La cour de Renée de France à Montargis, entre Val de Loire et Italie du Nord

par Cyril Cvetkovic

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Benoist Pierre.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 30-09-2016 .


  • Résumé

    Depuis la fin du XIXe siècle, plusieurs biographies françaises et italiennes ont retracé la vie de Renée de France (1510-1575), fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, duchesse de Ferrare et de Chartres, comtesse de Gisors et dame de Montargis. Mariée en 1528 au prince héritier du duché de Ferrare, Hercule II d’Este, elle vit pendant 32 ans dans cet état d’Italie du Nord où elle entretient une cour nombreuse, progressivement protestante, avant de retourner en France en 1560 et de s’installer sur ses terres de Montargis. Les études sur cette princesse royale ont majoritairement porté sur les années italiennes de sa vie, en particulier sur son expérience religieuse et le rôle de sa cour dans l’introduction de la Réforme en Italie. La période montargoise est essentiellement abordée au gré des événements des Guerres de Religion et des efforts de la duchesse pour préserver et pacifier son domaine. À partir des travaux existants, le projet de thèse a pour objectif d’élargir le champ d’étude traditionnel, centré sur les aspects religieux, et de nourrir une réflexion qui accorde une place privilégiée à l’expérience de Renée de France à Montargis. Ce travail de recherche part d’un constat bien connu de l’histoire de cette Fille de France. Après son mariage, la princesse royale apparaît en permanence dans une situation d’entre-deux : entre sa loyauté envers la Couronne de France et son obéissance au duc de Ferrare ; entre ses amitiés protestantes et son environnement familial catholique. Pourtant, en dépit d’une évidente soumission institutionnelle et politique vis-à-vis du duc de Ferrare et du roi de France, Renée de France ne se résigne pas à mener une existence soumise et tente de louvoyer entre ces pouvoirs pour mener ses projets. Dans cette situation complexe, ne cherche-t-elle pas à préserver un espace de liberté qui lui permette de s’exprimer, d’entreprendre et d’agir ? En 1560, le statut de veuve de Renée de France lui confère une plus large liberté et lui permet de quitter Ferrare et de s’installer à Montargis. La duchesse n’a-t-elle pas pour projet de faire cette ville, et principalement de son château, l’espace où elle peut s’exprimer et vivre selon ses idées ? Afin de répondre à cette question, ce projet de thèse propose d’étudier la cour de cette princesse royale à partir d’un riche corpus de sources constitué notamment des livres de comptes de sa Maison. L’objectif est d’entreprendre une analyse socio-politique et socio-culturelle de cette cour sur laquelle repose en grande partie l’espace de vie, d’expression et de liberté de Renée de France. Afin de comprendre la structuration et les rouages de ce groupe social, il s’agit d’étudier sa composition, son réseau, sa culture matérielle, son cadre de vie multiple et son art de vivre. Ce travail vise à éclairer les effets de la présence de cette cour à Montargis et d’envisager la circulation des biens et des personnes qu’elle induit entre la France, l’Italie et Genève.


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