La République Fédérale d’Allemagne et la Guerre d’Algérie; Fritz Taubert, La Guerre d’Algérie et la République Démocratique allemande. Le rôle de l’Autre Allemagne). D’un côté, les tentatives d’intégration des Algériens en France sont problématiques; de l’autre, la France a toujours représenté le pays rêvé et l’objectif migratoire des jeunes Algériens. Un changement de paradigme se dessine-t-il ici? Qu’en est-il dans les médias algériens, quelles images donnent-ils des deux pays voisins? Les médias et journeaux, magazines algériens suivants fourniront la base de l’analyse: le service de Presse algérien (Algérie Presse Service) et les quotidiens importants (El Moudjahid, El Watan, Liberté, Le Quotidien d’Oran). 3. Quelle est la route migratoire des migrants algériens ? Viennent –ils en Allemagne en suivant la route la plus directe ou échouent-ils par hasard en République fédérale, après une odyssée à travers l’Europe, ou bien après avoir déjà vécu dans la clandestinité en France? 4. Comment la vie des migrants algériens s’organise-elle en Allemagne ? Quelles sont leurs expériences à l’égard des événements à Cologne, qui ont mis en lumière les Algériens vivant en Allemagne ? Dans quelle mesure ce scandale a-t-il influencé leurs sphères d'expérience ? Ce domaine de recherche étant largement inexploré, des interviews d’experts et des sondages quantitatifs fourniront les premières données. A cela s’ajouteront des interviews et des entretiens avec des candidats au départ, des hommes politiques, des journalistes et des collaborateurs du Consulat Général d’Algérie à Francfort. En Algérie des contacts seront activés avec les autorités allemandes et françaises, avec des institutions comme les universités algériennes, l’ambassade d’Allemagne à Alger, l’Institut français à Annaba et l’Université des Frères Mentouri à Constantine. Ce travail sera encadré conjointement par un spécialiste du monde méditerranéen (Prof. M. Borutta, à Bochum, Ruhr-Universität) et une spécialiste des relations interculturelles franco-allemandes et des questions coloniales/postcoloniales (Prof. C. de Gemeaux, à Tours, Université François-Rabelais). Cette collaboration transnationale et interdisciplinaire sera la condition qui permettra d’approfondir la recherche et d’aboutir à des résultats innovants.


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