L'enseignement de la langue seconde à l'université, etude contrastive de l'université de tours et de turin.

par Fabien Gibault

Projet de thèse en Doctorat Sciences de l'Education

Sous la direction de Cécile Goi et de Ermania Ardission.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 04-01-2017 .


  • Résumé

    L’apprentissage des langues devrait être un pilier essentiel de l’enseignement supérieur car en phase avec une société de plus en plus flexible et mondialisée. Les langues sont présentes partout et dans tous les domaines, y compris ceux auparavant circonscrits au niveau régional ou national. Les compétences en plusieurs langues étrangères sont donc primordiales et décisives dans le système commercial et scientifique actuel. Les politiques européennes le démontrent : la création du Cadre Européen Commun de Référence pour l'enseignement des langues est un support encourageant à l'uniformisation des critères d'enseignement, en vu d'une collaboration plus fluide entre les États. Cependant et malgré un potentiel de développement évident, les étudiants sortant de la faculté de langues éprouvent des difficultés certaines à trouver un emploi dans leur secteur, encore faut-il qu’il soit clairement défini. La chute du nombre des inscrits lors des dernières années est significative (111 800 en 2013, moins de 90 000 en 2015 pour les inscriptions en Licence). Cette constatation pourrait même porter à une mort lente des facultés de langues. Dans ce contexte, il est légitime de s'interroger sur la pérennité de la filière et les raisons son existence. Objectifs : Sur la base de ce constat, cette thèse de doctorat aura pour objectif de : - produire un état des lieux de la situation de l'enseignement de la langue seconde dans les universités. - identifier les raisons de ce désaveux de la faculté de langues et d'établir les réels besoins aussi bien pour les enseignants que pour les étudiants, mais également pour les professionnels. Les questionnements principaux seront les suivants : Comment expliquer et endiguer la perte d'apprenants ? Comment améliorer l'offre de formation et la rendre plus attractive ? Comment rendre plus en phase la faculté de langues avec le marché du travail ? Ces recherches seront réalisées sur les deux pays, ce qui permettra de mettre en opposition les résultats afin de procéder à une analyse contrastive entre le système français et italien. Recherches théoriques : Le travail préalable sera orienté notamment sur : - l'évolution de l'enseignement des langues à l'université ; - la didactique des langues et l'attente psychosociale des apprenants / rapport au savoir inculqué ; - le rapport au plurilinguisme et à la métalinguistique ; Recueil de données : Le travail de terrain portera sur les trois premières années universitaires (Licence ou Laurea Breve ). Il sera composé d'observations en classe en tant que professeur. Le recueil des données se fera par des questionnaires semi-directifs, mais également par immersion (ou infiltration) dans un cursus universitaire pour une durée déterminée afin de recueillir les témoignages des étudiants avant, pendant et après les cours. L'ensemble des enquêtes sera donc plus orienté vers le qualitatif (avec de longs entretiens avec les protagonistes de l'étude). Ces outils permettront de comparer les différentes représentations de la didactique des langues et des objectifs à atteindre pour chaque acteur du système éducationnel (étudiants, enseignants, professionnels). Je propose de centrer les réflexions sur les points suivants : - la représentation de la langue et de culture étudiées (approche socio-constructiviste). La motivation à l'apprentissage, la représentation de l'apprentissage et des enseignements, le rapport aux examens et aux compétences demandées / développées. - la projection personnelle et professionnelle des étudiants lors des études. - la planification didactique et les objectifs liés à ces apprentissages, l'adéquation entre les compétences acquises et son application dans le monde professionnel. Le recueil des données se fera en deux parties : Pour le quantitatif, des formulaires semi-dirigés relatifs aux problématiques de la recherche seront fournis aux apprenants, afin de sonder leurs besoins et de connaître leurs points de vue sur les enseignements suivis. Pour la partie qualitative, bien plus importante, le recueil des données se fera de façon informelle, sans aucune visibilité ni annonce des objectifs concernant à la recherche. Cette partie sera donc basée principalement sur l'observation et l'écoute des apprenants, le chercheur ne déclarant pas son rôle et s'intégrant au groupe comme s'il était un étudiant. Les apprenants seront donc libres de produire par eux-mêmes les points leur semblant pertinents, sans qu'aucune influence du chercheur. Nous pourrons également observer l'influence du groupe sur le jugement de tel ou tel méthode ou enseignant. Cette méthodologie permet avant tout de rentrer dans le débat, au contraire de simples sondages. Les étudiants pourront mieux élaborer leur pensée autour du sujet et ainsi de pas répondre sans avoir réfléchi et discuté auparavant. Ils auront une idée plus claire et évolutive afin qu'ils répondent après y avoir pensé (James Fishkin). Il sera ainsi possible de voir la différence entre les questionnaires remplis et les dires lors de discussions libres. Nous aurons donc un panel de réponses contrastives sur le même sujet, en recueillant par exemple les commentaires des apprenants après avoir compléter un formulaire général. L'analyse contrastive entre les deux universités permettra de réfléchir sur les points positifs et négatifs de chaque système, afin de d'analyser ce qui fait la réussite de certains aspects didactiques.


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