Simplicité et indépendance dans le Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein

par Jonathan Gombin

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Emmanuel Bermon.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (equipe de recherche) depuis le 11-07-2017 .


  • Résumé

    Wittgenstein écrit dans le Tractatus Logico-Philosophicus que « requérir la possibilité des signes simples, c'est requérir la détermination du sens » (3.23). Cette étude vise à éclairer le rapport que le Tractatus établit entre le réquisit de détermination du sens d'une part (dire ce qui n'est pas n'est pas ne rien dire) et la nécessité d'une analyse complète de la proposition d'autre part (3.201). Il s'agit d'abord de montrer que le principe de contexte formulé en 3.3 (« Seule la proposition a un sens ; ce n'est que lié dans une propositions que le nom a une signification ») empêche de comprendre la pensée du premier Wittgenstein comme une forme d'atomisme logique. Si l'analyse complète de la proposition est requise et que celle-ci équivaut à la mise au jour de signes simples, les noms – comme les objets dont ils sont les noms – ne peuvent jamais être considérés isolément et indépendamment de leur articulation mutuelle. Cependant, les noms liés dans une proposition réfèrent à des objets simples, dont Wittgenstein affirme qu'ils « constituent la substance du monde » et que telle est la raison pour laquelle « ils ne peuvent être composés » (2.021). Dès lors, il convient de comprendre l'originalité de la notion tractuséenne de simplicité, qui ne saurait équivaloir à celle d'indépendance. Or une proposition élémentaire, qui est une concaténation de noms (4.22), se distingue de tout autre proposition par son indépendance logique : « aucune proposition élémentaire ne peut être en contradiction avec elle » (4.211). Si le Tractatus écarte la possibilité d'un atomisme des signes simples, reconduit-il un tel modèle en au niveau des propositions élémentaires ? Comment comprendre que si la simplicité des noms ne suppose pas leur indépendance, à l'inverse l'indépendance des propositions ne suppose pas leur simplicité ? Examiner le rôle que le premier Wittgenstein accorde à la simplicité et à l'indépendance doit permettre de déterminer la position qu'occupe le Tractatus eu égard au débat quant à la nature des relations qui opposa Russell à l'idéalisme britannique.


  • Résumé

    Wittgenstein writes in the Tractatus Logico-Philosophicus that “The requirement that simple signs be possible is the requirement that sense be determinate” (3.23). This work aims at elucidating the connexion that the Tractatus offers in between the requirement that sense be determinate – that is, that saying what is not is different from failing to say something – and the necessity of a complete analysis of the proposition (3.201). First, it has to be shown that the context principle, according to which “Only propositions have sense; only in the nexus of a proposition does a name have meaning” (3.4) makes it impossible to understand the Tractatus as a form of logical atomism. The complete analysis of propositions is certainly requiered and does indeed consist in getting to simples signs and yet neither names nor the objects that they name can be considered by themselves, that is independently of their articulation. Nevertheless, Wittgenstein states that simple objects “Objects make up the substance of the world. That is why they cannot be composite” (2.021). One is therefore compeled to clarify the sense of such a simplicity, which cannot be identified with independence. Yet, the sign that a proposition is an elementary one, or in other words a concatenation of names, is that such a proposition is logically independant of any other elementary one (4.22). Does that signify that the Tractatus refuses an atomic understanding of names and yet remains atomist when it comes to elementary propositions ? How to understand that the simplicity of names does not entail their independance and that the independance of propositions does not entail their simplicity ? To pay attention at the way Wittgenstein reshaped the concepts of simplicity and independence in the Tractatus allows us to bring to light the legacy of the debate between Russell and British Idealism on the nature of relations.