Conservation et non-conservation des propriétés individuelles dans les systèmes complexes.

par Alexis Kaiser

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Sacha Bourgeois gironde.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec Institut Jean-Nicod (Paris) (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 21-09-2017 .


  • Résumé

    On dit traditionnellement qu'il y a émergence à partir du moment où certains individus, du fait de leurs interactions réciproques, engendrent de nouvelles propriétés qu'aucun des individus ne possède – par exemple, l'eau, qui n'a ni les propriétés de l'hydrogène, ni les propriétés de l'oxygène : « le tout est plus que la somme des parties. » Après avoir clarifié la distinction classique entre émergence faible (épistémologique) et forte (métaphysique), nous définirons l'émergence non comme une nouveauté « radicale », ni même comme une irréductibilité théorique, mais comme l'ensemble des propriétés d'un système qu'aucun de ses individus ne possède. Nous tenterons alors de dégager différentes grandes familles de phénomènes émergents en systématisant les nombreuses études empiriques ou théoriques déjà existantes en la matière : émergence de la rationalité collective dans un marché ; non-conservation au niveau agrégé des propriétés de tolérance dans le modèle de ségrégation de Schelling ; émergence de l'anonymité dans la théorie des jeux anonymes ; généralisation des résultats d'impossibilité dans la théorie du choix social. Si les études tant théoriques qu'empiriques sur l'agrégation des individus et les phénomènes collectifs sont nombreuses, une question reste cependant en suspens : que signifie, en toute généralité, "agréger" des individus ?

  • Titre traduit

    Conservation and non-conservation of individual properties in complex systems.


  • Résumé

    Traditionally, we suppose that emergence exists when individuals, because of their mutual interactions, bring about new properties that none of them does have – for instance, water has neither the properties of hydrogen nor of oxygen : " the whole exceeds the sum of its parts." After having clarified the classical distinction between weak (epistemological) and strong emergence (metaphysical), I will define emergence not as a "radical" novelty, nor as a theoretical irreducibility, but as the set of the properties of a system that none of its individuals does have. I will then try to distinguisg different families of emergent phenomena by systematizing the numerous empirical and theoretical studies that still exist in that field : emergence of collective rationality in markets ; non-conservation at the aggregate level of the tolerance property in Schelling's model of segregation ; emergence of anonymity in the theory of anonymous games ; generalization of the impossibility results in social choice theory. In spite of the numerous studies concerning collective phenomena and the aggregation of individuals, one question is still pending : what does that mean, in general, to "aggregate" individuals ?