Les images en mouvement de non-fiction : pratiques archivistiques et curatoriales.

par Anna Briggs

Projet de thèse en Histoire de l'Art

Sous la direction de Valérie Vignaux.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 26-11-2013 .


  • Résumé

    Anna Briggs – résumé du projet de recherche doctorale Le terme “non-fiction” utilisé pour définir un type d'images en mouvement est le point de départ de ma recherche. Il provient d'une catégorisation anglo-saxonne des productions audiovisuelles et cinématographiques, ancrant ainsi mon projet tout d'abord dans une tradition de recherche esthétique soulignant l'importance de la distinction entre fiction et non-fiction dans la critique, l'analyse, l'interprétation et la curation; puis dans le domaine des sciences de l'information, du patrimoine et de la bibliothéconomie (disciplines où la dichotomie entre fiction et non-fiction façonne la chaîne des pratiques professionnelles, depuis l'indexation jusqu'à la valorisation). Le choix d'une catégorisation large est nécessaire pour donner à mon travail un cadre interdisciplinaire et exempt de préjugés esthétiques, politiques et épistémologiques. En effet, le terme d'images en mouvement “documentaires”, autour duquel se sont cristallisés de nombreux manifestes et codes théoriques et pratiques, ne sera pas un point de départ mais d'arrivée: ce parcours me permettra d'examiner les différentes problématiques autour de la confrontation entre fiction et non-fiction, qui existent au-delà de la notion plus réduite de documentaire. Appréhender un objet de recherche en tant qu'objet de pratiques professionnelles (archivistiques et curatoriales) demande une vision globale, embrassant la nature complexe et protéiforme des collections audiovisuelles et cinématographiques que j'étudierai. Le principal circuit de production-distribution-exploitation-diffusion-publication au sein duquel les images en mouvement originales sont utilisées définit leur lieu d'archivage. Ma recherche s'organisera donc à travers une série de chapitres consacrés aux principaux paradigmes industriels de non-fiction: le cinéma, la pratique amateur, la commande d'une institution publique ou d'un gouvernement, l'ethnographie et les sciences, la commande privée, la télévision, le cinéma expérimental - art vidéo et le webdocumentaire. Cette division suit la chronologie d'un développement technologique, industriel et esthétique, auquel correspond une histoire parallèle de la conservation cinématographique et audiovisuelle. Les difficultés posées par la multiplicité des lieux où les images en mouvement de non-fiction sont produites, distribuées, diffusées et consommées, l'absence relative de politiques internationales et nationales pour leur conservation et le manque de réflexion à propos des pratiques curatoriales autour de cette forme, sont devenus source de débat pour un nombre croissant d'archivistes conscients de la valeur esthétique, historique et sociale de ces images. Certains se spécialisent dans leur restauration, dont la pratique est différente de la reconstruction des images en mouvement de fiction. D'autres, formant la dernière génération de conservateurs et programmateurs, partent à la conquête de nouveaux territoires après l'exploration du monde de la fiction par les pionniers des cinémathèques. Cependant, l'“habitat” instable de cet objet de recherche a été jusqu'à présent un obstacle à l'étude interdisciplinaire et détaillée de son statut et de son potentiel en tant qu'objet de pratiques archivistiques et curatoriales. C'est cette analyse que je propose d'entreprendre. Le but de ma recherche sera de répondre à la question suivante: les images en mouvement de non-fiction existant dans les paradigmes du cinéma, de la pratique amateur, de la commande d'une institution publique ou d'un gouvernement, de l'ethnographie et des sciences, de la commande privée, de la télévision et du webdocumentaire, constituent-elles du point de vue archivistique et curatorial, une information, un document, un documentaire et/ou une œuvre? Ces quatre étiquettes, auxquelles sont attachées une série de problématiques, sont des notions centrales dans les champs disciplinaires de l'esthétique et des sciences de l'information, du patrimoine et de la bibliothéconomie. Je souhaite les redéfinir en les faisant dialoguer entre elles pour apporter une nouvelle perspective sur les images en mouvement de non-fiction, dans le cadre archivistique et curatorial. Je traiterai les problématiques esthétiques, politiques et épistémologiques soulevées lors de la tentative de définition de ces images en mouvement grâce à ces quatre catégories. J'élaborerai ensuite des solutions théoriques à partir de l'étude sur le terrain de modèles archivistiques et curatoriaux émergents. À l'issue d'une confrontation entre ces différentes solutions théoriques, je serai en mesure d'offrir un nouveau paradigme théorique pour la conservation des images en mouvement de non-fiction. Mon enquête trouvera ses racines dans deux champs théoriques. Le premier sera l'archivistique des images en mouvement, un sujet de recherche interdisciplinaire récemment constitué qui s'élabore à partir des études cinématographiques et audiovisuelles et des sciences de l'information, du patrimoine et de la bibliothéconomie. Le second sera l'esthétique, qui est la fondation sur laquelle se construit la problématisation et la réflexion philosophique autour des pratiques curatoriales utilisées dans la conservation du patrimoine culturel. Une conjonction des outils issus de ces deux traditions est donc nécessaire pour permettre une réflexion sur les images en mouvement de non-fiction en tant qu'objets de pratiques archivistiques et curatoriales, qui pourra à la fois contribuer à l'amélioration des pratiques professionnelles dans ce secteur et valider un modèle méthodologique émergent.


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