Etude PAPRICA : repérage des consommations problématiques addictions en soins primaires

par Maxime Pautrat

Projet de thèse en Doctorat Sciences de la Vie Santé

Sous la direction de Jean-Pierre Lebeau.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 23-02-2017 .


  • Résumé

    Les dépendances avec ou sans substance induisent une morbidité, une mortalité et des dommages sociaux considérables. Certaines personnes ne connaîtront qu’une expérimentation ou une pratique simple de ces produits. D’autres développeront des consommations problématiques : difficultés socio-professionnelles, judiciaires, et conséquences sur la santé. Parmi elles, une partie présentera une polydépendance selon les critères DSM-V. D’un point de vue médico-économique, le coût social de ces dommages a été évalué en 2010 à 120 milliards € / an pour l'alcool et 8,7 pour les drogues illicites1. Ces sommes correspondent aux pertes d'année de vie, année en mauvaise santé, perte de rendement en entreprise, dépense de prévention, soins, … En 2010, 5% des maladies et blessures dans le monde étaient imputables à l’alcool2. Les dépendances aux substances psychoactives sont représentées par l’alcool (50000 décès en 2013 en France1) et les drogues illicites, dont le cannabis (350 décès en 20133). Pour l’alcool, en 2014, 95% de la population a déjà expérimenté une consommation simple , mais 8% sont des buveurs à risque chroniques4. Pour le cannabis, en 2015, 42% des jeunes de 17ans ont déjà expérimenté le produit (le plus fort taux d’Europe), 9% ont une consommation régulière et 8% une consommation problématique. 38000 patients sont suivi pour un problème lié au cannabis, dont 18000 en Consultation Jeunes Consommateurs (CJC), pour la moitié adressés par la justice5. Cette réalité épidémiologique a conduit à la mise en place du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017. La Mission Interministérielle de Lutte contre les toxicomanies (MILT) a été remplacée par la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives (MILDECA) en 2014. Les trois grandes priorités du plan sont la recherche de la compréhension des conduites addictives, leur prévention et prise en charge et la lutte contre les trafics et toute forme de délinquance liées. La prise en charge médicale de ces patients réduit leur morbi-mortalité et améliore leur qualité de vie6–8. Cette prise en charge repose sur une approche globale alliant repérage, interventions brèves et recommandations thérapeutiques, notamment selon le protocole SBIRT « Screening Brief Intervention and Referal to Treatment »9. Cette approche est validée en soins primaires pour les dépendances avec ou sans substances. Différentes études ont montré l’efficacité de SBIRT sur la réduction de la consommation alcoolique sur le long-terme10,11 ou de son usage nocif et dangereux12, pour la réduction de la consommation de cannabis13,14 , des autres produits illicites (héroïne et cocaïne)15, ou des jeux pathologiques16. Les soins primaires sont particulièrement adaptés pour réaliser ce repérage, première étape du SBIRT. En effet, parmi les 15-24ans reçu en consultation de médecine générale en 2010, 44% ont une consommation problématique d’alcool, 11% de cannabis17. Dans un cas sur deux, cette situation n’est pas repérée. La recherche des conduites addictives n’est pas systématiques (seulement 9% posent la question de la consommation d’alcool et 4% la question des produits illicites)18,19. De nombreux tests de repérage ont été créé comme celui de l’OMS établi en 200820, ou l’aide méthodologique proposée par l’HAS en 201521. Le taux d’utilisation des questionnaires en soins primaires reste faible (en 2011, moins de 13% des médecins généralistes utilisent un questionnaire de repérage pour l’alcool, et seulement 2% pour le cannabis ; les médecins utilisant ces questionnaires étant souvent rattaché à un réseau d’addictologie) 22. De plus, les freins au repérage sont nombreux : manque de temps, sentiment d’inefficacité, patients difficile à suivre, réticents à parler de leurs dépendances…23–27. L’objectif de ce travail est d’explorer la pratique actuelle du repérage des situations de conduites et consommations problématiques et polydépendances (CCPP) en soins primaires, avant d’évaluer ses possibilités d’amélioration.

  • Titre traduit

    PAPRICA study : Problematic use and Addiction in Primary Care


  • Pas de résumé disponible.