Les directeurs d'école primaire de Polynésie française face aux situations qu'ils jugent complexes : une approche compréhensive des stratégies doubles.

par Laurence Villiers

Projet de thèse en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Bertrand Bergier.

Thèses en préparation à Nantes , dans le cadre de ELICC - Education, Langages, Interactions, Cognition, Clinique (Nantes) depuis le 06-04-2017 .


  • Résumé

    L’étude menée en Polynésie française s’intéresse à la manière dont les directeurs d’école primaire font face aux situations qu’ils jugent complexes. Nous portons notre attention sur ce qu’ils disent de ces situations au moyen d’enquêtes par entretien. La situation jugée complexe est étudiée à travers la contrainte convoquée par l’agir d’un Autre (enseignant, parent, maire, etc.) laquelle s’oppose à la contrainte induite par l’une des attributions définissant le rôle du directeur. Cette double contrainte établit les niveaux logiques de la situation (le système) et constitue des infra-systèmes qui entretiennent des relations de fusion-séparation (Barel, 1989). Alors, les contraintes en opposition délivrent un sens contradictoire et, le directeur perçoit le paradoxe de la situation. Pour le maîtriser, il met en œuvre une ou plusieurs stratégies doubles (Barel, 1989) par la triangulation des relations qui nous permet de saisir le processus de production de sens. En effet, le tiers (sujet/objet) n’est pas lié au hasard. Prélevé dans le contexte, il est le fruit d’un choix non conscientisé du directeur en fonction de la figure de la critique analysée au travers de principes supérieurs communs (Boltanski et Thévenot, 1991). Les combinaisons entre acteurs engagées par le tiers procèdent par actualisation/potentialisation de relations et forment la stratégie double de compartimentage, compromis ou double bind. Ainsi, cette recherche permet de comprendre la manière dont les directeurs maîtrisent les situations jugées complexes par un jeu de visibilisation/invisibilisation des relations pour faire « comme si » le paradoxe n’existait pas.

  • Titre traduit

    Primary school principals face situations that they find complex : a comprehensive approach to dual strategies.


  • Résumé

    The study conducted in French Polynesia focuses on how primary school principals deal with situations they consider complex. We focus on what they say about these situations through interview surveys. The situation considered complex is studied through the constraint convened by the action of an Other (teacher, parent, mayor, etc.) which opposes the constraint induced by one of the attributions defining the role of the primary school principal. This double constraint establishes the logical levels of the situation (the system) and constitutes infra-systems that maintain fusion-separation relations (Barel, 1989). Then, the constraints in opposition deliver a contrary meaning and, the primary school principal perceives the paradox of the situation. To master it, he implements one or more double strategies (Barel, 1989) through the triangulation of relationships that allows us to grasp the process of producing meaning. Indeed, the third party (subject/object) is not random. Taken in context, it is the fruit of an unconscious choice by the primary school principal according to the figure of criticism analysed through common superior principles (Boltanski and Thévenot, 1991). The combinations between actors engaged by the third party proceed by actualization/potentiation of relations and form the double strategy of compartmentalisation, compromise or double bind. Thus, this research makes it possible to understand the way in which the primary school principals master the situations judged complex by a game of visibilization/invisibilization of the relations to make "as if" the paradox did not exist.