Modernités plastiques congolaises. Fabrique d'une esthétique, circulations artistiques et (ré)inventions des patrimoines en Afrique centrale, 1940-1970

par Aline Pighin

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Odile Goerg.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de ECONOMIE, ESPACES, SOCIÉTÉS, CIVILISATIONS : PENSÉE CRITIQUE, POLITIQUE ET PRATIQUES SOCIALES , en partenariat avec Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (Paris) (laboratoire) depuis le 16-09-2013 .


  • Résumé

    Les deux Congo, situés de part et d’autre du fleuve éponyme, sont le cœur d’une aire géographique et culturelle cohérente mue à partir des années 1940 par une effervescence artistique d’un nouveau genre. Scape culturel multipolaire (Appadurai 1996), le bassin congolais produit son unité, par la fluidité avec laquelle s’opèrent les circulations et les échanges entre les capitales-miroirs (Gondola 1997), Brazzaville et Kinshasa, malgré une empreinte coloniale différenciée, et les contextes politiques qui s’y installent à partir de 1960 : la République du Congo, d’option socialiste sous la présidence d’Alphonse Massamba-Débat puis République populaire en 1968, et le régime de Mobutu, qui nomme le territoire Zaïre à l’acmé de sa politique d’authenticité, en 1971. Les études culturelles ont éprouvé et validé de telles dynamiques, en privilégiant des objets comme la photographie ou les musiques populaires (Stewart 2003, White 2008). Elles n’ont toutefois pas encore intégré dans leurs objets les scènes plastiques et leurs productions, peintures et sculptures, performatrices d’un laboratoire de modernité artistique riche et singulier, propre à ces territoires (Gaonkar 1999). Des premières traces des peintres autodidactes Faustin Kitsiba, Eugène Malonga et Guy Léon Fylla, à Brazzaville, dans ces années 1940, à la création d’une section Zaïre de l’Association internationale des critiques d’art (AICA) en 1973, présidée par le critique d’art Célestin Badibanga ne Mwine, c’est pourtant une scène artistique autant qu’un moment dans l’art congolais des deux rives du fleuve Congo qui se crée, et s’écrit. Dans ce contexte, propice, peintres et sculpteurs développent une pratique protéiforme, faite d’allers-retours, entre les catégories beaux-arts et artisanat d’art, entre expression personnelle et production formatée pour le collectionneur ou la commande politique.


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