Naissance et conditions du sujet. : inconscient, traumatisme et structure

par Marie Bergeot

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Alain Vanier et de Stéphane Thibierge.

Thèses en préparation à l'Université de Paris (2019-....) , dans le cadre de RECHERCHE EN PSYCHANALYSE ET PSYCHOPATHOLOGIE , en partenariat avec CRPMS (Centre de recherches psychanalyse,médecine et société et médecine et société) (equipe de recherche) depuis le 10-12-2014 .


  • Résumé

    Partir de la clinique suppose que nous formulions l’hypothèse d’un sujet dès lors que nous écoutons un enfant, un adolescent, un jeune adulte, un père, une mère : un patient, étymologiquement, celui qui « endure » : de là s’origine notre thèse, au cours de laquelle nous parcourrons un chemin composé de huit grandes étapes, qui ira de la trouvaille freudienne de l’inconscient à l’invention de Lacan de l’objet a. L’enfant qui nous arrive en consultation n’est parfois pas encore un sujet, mais déjà le considérant comme patient, comme ayant à supporter quelque chose, nous l’enjoignons, en soutenant sa parole, à dévoiler son inconscient, aussi présent qu’impalpable. Prélever des signifiants, les saisir au vol, les écouter revenir, les deviner alors qu’ils sont celés : tout ceci implique que l’on suppose un sujet à la parole. Cette parole est notre seul horizon, alors même qu’elle n’est pas suffisamment articulée, qu’elle trébuche, qu’elle se fasse récalcitrante ou hésitante. Elle est notre fenêtre sur l’inconscient, que celle-ci soit entrebâillée, mal isolée ou grande ouverte, fermement cloisonnée ou oscillant entre ouverture et fermeture. Du sujet de l’inconscient au sujet du signifiant, en passant par le sujet de la science, nous chercherons, dans les pas de Lacan, à circonscrire ce qu’est le sujet. Das Ding, la Chose, perdue comme telle, apparaîtra alors comme le réel au-delà de toutes les représentations qu’en a le sujet, soit de ce que véhicule la chaîne signifiante. Le signifiant borde le sujet tout en l’introduisant au désir et au monde de la demande. Il existe une butée au-delà de laquelle quelque chose de ce qui fonde notre humanité se perd, car la vie humaine est organisée par cet interdit de la jouissance. Là est le traumatisme structurel qui sera au coeur de cette thèse, comme point de passage possible de l’assujet au sujet. L’irruption de ce réel que Freud a perçu, mis en lumière par Lacan à travers la structure du fantasme, rend vaine l’évaluation du caractère factuel ou imaginaire des récits de traumatisme narrés par ses patientes hystériques. Nous verrons que Lacan s’est saisi de ce point d’indétermination freudienne – qui marqua la naissance de la psychanalyse – pour indiquer la valeur de fiction de la vérité, faisant du fantasme le point où éclot la vérité du sujet, une vérité inconsciente à déchiffrer qui nous mènera tout droit à l’objet a comme la formule du fantasme l’indique.


  • Résumé

    The starting point of this thesis assumes that from a clinical viewpoint, we formulate the hypothesis of a subject as soon as we listen to a child, a teenager, a young adult, a father, a mother: a patient, etymologically; the people who “endure”. We will follow a journey of 8 major stages, going from the freudian discovery of the unconsciousness to Lacan’s invention of the “object a”. The child whom arrives for consultation is sometimes not yet a subject, but already considered as a patient, like having to assist something, we counsel, by supporting their words, to reveal their unconscious, equally present as impalpable. To take signifiers, to seize them, to listen to them recurring, to guess them while they are concealed: all this implies that we suppose a subject to the words. These words are our only horizon, even though it is not sufficiently articulated, that it stumbles, becomes recalcitrant or hesitant. It is our window to the unconscious, whether it is slightly ajar, poorly insulated or wide open, firmly partitioned or swinging between opening and closing. From the subject of the unconscious to the subject of the signifier, we pass through the subject of science and following in Lacan’s footsetps, we seek to circumscribe what is the subject. Das Ding is the Thing, lost as such, it thus appears as the reality beyond all the representations that the subject has of it, that is what the signifying chain conveys. The signifier borders the subject whilst introducing it to desire and the world of demand. There is a stumbling block beyond which the foundations of humanity are lost because human life is organised by this prohibition of jouissance. Here is the structural trauma, which will be at the heart of this thesis, as a possible point of passage of the “asubject” to the subject. The irruption of this reality that Freud perceived, brought to light by Lacan through the structure of fantasy, makes it not possible for the evaluation of the factual or imaginary nature of the stories of trauma narrated by his hysterical patients. Lacan grasped this point of freudian indetermination – which marked the birth of psychoanalysis – to indicate the fictional value of truth, making fantasy the point at which the truth of the subject emerges, an unconscious truth to be deciphered clinically, which leads straight to the “object” as the fantasy formula suggests.