Susceptibilité génétique au cancer différencié de la thyroïde survenant après irradiation dans l'enfance.

par Monia Zidane

Projet de thèse en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Florent De vathaire et de Jean-Baptiste Cazier.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique (2015-.... ; Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne) , en partenariat avec CESP - Centre de recherche en Epidemiologie et Santé des Populations (laboratoire) , Cancer et radiations (Epidémiologie des radiations, épidémiologie clinique et des survivants d'un cancer) (equipe de recherche) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2017 .


  • Résumé

    La thyroïde est très sensible aux effets cancérogènes des rayonnements ionisants reçus pendant l'enfance et l'adolescence. Le carcinome thyroïdien était la première tumeur maligne solide dont on a constaté une incidence accrue chez les survivants d'Hiroshima et Nagasaki. Le risque est maximal si l'irradiation a lieu durant les premières années de vie, diminue avec l'âge à l'exposition et est faible chez les adultes. La plupart des cancers thyroïdiens induits par les rayonnements ionisants sont des carcinomes papillaires de la thyroïde (PTC). Le cancer différencié de la thyroïde est le seul pour lequel la contribution des facteurs héréditaires a été évaluée comme plus importante que celle des facteurs environnementaux (risque relatif familial = 8,60). Plusieurs gènes ont été identifiés comme associés au cancer différencié de la thyroïde mais les SNPs mis en évidence, même si la signification statistique de leur association était forte, étaient associés à des risques relatifs de cancer différencié de la thyroïde considérés comme modérés à faibles. La variation interindividuelle de radiosensibilité a été constatée depuis la découverte des effets des irradiations sur l'homme. Cette variation individuelle est expliquée par les différences génétiques constitutionnelles, de métabolisme et de capacité de réparation de l'ADN entre les individus. Une interaction complexe entre plusieurs allèles à risque modeste dans les gènes à pénétrance faible à modérée, d'une part, et les rayonnements ionisants d'autre part a été alors évoquée par certaines études d'association menées sur des populations exposées aux rayonnements ionisants. Les variants de certains gènes comme le FOXE1 et ATM ont été associés à la susceptibilité aux radiations ionisantes. Cependant, la base génétique de cette radiosensibilité est mal caractérisée au niveau individuel et très peu d'études ont abordé une interaction potentielle entre le terrain génétique et l'effet des rayonnements ionisants vis-à-vis du risque de cancer de la thyroïde.

  • Titre traduit

    Genetic susceptibility to differentiated thyroid cancer occurring after irradiation in childhood.


  • Résumé

    The thyroid is very sensitive to the carcinogenic effects of ionizing radiation received during childhood and adolescence. Thyroid carcinoma was the first solid malignancy found to have an increased incidence in Hiroshima and Nagasaki survivors. The risk is maximal if irradiation occurs during the first years of life, decreases with age at exposure and is low in adults. Most thyroid cancers induced by ionizing radiation are papillary thyroid carcinomas (PTC). Differentiated thyroid cancer is the only one for which the contribution of hereditary factors was assessed as more important than that of environmental factors (relative family risk = 8.60). Several genes have been identified as associated with differentiated thyroid cancer, but the SNPs demonstrated, although the statistical significance of their association was strong, were associated with moderate risk of differentiated thyroid cancer. The interindividual variation of radiosensitivity has been observed since the discovery of the effects of irradiation on humans. This individual variation is explained by the constitutional genetic, metabolism and DNA repair capacity differences between individuals. A complex interaction between several low-risk alleles in the genes with low to moderate penetrance on the one hand and ionizing radiation on the other hand was evoked by some association studies carried out on populations exposed to ionizing radiation. Variants of FOXE1 and ATM have been associated to susceptibility to ionizing radiation. However, the genetic basis of this radiosensitivity is poorly characterized at the individual level and very few studies have addressed a potential interaction between the genetic field and the effect of ionizing radiation on the risk of thyroid cancer. The identification of the genes responsible for this interindividual variation will allow a better understanding of the genetic and biological factors involved in the carcinogenesis of radiation-induced thyroid cancer and will participate in the prevention of this disease by anticipating the risks induced by radiotherapy.