(Re)traduire l’Ulysse de James Joyce. Etude comparée des deux traductions françaises et de leur genèse

par Flavie Epie

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Pascale Sardin-damestoy.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures et Littératures des Mondes Anglophones (equipe de recherche) depuis le 10-07-2017 .


  • Résumé

    L’Ulysse de Joyce a été traduit deux fois en français : la première traduction parut en 1929, dans le sillage de la publication de l’œuvre originale à Paris en 1922, la seconde en 2004, pour le centenaire de Bloomsday. Cette thèse s’intéresse à la comparaison de ces deux versions françaises du texte, issues toutes deux d’un travail collectif, dans leur intégralité et telles qu’elles existent dans leur version éditée, mais s’intéresse aussi de manière plus profonde au travail des traducteurs à travers l’étude et l’analyse de leurs archives. Elle se concentre sur les rapports des traductions à l’original, sur les relations que les textes publiés entretiennent avec leurs versions antérieures et leur contexte propre, ainsi que sur tous les choix et tensions qui résultent du phénomène traductif, à commencer par ceux qu’induit le passage de l’anglo-irlandais vers le français d’une œuvre littéraire aussi dense que l’Ulysse de Joyce. À partir de l’étude des dossiers génétiques et des variantes qu’ils recèlent, cette étude montre comment chaque groupe de traducteurs a travaillé les potentialités du texte joycien et expérimenté avec elles en fonction de l’horizon traductif qui était le sien, c’est-à-dire à un moment particulier de l’histoire de la langue française, de la réception de l’œuvre de Joyce, et de la conception de la traduction en tant que telle. Il s’agit en outre, à travers l’analyse génétique, de rendre le travail des traducteurs à sa créativité dans le but de tendre vers la « critique productive » qu’Antoine Berman appelait de ses vœux, en ouvrant une fenêtre sur le traduire et en tentant de s’affranchir de la nécessaire servitude du texte traduit à son original, rendant ainsi l’activité traductive comme le texte d’Ulysse à l’« in-fini » (Tiphaine Samoyault) qui les caractérise tous deux.

  • Titre traduit

    (Re)translating James Joyce’s Ulysses: a comparative study of the two French translations and of their geneses


  • Résumé

    Joyce’s Ulysses has been translated twice into French: the first translation came out in 1929, following the publication of the original work in Paris in 1922, and the second one was published in 2004 to celebrate the 100th anniversary of Bloomsday. This PhD thesis focuses on a comparison of these two French versions, which are both the result of collective work, in their entirety and in their published versions, but also focuses on the translators’ work through the study and analysis of their drafts. It addresses the relations between the translations and their original, as well as the relations between the published texts, their previous versions and the contexts in which they were produced, together with all the choices and tensions resulting from the translating process—starting with those implied by the translation from Hiberno-English into French of a literary work as dense as Joyce’s Ulysses. Based on the study of the genetic files and of the many variants they feature, this study shows how each group of translators worked on the potentialities contained within the Joycean text and how they experimented with them according to their own translating contexts, i.e. specific times in the history of the French language and of the reception of Joyce’s work, as well as in the conception of translation as such. Through the genetic approach, the end is to underline the creativity of the translators’ work, aiming at bringing forth the “productive criticism” Antoine Berman wished for, while providing an outlook on the translating processes and attempting to escape the inevitable subjection of the translated text to its original, thus bringing the translating operation—as well as the text of Ulysses—back to the “un-finished” state (Tiphaine Samoyault) that characterizes them both.