Science locale en Angleterre provinciale : l'histoire naturelle dans les Midlands, c.1860-c.1900

par Ali Hatapci

Thèse de doctorat en Langue et cultures des sociétés anglophones (ed 131)

Sous la direction de Myriam Boussahba-bravard.

Thèses en préparation à l'Université Paris Cité , dans le cadre de ED 131 Langue, littérature, image, civilisations et sciences humaines .


  • Résumé

    Cette thèse a pour objet les géographies historiques de l'histoire naturelle des Midlands entre 1860 et 1900. Ce sujet n'a pas fait l'objet, jusqu'alors, d'une analyse systématique. Presque toutes les grandes villes, dans la seconde moitié de l'époque victorienne, étaient pourvues d'une société scientifique dédiée à l'étude de l'histoire naturelle. Les excursions, converzaiones, expositions, conférences organisées par ces sociétés ont encouragé le loisir rationnel, contribué à la popularisation de la science et fourni une plateforme neutre où conflits politiques et religieux pouvaient être mis de côté. Outre ces fonctions culturelles et sociales, les sociétés victoriennes d'histoire naturelle ont également assumé des responsabilités telles que la collecte, l'identification, la classification et l'enregistrement des spécimens d'histoire naturelle de leurs localités. Certaines d'entre elles ont également joué un rôle de premier plan dans l'offre d'enseignement scientifique et la création de musées d'histoire naturelle dans les villes de province. C'est pourquoi, dans de nombreuses villes, ces sociétés scientifiques ont servi de centres culturels locaux, d'établissements d'enseignement scientifique et d'institutions d'archives scientifiques. A partir de la fin du XXème siècle, les historiens des sciences ont commencé à mettre l'accent sur l'impact de la géographie dans l'organisation, la réception et la pratique de la science. Pourtant, malgré ce « tournant géographique » dans l'historiographie de la science, une grande partie de nos connaissances sur la science provinciale victorienne est encore aujourd'hui largement basée sur l'étude des associations scientifiques du nord de l'Angleterre. Cette thèse vise à combler une lacune dans l'historiographie de l'histoire naturelle victorienne, en se concentrant sur une région comprenant douze comtés historiques du centre de l'Angleterre. L'une des principales préoccupations de cette thèse est d'étudier l'impact de la géographie dans l'organisation, les activités, les membres et le travail scientifique des sociétés scientifiques locales dans différents comtés et villes des Midlands. Les dichotomies, si familières à l'historien des sciences, de : amateur et professionnel, provincial et métropolitain, populaire et « science proprement dite » ; sont révisées à la lumière des preuves historiques provenant des Midlands victoriens. Cette thèse est organisée de façon thématique. Le premier chapitre fournit le cadre conceptuel et historiographique de l'étude. Les deux autres chapitres de la première partie présentent les différents types de sociétés à travers des études de cas. Ils étudient les fonctions scientifiques, éducatives et urbaines des sociétés littéraires et philosophiques, des sociétés d'histoire naturelle et des clubs de terrain dans différents contextes urbains. La deuxième partie se penche sur l'organisation de la science amateur dans les Midlands victoriens en trois chapitres, aux niveaux local, régional et national. Les limites géographiques de l'organisation et des activités des sociétés victoriennes d'histoire naturelle sont remises en question en examinant les tentatives de promotion d'une plus grande coopération entre sociétés scientifiques locales, à l'échelle régionale et nationale. La troisième partie, enfin, examine l'impact des sociétés d'histoire naturelle sur la pratique et l'institutionnalisation de la mycologie et de la biogéographie. Les deux chapitres de cette partie mettent en lumière les rapports de force variables, dans les différentes disciplines, entre amateurs et professionnels, la province et la métropole. À travers une analyse des transactions publiées, des rapports annuels et d'autres documents d'archives des sociétés scientifiques des Midlands, ainsi que des comptes rendus des journaux locaux, cette thèse vise à placer les Midlands victoriens sur la carte des sociétés scientifiques amateurs.

  • Titre traduit

    Local Science in Provincial England: Natural History in the Victorian Midlands, c.1860-c.1900


  • Résumé

    This is a study of the historical geographies of natural history in the Midlands between 1860 and 1900, which have not become the subject of a systematic analysis until now. Almost every large town in the late Victorian England had a voluntary society for the study of natural history. Excursions, conversaziones, exhibitions, lectures organised by these societies promoted rational leisure, contributed to the popularisation of science, and provided a neutral civic platform where political and religious conflicts were set aside. Besides these cultural and social functions, the Victorian natural history societies also took on scientific responsibilities such as collecting, identifying, classifying, and recording the natural history specimens of their localities. Some of them also played leading roles in the provision of scientific education and the establishment of a natural history museum in provincial towns. In many towns, therefore, these voluntary scientific societies served as local cultural centres, scientific educational institutions, and scientific record institutions. Even after the arrival of the provincial civic colleges from the 1880s, the local scientific societies retained some of their functions. In the beginning of the present century, historians of science have begun to emphasise the impact of geography in the organisation, reception, and practice of science. Yet, despite this "geographical turn" in the historiography of science, much of our knowledge on the Victorian provincial science is still largely based on the studies on the scientific associations in the north of England. This study aims at filling a gap in the historiography of Victorian natural history by focusing on a region comprising of twelve historic counties in central England. Naturally, one of the main concerns of this thesis is to investigate the impact of geography in the organisation, activities, membership, and the scientific work of the local scientific societies in different Midland counties and towns. The dichotomies so familiar to the historian of science: amateur and professional, provincial and metropolitan, popular and "science proper"; are revised in the light of the evidence from the Victorian Midlands. The thesis is organized thematically. The first chapter lays out the conceptual and historiographical framework of the study. The remaining two chapters in the first part introduce the types of societies through case studies. They investigate the scientific, educational, and urban functions of the literary and philosophical societies, natural history societies, and field clubs in different urban settings. Paying attention to the relations between scientific associations with similar aims in the same town, these chapters explore the ways in which the arrival of the civic colleges disrupted the urban cultural ecology. The second part looks into the organisation of amateur science in the Victorian Midlands in three chapters, on local, regional, and national levels. The geographical limits of the organisation and activities of the Victorian natural history societies are questioned by looking at attempts to promote further cooperation between local scientific societies at regional and national scales. The third part examines the impact of the natural history societies on the practice and institutionalization of mycology and biogeography. The two chapters in this part highlight the varying power relations in different disciplines between amateurs and professionals, the provinces and the metropolis. Through an analysis of the published transactions, annual reports, and other archival material of the Midland scientific societies, as well as the reports of local newspapers, this thesis aims at placing the Victorian Midlands on the map of amateur scientific societies.