Empowerment structurel et psychologique en milieu de soin : un paradigme pertinent pour le systeme hospitalier francais ?

par Baptiste Cougot

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Nicolas Gillet et de Leila Moret.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 07-12-2016 .


  • Résumé

    Depuis peu, les établissements hospitaliers français sont engagés par les tutelles (ARS, HAS) à faire évoluer leur management vers un "pilotage de la performance par la Qualité de Vie au Travail (QVT)". Mis en perspective par la définition de la QVT fournie par la HAS (2015), cette recommandation consiste à donner un contrôle réel aux salariés dans la définition de leur contexte de travail. Les établissements de santé étant traditionnellement organisés selon un modèle bureaucratique très « stratifié », l’atteinte de cet objectif suppose une véritable révolution structurelle et culturelle, tant celui-ci remet en question la distribution du pouvoir dans les organisations et la représentation que chacun (directeur, cadre, médecin, personnel paramédical) se fait de son rôle (Petit Dit Dariel, 2015 ; Getz et Carney, 2013). Afin de soutenir le développement de ce « nouveau » type d'organisation et de culture managériale, mais aussi d'en mesurer les effets sur la QVT des personnels et la qualité des soins délivrée aux patients, les modèles de « l’empowerment » s’avèrent particulièrement intéressants. En effet, de nombreux articles témoignent de leur intérêt, à la fois dans l’explication de la santé au travail et de la performance des personnels (Wagner et al., 2010), et plus récemment dans la définition d’interventions visant à améliorer le fonctionnement des établissements de santé (Dahinten et al., 2013, 2014 ; Laschinger et al., 2012 ; Shang et al., 2008). Le premier objectif de la thèse consistera à traduire et valider en français deux outils psychométriques utilisés dans le champ de « l’empowerment » : Conditions for Work Effectiveness Questionnaire (CWEQ ; Laschinger et al., 1997) et Leader Empowering Behaviours Scale (LEBS ; Hui, 1994). Après traduction et validation de ces deux instruments de mesure auprès d’un échantillon français, nous utiliserons ces outils dans le cadre d’un protocole longitudinal en contexte hospitalier français afin d’expliquer un panel de conséquences dans les organisations de soins, notamment en termes de santé au travail (stress, épuisement, workaholisme, mais aussi bien-être et satisfaction), de motivation, d’absentéisme et de qualité des soins. Compte tenu de la proximité conceptuelle apparente entre « l’empowerment psychologique » et la satisfaction des besoins psychologiques d’autonomie, de compétence et d’affiliation proposés par Deci et Ryan (2000) dans leur théorie de l’autodétermination, le deuxième objectif de ce travail doctoral consistera à étudier les liens entre « l’empowerment psychologique » et les différentes formes de motivation mises en évidence dans la théorie de l’autodétermination. Enfin, le concept « d’empowerment » tel qu’il est largement formulé et opérationnalisé, cible particulièrement les facteurs organisationnels, managériaux et individuels, tandis que les processus groupaux, pourtant reconnus comme étroitement liés à la performance (Schmutz et al., 2013), ne sont pas, à notre connaissance, suffisamment considérés dans la littérature scientifique sur « l’empowerment ». Le troisième objectif de cette thèse portera donc sur la relation entre « l’empowerment » et les processus d’équipe, notamment opérationnalisés ici en termes de mémoire transactive (Lewis et al., 2003 ; Michinov, 2007).


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