Les grosses armées de mer de François Ie et Henri II : la marine de guerre des Valois de la trahison de Doria à la paix du Cateau-Cambrésis, 1528-1559

par Sylvain Bremaud

Projet de thèse en Doctorat d'Histoire

Sous la direction de Pascal Brioist.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 09-12-2016 .


  • Résumé

    En août 1528, la trahison d'Andrea Doria et la perte de Gênes qui en découle laisse le royaume de France avec des forces navales qualitativement amoindries par la perte du principal entrepreneur naval de Méditerranée, et sans allié, repliée sur ses seules côtes. Les 30 années qui vont suivre, jusqu’à la rupture des guerres de religion, nécessiteront un effort considérable pour maintenir les forces navales dans les différents conflits, utilisées aussi bien dans l'atteinte de ses objectifs militaires que dans la recherche et le maintien des alliances de revers classiques ainsi que celle avec la Sublime Porte. Nous nous pencherons sur l'existence d'une politique navale de la France, soutenue de façon continue, peut-être appuyée sur une pensée navale nationale. Cette enquête nous conduira à une analyse des rapports avec les alliés, effectifs et potentiels, dans le cadre de cette politique navale, ou en liaison avec les objectifs généraux de la royauté. On s’interrogera sur la capacité du royaume à soutenir et armer des forces navales, à les maintenir sur la durée, à travers la création et l'entretien d’installations permanentes de gestion, de soutiens et d'armement. Une analyse des finances de la marine, de leur répartition entre les différents théâtres d'opérations, des bases permanentes ou de circonstances, des effectifs et matériels, précisera cette capacité. L'emploi des forces dépend d’un cadre juridique régulier ou semi-régulier, sous contrôle de la monarchie, mais aussi d'un cadre irrégulier s'appuyant sur des entrepreneurs de guerre nationaux. Il faudra en tenir compte dans l'étude de l'organisation d'une force dont on évaluera la modernité ou au contraire le traditionnalisme. On évaluera également les capacités des forces à mener à leur terme les différentes missions. Il faudra ici passer en revue les moyens et appuis disponibles ainsi que les conditions de l'utilisation du matériel en fonction des théâtres et des périodes. L’examen du commandement, des équipages et personnels, dans le cadre plus large de la culture maritime des régions du royaume concernées, mais aussi, plus généralement, des effectifs de manoeuvre et de combat, complètera l’analyse. La recherche devrait permettre d’obtenir un bilan de l'efficacité et de l'utilité de l'effort fourni par la monarchie. Ainsi aura-t-on un tableau de l'impact de la force navale dans la France d'avant les guerres de religion et pourra-t-on infirmer ou confirmer l'affirmation téléologique de Charles de la Roncière qui vit en Henri II un "précurseur de Colbert" dans l'histoire de la Marine française.


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