Les chantiers de construction des monastères aquitains : de l’approvisionnement à la mise en œuvre des matériaux de construction (XIe-XIIe siècles).

par Jean-baptiste Javel

Projet de thèse en Archeologie, Histoire de l'art médiévale, Archéométrie

Sous la direction de Pierre Guibert.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 14-07-2017 .


  • Résumé

    Entre les Xe et XIIe siècles, l’Occident connait un nouvel essor monastique qui se concrétise par l’édification et la reconstruction de nombreux monastères. Si les dates de fondation de ces complexes et de consécration des églises sont parfois connues, les sources historiques demeurent très lacunaires quant aux chantiers. C’est pourtant durant cette période que se développe l’architecture romane, période charnière dans l’histoire de l’art de bâtir. La thèse visera, à travers l’étude exhaustive de complexes monastiques de l’aquitaine médiévale de comprendre leur construction : de l’approvisionnement, aux coûts engendrés, à la mise en œuvre des matériaux et des savoir-faire des bâtisseurs. Les sites étudiés sont répartis sur l’ensemble du duché et permettront, à l’échelle du site, de remettre en perspective la construction de chacun des édifices d’un complexe monastique. Dans un second temps, chaque site étudié sera réintégré au sein de l’Aquitaine médiévale, de ses différences géologiques, territoriales et des réseaux monastiques. Au-delà des approches classiques pour l’étude du bâti, une étude poussée des matériaux de construction sera réalisée, à la fois in situ, et en laboratoire par le biais d’observations macro/microscopiques, d’analyses physico-chimiques (granulométrie, MEB-EDS, ICP-AES, DRX, etc.). L’inter-comparaison de ces données permettra d’appréhender, malgré l’absence de sources historiques, l’édification des complexes monastiques et de leurs différents bâtiments à l’époque romane, tout en de cernant l’économie du chantier de construction, de son déroulement et de ses éventuels arrêts. Nous nous attacherons à remettre en perspective l’architecture monastique romane avec les constructions antérieures, essentiellement carolingiennes, afin d’en déterminer les signes de continuité et de rupture, d’un point de vue formel, structurel, fonctionnel, et spirituel en lien avec les choix constructifs des bâtisseurs.

  • Titre traduit

    The building of Aquitaine’s monasteries: supplying and processing building materials (10th-12th centuries).


  • Résumé

    Between the 10th and 12th centuries the Western world knew a new flourishing monastic era. This phenomenon is illustrated by the building and rebuilding of many monasteries. The foundation dates of these complexes and the consecration of churches are known, but the historical sources are incomplete concerning the techniques of their construction. It is nevertheless during this period that Romanesque architecture develops, a key period in the history of construction. This PhD dissertation aims to understand the construction process of some monastic complexes of the medieval duchy of Aquitaine, from the supply of raw materials, to the knowhow of the craftsmen and their cost. At the scale of a site, the study of the entire technical system allows an exhaustive overview of the construction process of each building within a monastery. At a regional scale, the study of a large sample of monastic complexes from the area in question also allows the construction processes of each monastery to be situated within wider monastic networks. The studied sites aim to sample the various geological and territorial entities that constituted the large and heterogeneous duchy of Aquitaine. Beyond the classic approaches of studying these buildings, this study also focuses on the raw materials used for these construction processes, both in situ at the sites, and in the laboratory, with the use of various observation tools and physical and chemical analyses (size grading, MEB-EDS, ICP-AES, XRD). The comparison of the results of these various approaches allows the definition of the construction processes used in monastic complexes, and of their temporality during the Romanesque time, despite the lack of historical sources. These results are then put into perspective with the previous periods (mostly Carolingian) to evaluate, from the study of these building processes, evidence of formal, structural, functional and spiritual breaks and continuities.